Ce Jour-là

Lambert Wilson

Acteur, metteur en scène et chanteur français

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Lambert Wilson ([lɑ̃bɛʁ wilsɔn]), né le 3 août 1958 à Neuilly-sur-Seine (Seine), est un acteur, metteur en scène et chanteur français.

Fils de l'acteur et metteur en scène Georges Wilson et de l’actrice Nicole Mulon, Lambert Wilson est révélé dans les années 1980, notamment par son rôle dans le film Rendez-vous d'André Téchiné. Il alterne ensuite films grand public et productions plus intimistes, et est également apparu dans des films américains.

Lambert Wilson naît sous le nom d’état civil de « Lambert Nicolas Willson » (patronyme avec deux fois la lettre « L ») le 3 août 1958 à Neuilly-sur-Seine, en proche banlieue parisienne, de Nicole Mulon (1924-2009) et de Georges Wilson, tous deux acteurs. Il baigne dès son plus jeune âge dans le milieu théâtral.

Il passe une enfance non pas difficile, mais ballottée, changeant d'école chaque année. À chaque rentrée des classes, son angoisse est alors de se faire aimer, accepter, intégrer à la classe par les autres élèves. Mais inversement, il développe un certain individualisme qui l'amène plus tard à déclarer : « J'ai du mal avec les groupes. […] Je fuis les groupes. Ça me rappelle la cour de récré. J'allais toujours dans la direction opposée, car je voulais être un cas particulier. »

À ses débuts, Lambert Wilson ne s'intéresse pas au théâtre français et ambitionne d'être « un acteur américain ». C'est notamment en accompagnant son père à une première du film Les Trois Mousquetaires qu'il connaît un déclic : « Il y avait là toutes les stars de l'époque, Raquel Welch, Faye Dunaway… En une soirée, j'ai reçu un shoot de star-système qui m'est instantanément monté à la tête. Le lendemain, je voulais faire du cinéma. Avoir ma gueule en grand sur un écran, jouer dans des superproductions et devenir Robert Redford. »

Il suit une formation de comédien au Drama Centre London (en), afin de tracer son chemin tout seul sans être un simple « fils de », mais aussi pour perfectionner son anglais et poursuivre ainsi son rêve hollywoodien. Parti pour Londres afin d'être « loin de [son] père » dont il cherche alors à se distinguer — « Il ne parlait pas anglais, je voulais être bilingue. Il travaillait en France, je rêvais de Hollywood » —, il connaît des moments difficiles à Londres, sa maîtrise de l'anglais étant alors insuffisante. Une fois revenu en France, il se trouve à nouveau « happé » par le giron familial et débute sur les planches avec une pièce de Lucian Pintilie dans laquelle son père joue le rôle de son père. Il commente par la suite : « En somme, je suis retourné chercher le bâton pour me faire battre. »

Outre le métier d'acteur, il apprend le chant et la musique.

Jeune comédien, il recherche la célébrité par tous les moyens : « Je m’étais dit très tôt, il faut entrer dans le star system […], monter dans les échelons pour avoir les meilleurs rôles […], je me suis donné les moyens en montrant mon visage […], ça me rassurait. » Il vit des relations compliquées avec son père, qui le dirige plusieurs fois au fil des années, sur scène et au cinéma, et dont il quête l'approbation.

En 1977, Lambert Wilson débute au cinéma dans Julia, sous la direction de Fred Zinnemann. Deux ans plus tard, il obtient son premier rôle dans un film français avec Le Gendarme et les Extraterrestres, de Jean Girault, dans une scène face à Maurice Risch où il campe un extraterrestre au ton monocorde et inquiétant ; il raconte plus tard avoir été « mis en boîte » par sa famille pour le ridicule de ce rôle. Toujours motivé par son désir de travailler dans le cinéma américain, il obtient son premier grand rôle en 1982 dans Cinq Jours, ce printemps-là (Five Days One Summer), réalisé par Fred Zinneman qui l'avait fait débuter à l'écran, et où il donne la réplique à Sean Connery. Le film est cependant un échec commercial, tout comme, l'année suivante, Sahara, dont il partage l'affiche avec Brooke Shields.

C'est finalement dans son pays natal qu'il trouve durablement le succès : après une apparition dans La Boum 2, il tient en 1984 un rôle important dans La Femme publique d’Andrzej Żuławski. L'année suivante, il est remarqué dans Rendez-vous, d'André Téchiné : son interprétation d'un personnage tourmenté lui vaut une nomination au César du meilleur acteur. Dans ses films suivants, il joue des personnages romantiques (Rouge Baiser) ou, au contraire, inquiétants (L'Homme aux yeux d'argent). Il a à l'époque du mal à gérer sa nouvelle célébrité et, s'il apprécie de jouer des rôles torturés, se trouve « totalement lisse » quand il interprète des rôles « plus conventionnels ». Il a alors le sentiment d'être catalogué comme le « bellâtre de service », une image dont il met plusieurs années à se défaire.

En 1986, il est l'un des acteurs pressentis pour succéder à Roger Moore dans le rôle de James Bond en concurrence avec Sam Neill, Bryan Brown, Andrew Clarke, Antony Hamilton, Pierce Brosnan et Timothy Dalton qui sont auditionnés pour le rôle. Le producteur Michael G. Wilson, le réalisateur John Glen, Dana et Barbara Broccoli sont alors très convaincus par Sam Neill, contrairement au producteur Albert R. Broccoli qui soutient plutôt le Français Wilson. Finalement, c'est Timothy Dalton qui est choisi pour Tuer n'est pas jouer. Dans son autobiographie, Albert R. Broccoli évoque Lambert Wilson qu'il aurait bien vu en James Bond.Depuis Lambert Wilson a convenu que l'envergure du rôle lui a fait peur.

En 1987, il apparaît dans Chouans !, de Philippe de Broca, et enchaîne l'année suivante avec Les Possédés de Wajda et El Dorado de Carlos Saura, puis avec La Vouivre, adapté et réalisé par son père Georges Wilson. Mais sa carrière est alors ralentie par une série d'échecs commerciaux. En effet, poussé par ce qu'il considère après-coup comme une sorte de snobisme, l'acteur cherche à l'époque à apparaître dans des films de prestige, qui ne remportent cependant pas le succès escompté : ni Les Possédés, ni surtout El Dorado, ne trouvent leur public. Le Ventre de l'architecte de Peter Greenaway est salué par la critique mais ne touche qu'un public limité. Lui-même estime par la suite qu'il est apparu dans les films ratés de grands réalisateurs.

En 1989, il joue le rôle de l'abbé Pierre dans Hiver 54, l'abbé Pierre. Cette interprétation saluée par la profession lui vaut le prix Jean-Gabin, qui récompense les espoirs du cinéma français, et il est à nouveau nommé aux César. Il racontera par la suite que, bien que méfiant vis-à-vis des dogmes religieux (« Les religions créent les guerres. La foi engendre l’amour. »), il s'est fait baptiser pendant le tournage du film par l'abbé Pierre, dont il aimait « toutes les valeurs ».

Malgré le succès d'estime que lui vaut cette prestation, il est moins présent à l'écran dans la première moitié des années 1990. Plusieurs de ses films passent inaperçus, notamment L'Instinct de l'ange, de Richard Dembo, qui subit un échec cinglant. Il passe alors trois ans sans tourner. Il se souvient par la suite avoir été considéré comme ce que les Américains appellent un « box-office poison », c'est-à-dire un acteur dont la présence à l'écran garantit l'échec commercial.

En 1995, suite à une interview piège de Raphaël Mezrahi durant laquelle il se fâche, Lambert Wilson fait une dépression.

Pendant cette période, il se produit au théâtre, et enregistre un album de chansons. Il revient à l'écran en tenant des rôles secondaires dans des productions prestigieuses, comme le film historique en costumes Jefferson à Paris (1995) de James Ivory. C'est en jouant sur des registres légers qu'il retrouve les faveurs du public, notamment grâce au film musical On connaît la chanson (1997) d'Alain Resnais, puis à la comédie Jet Set (2000) de Fabien Onteniente. Les succès populaires de ces films lui valent de revenir au premier plan.

Il est également employé à nouveau par le cinéma américain : il est le « Mérovingien » dans Matrix Reloaded (2002) et Matrix Revolutions (2003), puis apparaît notamment aux génériques de Prisonniers du temps (2002) et de Catwoman (2004), réalisé par son compatriote Pitof. Par la suite, déçu par cette deuxième expérience américaine, il déclare : « Je ne peux plus les saquer. Pas les Américains bien sûr, mais les gens de Hollywood. J'avais rêvé d'y travailler sans connaître la réalité. » En France, il continue d'apparaître dans des films grand public, tels les comédies L'Anniversaire et Palais royal !, tous deux sortis en 2005. Il ne dédaigne cependant pas les expériences plus atypiques et, en 2006, joue dans le film de science-fiction Dante 01 de Marc Caro. Il tourne également pour la télévision, notamment en 2004 dans le téléfilm Colette, une femme libre, réalisé par Nadine Trintignant.

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