Ce Jour-là

La Rose blanche

Groupe de résistants allemands durant la Seconde Guerre mondiale

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La Rose blanche (en allemand : Weiße Rose) est un groupe de résistants allemands fondé en juin 1942, pendant la Seconde Guerre mondiale, composé de quelques étudiants et de leurs proches. Le groupe rédige et distribue à Munich des tracts dénonçant la guerre et la politique du régime nazi. Ses membres sont arrêtés en février 1943 par la Gestapo ; les meneurs sont condamnés à mort et exécutés avant la fin de 1943.

Au cours du Troisième Reich, le régime nazi vise à endoctriner et encadrer la jeunesse allemande en créant des organisations réservées à celle-ci. Parmi ces organisations, on peut citer en particulier le Deutsches Jungvolk pour les 10-14 ans, le Bund Deutscher Mädel pour les filles de 10 à 18 ans et les Jeunesses hitlériennes pour les 14-18 ans. L’adhésion à ces organisations est obligatoire en Allemagne à partir de 1939. Inge Scholl, témoin privilégiée de la résistance, car sœur aînée de Hans Scholl, un des fondateurs du mouvement, montre dans son livre La Rose Blanche la fascination que pouvaient générer ces communautés sur les jeunes Allemands :

« Autre chose nous séduisit, qui revêtait pour nous une puissance mystérieuse : la jeunesse défilant en rangs serrés, drapeaux flottants, au son des roulements de tambour et des chants. Cette communauté n’avait-elle pas quelque chose d’invincible ? »

Malgré un important mouvement d'exil dans les années 1930, des intellectuels antinazis continuent d'exprimer clandestinement leurs convictions sous le Troisième Reich. Dans le milieu universitaire, l'esprit critique incite les étudiants à remettre en cause les principes autoritairement inculqués dans les organisations de jeunesse officielles. Tout en participant, l'un aux Jeunesses hitlériennes, l'autre au Bund Deutscher Mädel, Hans et Sophie Scholl sont également membres de la Bündische Jugend, interdite par le régime. À mesure que l'autoritarisme se renforce, les futurs membres de La Rose Blanche, venant en grande partie de la jeunesse étudiante de Munich, prennent conscience de la nécessité de réagir. Ils réfutent l'idée d'obéissance aveugle et mettent en avant la conscience morale des individus responsables. « Tout peut être sacrifié au plus grand bien de l'État, tout, sauf ce que l'État doit servir », peut-on lire dans leur premier tract. La philosophie du mouvement se place résolument à l'opposé du nazisme en proclamant la primauté de l'être humain sur l'entité collective abstraite.

La Rose blanche est fondée au printemps 1942 dans un atelier de peinture de Munich, par Hans Scholl et Alexander Schmorell. C'est d'abord Hans Scholl qui prend l'initiative de distribuer des tracts dans leur université, sans prévenir ses compagnons, puis ils décident d'agir en commun. Les jeunes étudiants refusent le totalitarisme sous la coupe duquel se trouve alors l’Allemagne du Troisième Reich et veulent sauvegarder leur indépendance face au nazisme. Les membres de La Rose blanche sont fortement motivés par le christianisme. Si la majorité d'entre eux sont catholiques comme Franz J. Müller, Heinrich Guter, Heinz Brenner et Walter Hetzel, Alexandre Schmorell appartient à l'Église orthodoxe russe et Hans et Suzanne Hirzel sont protestants. Hans Scholl a été inspiré par des sermons de Clemens August von Galen, évêque de Münster, qui s'est élevé contre les assassinats de malades mentaux (Aktion T4) et les atteintes faites à l’Église. Hans et Sophie Scholl sont par ailleurs profondément croyants.

Ils discutent de la situation politique avec Kurt Huber, professeur à l’université de Munich, réputé pour ses cours de philosophie qui influencent beaucoup d’étudiants. Kurt Huber, d'abord opposé à l'idée de révolte envers un pays qu'il aime, finit par appuyer totalement ses élèves qui ont fondé La Rose blanche. Révoltés par la dictature hitlérienne et les souffrances causées par la guerre, les étudiants décident d’agir au cours de l’été 1942.

Hans Scholl, fondateur, frère de Sophie

Alexander Schmorell, fondateur

Sophie Scholl, fondatrice, sœur de Hans

Kurt Huber, un de leurs professeurs

Traute Lafrenz, amie de Sophie et Hans

Christoph Probst, camarade de Hans à la faculté de médecine

Lilo Ramdohr, amie d'Alexander Schmorell

Hans Scholl et Alexander Schmorell rédigent quatre premiers tracts. Ils les envoient par la poste à des intellectuels (écrivains, professeurs, médecins) choisis à Munich, qui sont chargés de reproduire ces tracts et de les renvoyer au plus grand nombre de personnes possible. Inspirés de penseurs comme Goethe et Aristote, leurs écrits contiennent aussi des passages bibliques. Le second tract comprend également une dénonciation explicite de la Shoah : « Depuis la mainmise sur la Pologne, trois cent mille Juifs de ce pays ont été abattus comme des bêtes. C'est là le crime le plus abominable perpétré contre la dignité humaine, et aucun autre dans l'Histoire ne saurait lui être comparé. » Ainsi, leur refus du totalitarisme hitlérien est d'abord fondé sur une profonde culture humaniste.

Hans Scholl, Willi Graf et Alexander Schmorell sont envoyés sur le front de l'Est en juillet 1942 comme infirmiers de la Wehrmacht. À leur retour en fin d'année, ils prennent contact avec l'Orchestre rouge. Sophie Scholl, la sœur de Hans, s'implique également dans la rédaction et la distribution de tracts.

Le cinquième tract, intitulé « Appel à tous les Allemands », est rédigé pendant l'hiver 1942-1943, au paroxysme de la bataille de Stalingrad. Après leur expérience au front à l'Est, les étudiants sont convaincus que la guerre ne peut plus être gagnée. Ce tract vise à toucher un plus grand public et adopte un ton moins littéraire que les précédents, il constitue un appel vibrant à la conscience collective : « Prouvez par l'action que vous pensez autrement ! Déchirez le manteau d'indifférence dont vous avez recouvert votre cœur ! Décidez-vous avant qu'il ne soit trop tard... » Ce tract prône le fédéralisme en Allemagne, rejette « l'idée impérialiste de puissance » et affirme que « seule une coopération généreuse entre les peuples européens permettra de jeter les fondements d'un nouvel ordre ». Il est distribué à des milliers d'exemplaires (le tirage est estimé entre 6 000 et 9 000) dans plusieurs grandes villes du Sud de l'Allemagne et en Autriche (Munich, Augsbourg, Stuttgart, Francfort, Salzbourg et Vienne). Le groupe a en effet des ramifications dans d'autres villes où d'autres étudiants (la jeune Traute Lafrenz à Munich, Hans et Suzanne Hirzel à Stuttgart, par exemple) défendent les mêmes idéaux.

Après l'anéantissement de La Rose blanche, des millions d'exemplaires de ce tract seront lâchés sur le territoire allemand par l'aviation anglaise, perpétuant ainsi l'œuvre de résistance éthique des étudiants munichois. Des slogans pacifistes et antifascistes sur les murs, et des collectes de pain pour les détenus des camps de concentration s'ajoutent aux actions du groupe, soutenu à partir de 1943 par des intellectuels du Sud de l'Allemagne ou de Berlin.

Le sixième tract est la cause de leurs arrestations. La défaite de Stalingrad jette le trouble dans une grande partie de la population allemande, et les membres de La Rose blanche pensent qu'elle sonne le glas du Troisième Reich. Le tract, qui dénonce la politique de guerre du Troisième Reich, est rédigé par Kurt Huber et corrigé par Hans Scholl et Alexander Schmorell, qui suppriment un passage évoquant la « formidable Wehrmacht ». Le but est maintenant de se tourner vers le peuple. Dans la nuit du 15 au 16 février 1943, ils distribuent entre 800 et 1 200 tracts dans Munich. Alors qu'il reste encore quelques exemplaires, ils décident de les distribuer à l'université.

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