Ce Jour-là

Lamoral comte d'Egmont

Comte d'Egmont

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Lamoral, comte d'Egmont, prince de Gavre, né le 18 novembre 1522 au château de Lahamaide à Lahamaide en Hainaut, et mort décapité le 5 juin 1568 à Bruxelles, est un général et un homme d’État des Pays-Bas des Habsbourg sous le règne de Charles Quint et de Philippe II.

Vainqueur des Français aux batailles de Saint-Quentin et de Gravelines (1557-1558), il devient gouverneur de la Flandre et de l'Artois et membre du Conseil d'État (organe de gouvernement des Pays-Bas des Habsbourg).

Quelques années après, il est victime des événements de 1566-1567 (révolte des Gueux et crise iconoclaste). Arrêté, ainsi que le comte de Hornes, sur l'ordre du duc d'Albe, il est jugé et condamné à mort. L'exécution des deux hommes en juin 1568 sur la Grand-Place de Bruxelles est un événement clef dans le déclenchement du soulèvement des Pays-Bas contre Philippe II, qui allait aboutir à la sécession des Provinces-Unies.

Lamoral d'Egmont naît dans une des familles les plus riches et nobles des Pays-Bas des Habsbourg, la maison d'Egmont, dont la branche aînée a régné sur le duché de Gueldre jusqu'en 1538.

Son père Jean IV d'Egmont, issu d'une branche cadette de la maison d'Egmont, est chevalier de l'Ordre de la Toison d'or, conseiller et chambellan de l'empereur Charles Quint. Il meurt en Italie à l'âge de 29 ans, alors que Lamoral a 5 ans.

Sa mère, Françoise de Luxembourg (morte en 1557), est issue d'une branche cadette de la maison de Luxembourg, les Ligny-Brienne-St-Pol-Fiennes. Elle est la fille de Jacques II de Luxembourg, comte de Gavre, et de Marguerite de Bruges, fille elle-même de Jean V de Bruges, seigneur de la Gruuthuse. Charles Quint la fait princesse de Gavre en 1535, après qu'elle a hérité le domaine de Gavre, situé en Flandre orientale, de son frère Jacques III de Luxembourg, mort en 1532 sans descendance.

Né au château de Lahamaide à Lahamaide, près d'Ellezelles, dans le comté de Hainaut, Lamoral est le troisième enfant du couple, après Charles et Marguerite (1517-1554).

La Maison d'Egmont est suffisamment renommée pour qu'en 1549, Marguerite épouse le prince lorrain Nicolas de Mercœur, comte de Vaudémont, régent des duchés de Bar et de Lorraine : leur fille Louise de Lorraine est même devenue l'épouse du roi de France Henri III.

Dans les années 1530, Françoise de Luxembourg fait construire le petit palais d'Egmont à Bruxelles, qui sera agrandi par Lamoral à partir de 1560.

En 1538, Lamoral suit en Espagne son frère aîné Charles, devenu chambellan de l'empereur en succession de leur père.

Tous deux participent à la désastreuse campagne d'Alger. Lamoral a alors 19 ans. Un an plus tard, en décembre 1542, Charles meurt à Carthagène des suites d'une blessure reçue à Alger. Il laisse à son cadet le titre de comte d'Egmont, ainsi que de nombreux fiefs et domaines en Hollande et en Flandre.

Le 22 mai 1544, Lamoral épouse une riche princesse allemande protestante, Sabine de Palatinat-Simmern, de la maison de Wittelsbach (ducs de Bavière).

Fidèle serviteur de Charles Quint, chef de la maison de Habsbourg, il est fait chevalier de l'Ordre de la Toison d'or en 1546.

En 1553, il est envoyé en Angleterre comme chef de l'ambassade chargée de demander la main de Marie Tudor, reine d'Angleterre au nom du prince Philippe, fils aîné de Charles Quint.

Les batailles de Saint-Quentin et de Gravelines

Il connaît la consécration à l'occasion de la onzième et dernière guerre d'Italie, en étant vainqueur de l'armée française lors des batailles de Saint-Quentin (1557), et de Gravelines (1558).

Voulant briser la suprématie de Charles Quint, le roi de France Henri II rompt la trêve de Vaucelles et envahit l'Artois. À la tête de 60 000 hommes, Emmanuel-Philibert de Savoie, lieutenant général des Pays-Bas, marche sur la forteresse de Mariembourg, occupée par les Français. Par pure tactique, il laisse entrer les renforts et, de nuit, décide de filer vers Saint-Quentin[pas clair]. L'armée du connétable Anne de Montmorency y est écrasée par la cavalerie commandée par Lamoral d'Egmont (10 août 1557). La voie de Paris est ouverte : la prise de Noyon est une première étape, mais Philippe manque de résolution. À court d'argent, l'armée espagnole s'arrête à Chauny et est incapable de profiter de son avantage.

L'année suivante, Lamoral arrête les troupes du maréchal de Thermes dans les dunes de Gravelines (13 juillet 1558). Le soulagement est général tant l'armée française avait commis d'exactions dans le comté de Flandre après la prise de Calais et de Dunkerque aux Anglais en janvier 1558 par l'armée du duc François de Guise, après 210 ans d'occupation anglaise à Calais.

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