Ce Jour-là

Laure Adler

Journaliste et éditrice française

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Laure Adler, née Laure Suzanne Anne Clauzet le 11 mars 1950 à Caen, est une journaliste française, biographe, essayiste, éditrice, productrice de radio et de télévision.

Fille d'un ingénieur agronome, Laure Clauzet grandit à Conakry dans la colonie française de Guinée, qui est alors encore une composante de l'Afrique-Occidentale française, dans une maison au bord de l'océan Atlantique, puis, après l'indépendance de la Guinée et jusqu'à ses dix-sept ans, à Abidjan en Côte d'Ivoire. Elle arrive en France avec sa famille en 1967 à Clermont-Ferrand.

Laure Clauzet intègre le lycée de jeunes filles Jeanne-d'Arc à Clermont-Ferrand, et lors du mouvement de Mai 68, elle est déléguée pour l'Union nationale des comités d'action lycéens (UNCAL) à Paris. Elle découvre alors Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Marguerite Duras. Très frondeuse, elle est menacée d'être renvoyée de son lycée à trois mois du baccalauréat, mais elle est soutenue par son professeur de philosophie.

Après avoir obtenu une maîtrise de philosophie, elle soutient en 1978 sa thèse de 3e cycle en histoire à l’EHESS, sous la direction de Jean-Paul Aron, thèse consacrée à « L'avènement de la parole des femmes : la presse des femmes : 1830-1850 ».

Après 1968, Laure Clauzet rencontre dans un kibboutz en Israël l'ethnologue Alfred Adler, marié et père d'un fils, qui devient son premier mari (après leur divorce, elle gardera son nom pour sa vie publique). En 1970, elle donne naissance à un premier enfant. En 1985, son deuxième enfant, Rémi, meurt de maladie à neuf mois, sujet auquel elle consacre un livre, édité chez Gallimard : À ce soir.

Elle donne ensuite naissance à deux filles, Léa et Paloma, issues de son mariage avec l'écrivain Alain Veinstein (né en 1942), ancien producteur à France Culture.

Laure Adler arrive à France Culture par hasard au début des années 1970 pour le remplacement d'une amie ; elle y travaillera durant quarante ans. Elle est d'abord l'assistante puis la « porte-plume » du producteur de l'émission Panorama, Jacques Duchateau. En 1974 elle devient productrice. C'est à cette occasion qu'elle participe à l'émission Les Nuits magnétiques, animée par Alain Veinstein.

Entre 1981 et 1987, elle participe régulièrement à l'émission télévisée de débat de Michel Polac, Droit de réponse sur TF1.

En 1989, François Mitterrand l'appelle comme conseillère à la culture, elle occupe ce poste jusqu'en 1993. Elle ne suit pas le président à la fin de son second septennat, mais accepte qu'il lui raconte ses réflexions dont elle tirera le livre L'Année des adieux (Flammarion, 1995).

Elle réintègre la télévision en 1993 : pendant quatre ans elle anime pour France 2 l'émission nocturne de débats culturels Le Cercle de minuit, créée par Michel Field. À partir de 1995, elle est membre du jury du prix de l'Écrit intime.

En 1997, après avoir collaboré avec les éditions Payot, Denoël et Plon, elle intègre la maison Grasset en tant que responsable des essais et documents.

En 1998, elle publie une biographie de Marguerite Duras. Alain Vircondelet dénonce alors une « escroquerie intellectuelle » et l'accuse d'avoir « cannibalisé » son travail ainsi que celui d'autres écrivains ou journalistes comme Christiane Blot-Labarrère, sans références ou citations. Bien que les accusations de Vircondelet aient été alors totalement ignorées, ces références et citations sont rétablies par Gallimard dans l'édition de poche.

La même année elle devient directrice de la collection « Partage du savoir » aux Presses universitaires de France.

En janvier 1999 Laure Adler est nommée directrice de France Culture. Au cours de cette période elle remanie en profondeur l'image et la programmation de la chaîne, mais ses choix sont contestés par des associations d’auditeurs, par certains journalistes et des producteurs de la chaîne. Durant ces années 1999-2005 l'audience journalière augmente plus que significativement en moyenne et selon Médiamétrie, cependant la durée d'écoute diminue. Sa gestion a été perçue comme étant dirigiste.

Les critiques de l'action de Laure Adler à la tête de France Culture ont également porté sur la place faite à l'actualité.

En 2007, elle intente un procès au responsable d'une association d'auditeurs de France Culture, Antoine Lubrina, pour un slogan qu'elle trouve injurieux : « Vivre et penser comme des porcs ». Antoine Lubrina estime que les programmes de France Culture se sont dégradés afin d'accroître l'audience. Sous Laure Adler, cette audience est passée de 400 000 à 600 000, mais Antoine Lubrina fait cette réponse : « Si l’opéra faisait venir Sylvie Vartan et Johnny Hallyday, le public serait plus nombreux, mais ce ne serait pas sa mission ». À la barre, Laure Adler affirme avoir été harcelée par les membres de l'association pendant qu'elle était à la tête de la chaîne. Finalement, Laure Adler retire sa plainte.

Lors d'une interview au Journal du dimanche en 2012, Laure Adler revient sur ces années là : « J’ai été autoritaire parce qu’il n’y a pas d’autre façon de faire des réformes. Mais j’ai beaucoup travaillé en collectif. Si j’étais colérique, je serais moins insomniaque. J’ai subi beaucoup de violence à France Culture. J’ai été agressée physiquement, sexuellement, moralement. On m’attendait le soir, au sixième étage, à 22 heures, devant l’ascenseur. Un type entrait avec moi et me crachait au visage. Des mecs se planquaient sur la banquette arrière de ma voiture ; les Renseignements généraux me prévenaient qu’on m’attendait lors de manifestations culturelles ; les pare-brise des voitures garées autour de la Maison de la Radio étaient recouverts de tracts où l’on me caricaturait en pute. [...] Une fois redevenue journaliste, j’ai engagé une action juridique, un tract injurieux de 2005 d’une association d’auditeurs de France Culture ayant été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Jean-Paul Cluzel a accepté d’être à mes côtés. Nous avons gagné notre procès en 2007. ».

Elle participe toujours à l'émission À voix nue, qui se présente comme une interview très pointue d’une personnalité intellectuelle, artistique ou politique marquante. La diversité des personnalités invitées est garantie par un système de producteurs tournants, ce qui permet notamment de réserver quelques entretiens à des personnalités peu présentes dans les médias. Selon l'association Acrimed, Laure Adler met en place en 2005, avant son départ de la direction de France Culture, une nouvelle organisation où elle devient la seule productrice de l'émission, l'une des plus prestigieuses et les mieux rémunérées de la chaîne.

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