Ce Jour-là

Lalo Schifrin

Pianiste, chef d'orchestre et compositeur argentin

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Boris Claudio Schifrin, dit Lalo Schifrin, né le 21 juin 1932 à Buenos Aires et mort le 26 juin 2025 à Los Angeles, est un pianiste, arrangeur, compositeur et chef d'orchestre américano-argentin.

Selon les périodes, il alterne ou mélange, en ajoutant des touches de musique latine, ses passions de jeunesse : la musique classique, le jazz et les musiques de cinéma. Lalo Schifrin est connu pour avoir composé le générique musical de la série télévisée Mission impossible. Il est également renommé pour ses musiques de films (Bullitt, L'Inspecteur Harry, Opération dragon…) ainsi que pour d'autres bandes-sons de séries télévisées et téléfilms (Mannix, Starsky et Hutch, etc.). En 2018, un Oscar d'honneur lui est décerné. Compositeur prolifique, avec plus de 250 compositions au total, Lalo Schifrin travaille aussi bien pour le trompettiste de jazz Dizzy Gillespie que pour des symphonies.

Boris Claudio Schifrin naît à Buenos Aires en 1932 dans une famille de musiciens. Il est l'un des enfants d'un remariage et ses parents ont des religions différentes, juive pour son père et catholique pour sa mère. Son père, Luis Schifrin, est durant 30 ans, premier violon et chef de l'orchestre philharmonique de l'opéra de Buenos Aires, le Théâtre Colón. À environ cinq ans, il commence un cursus classique : il étudie le piano avec Enrique Barenboim (père du pianiste Daniel Barenboim) qui se montre très sévère. Toutefois, il écoute du tango en cachette de ses parents et regarde plusieurs fois les mêmes films au cinéma afin de réécouter leur bande son. Le métier de son père lui permet également d'assister à de nombreuses représentations dont plusieurs opéras. Durant son adolescence, il étudie au Colegio Nacional de Buenos Aires, et se découvre une passion pour le Jazz. Lorsqu'il est étudiant en Droit, Lalo Schifrin suit les cours de piano d'Andreas Karalis, un ancien directeur du Conservatoire de Kiev. Puis, il prend des cours particuliers de composition avec Juan Carlos Paz (en) pendant lesquels aucun piano n'est utilisé.

En 1952, Lalo Schifrin passe, au consulat français de Buenos Aires, le concours d'entrée du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris qu'il réussit. Il reçoit une bourse d'études et y poursuit sa formation. À Paris, il étudie durant la journée, entre autres, auprès d'Olivier Messiaen. Puis, afin de payer son loyer, il joue les nuits au sein d'orchestres de jazz dans des lieux comme Le Club Saint Germain. Alors qu'il y était réfractaire quand il était en Argentine, Schifrin se familiarise avec les rythmes cubains, qui sont populaires à Paris, et en incorpore progressivement dans son style de jazz. Cependant, le dimanche matin, il écoute Olivier Messiaen jouer sur les orgues de l'église de la Trinité, car ce dernier y improvise. À son regret, Schifrin n'arrive pas à convaincre les personnes évoluant dans ses deux mondes musicaux favoris de s'intéresser les unes aux autres. Il est en outre cinéphile et fréquente la cinémathèque française.

À la même période, Lalo Schifrin commence sa carrière professionnelle en France comme pianiste de jazz, compositeur pour le label d'Eddie Barclay et arrangeur musical pour RCA France. Il enregistre alors plusieurs disques de musique latine pour les disques Vogue ou le label d'Eddie Barclay.

Après quatre ans passés à Paris (1952-1956), Schifrin retourne en Argentine pour « des raisons familiales et économiques ». Il a 24 ans et a la possibilité de fonder, avec entre autres son compatriote Gato Barbieri, son propre orchestre de jazz qui passe à la radio et la télévision argentine. Par ailleurs, il compose deux musiques de film, dont El jefe qui remporte le prix du meilleur film argentin.

En 1956, une de ses idoles, le trompettiste Dizzy Gillespie, l'ayant entendu jouer à Buenos Aires, l'invite aux États-Unis. Lalo Schifrin est obligé d'attendre deux ans avant d'obtenir un visa et de pouvoir se rendre à New-York en septembre 1958. Une fois sur place, il doit patienter encore un an avant que les règles de la Fédération américaine des musiciens ne l'autorisent à être pianiste du quintette de Dizzy Gillespie(1960 - 1962). Alors qu'il pense abandonner et retourner en Argentine, l'orchestre de musique latine « populaire » de Xavier Cugat l'embauche entre-temps comme pianiste remplaçant et arrangeur. C'est la deuxième fois, après Paris, que la musique de Lalo Schifrin sonne plus « latine », alors que ce n'était pas le cas quand il résidait en Argentine.

Lalo Schifrin écrit pour Gillespie des pièces ou arrangements pour grandes formations, avec notamment le succès, auprès des amateurs de jazz, de Gillespiana (en) qui, sorti en 1960, est nommé aux Grammy Awards. Il est suivi de The New Continent (en) sorti en 1962. Cependant, fatigué par les voyages incessants lors des tournées avec Dizzy Gillespie, Lalo Schifrin arrête de travailler pour lui à la fin de l'année 1962.

Selon l'auteur Matthew Karush, Lalo Schifrin est à cette époque l'un des personnages qui contribue à populariser la bossa nova aux États-Unis, en sortant notamment plusieurs albums qui lui sont consacrés.

Musiques de cinéma et de télévision

Par l'intermédiaire de Clarence Avant, Schifrin devient arrangeur pour le label Verve Records. Il crée des arrangements pour Stan Getz, Count Basie, Sarah Vaughan, Jimmy Smith, Luiz Bonfá, Cal Tjade, etc. Verve appartient à la Metro-Goldwyn-Mayer (MGM) et Lalo Schifrin devient compositeur pour cette dernière. En effet, Arnold Maxim, un membre du conseil d'administration de la MGM, aime l'un de ses albums de Bossa Nova et le recommande pour la musique du « petit » film Sur la piste du rhino blanc (Rhino!). Lalo Schifrin s'installe alors à Hollywood, fin 1963.

En 1964, le fait qu'il parle français lui permet de réaliser la musique du film Les Félins de René Clément. Selon Lalo Schrifin :

« René Clément m’a permis de révéler ce potentiel, de combiner musique symphonique, jazz et électronique. Si l’on compare ma carrière cinématographique à une maison, Les Félins en sont les fondations. »

À partir de 1965, Lalo Schifrin écrit plus de cent musiques de films et près de quatre-vingt-dix musiques de séries télévisées et téléfilms en mélangeant la musique classique et le jazz et en appliquant la technique du contrepoint musical afin de combiner le son et les images. Selon le journal Le Monde, « [à] l'inverse d'autres compositeurs au style toujours identifiable, Lalo Schifrin s'adapte particulièrement à la scène et à l'ambiance qu'il doit illustrer. C'est dans les films policiers et d'espionnage qu'il se montre le plus brillant ».

En 1966, Bruce Geller, un producteur, scénariste et réalisateur de séries télévisées, demande à Lalo Schifrin de créer la bande-son de la série Mission impossible. Une fois celle-ci terminée, il manque un générique. Il doit être capable de retenir l'attention et prévenir les personnes qui se trouvent par exemple dans leur cuisine que la série va commencer. Schifrin compose le générique sans se douter que cet air à cinq temps deviendra célèbre dans le monde entier. L'année suivante, il crée le générique de la série Mannix pour le même producteur.

La bande originale du film Luke la main froide de Stuart Rosenberg, sorti en 1967, composée par Schrifin, est nommée pour l'Oscar de la meilleure musique de film.

Lalo Schifrin contribue également au succès du film Bullitt de Peter Yates en 1968. En effet, il compose la musique qui précède la scène de la course-poursuite avec Steve McQueen et surtout impose au réalisateur de ne pas en ajouter sur la poursuite elle-même.

Dans les années 1970 et 1980, à part pour le troisième épisode L'inspecteur ne renonce jamais, sorti en 1976, Schifrin élabore la musique des films de la célèbre série L'Inspecteur Harry, incarné par Clint Eastwood, inaugurée par Don Siegel en 1971.

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