La Fille du régiment est un opéra-comique en deux actes de Gaetano Donizetti sur un livret de Jules-Henri Vernoy de Saint-Georges et Jean-François Bayard, créé le 11 février 1840 à l'Opéra-Comique de Paris.
L'opéra-comique est particulièrement renommé pour l'air de Tonio, ténor : « Ah ! mes amis, quel jour de fête ! », surnommé « l'Everest de l'art lyrique », puisqu'il ne comporte pas moins de neuf contre-ut, qui se succèdent à un rythme rapproché. Parmi les grands interprètes, on compte les ténors Alfredo Kraus, Luciano Pavarotti et Juan Diego Flórez.
Après un court séjour en 1835 à l'invitation de Rossini, Donizetti s'installe à Paris, alors capitale européenne de l'art lyrique, en 1838. Il est alors le compositeur italien le plus populaire du moment : Bellini est mort, Rossini a pris sa retraite (retraite très anticipée d'ailleurs : Rossini, qui avait perdu l'appui du roi Charles X après la Révolution de 1830, décida de vivre sur les bénéfices de sa gloire) et Verdi est encore loin du succès.
À Paris, Donizetti montre une grande activité, adaptant notamment sa Lucia di Lammermoor (1835) pour la scène française en 1839 sous le titre Lucie de Lammermoor, mais c'est avec La Fille du régiment, composée sur un livret français pour l'Opéra-Comique l'année suivante, qu'il rencontre réellement l'engouement du public parisien.
« L'ouvrage de Donizetti est remarquable surtout par la simplicité des mélodies, par la fécondité des idées et par les effets du chant » écrit La France musicale. La gaieté de l'œuvre contribuera également au succès. Celui-ci suscitera un écrit polémique d'Hector Berlioz, mal remis de l'échec de son Benvenuto Cellini - qui avait dérouté le public - et déçu que les Parisiens ne fassent bon accueil qu'aux compositeurs italiens, au style agréable mais plus traditionnel, sinon conventionnel (car n'affichant pas la même audace stylistique que Berlioz).
Créée à l'Opéra-Comique de Paris (salle de la Bourse), La Fille du régiment fut représentée 55 fois jusqu'en 1841. La partition fut adaptée pour la création à la Scala le 30 octobre 1841 sous le titre La figlia del reggimento (livret de Calisto Bassi), mais c'est généralement la version française qui est reprise aujourd'hui.
La 1000e représentation à l'Opéra-Comique fut atteinte en 1914. L'ouvrage est longtemps resté au répertoire par son patriotisme affiché. En France, il était d'ailleurs d'usage de représenter l'ouvrage, dans les salles lyriques, chaque soir de 14 juillet.
Le 28 décembre 1940, Lily Pons alors en représentation de l'opéra au MET à New-York, avec l'aide du directeur et la troupe, entonnent la Marseillaise à la fin de l'air Salut à la France, dépassant donc la partition originale de Donizetti.
Le 26 avril 2008, la production de Laurent Pelly, avec Natalie Dessay en Marie, Felicity Lott en marquise de Berkenfield et Juan Diego Flórez en Tonio a été retransmise en direct depuis le Metropolitan Opera dans des salles de cinéma à travers le monde.
Pour cette production, le texte a été profondément remanié : à tendance patriotique dans l'œuvre de Donizetti, il est devenu antimilitariste. De même, le premier chœur a été transformé en scène fortement anticléricale, etc. L'information sur ces modifications n'a pas été donnée officiellement, mais seulement par la soprano Felicity Lott, au cours de l'entracte d'une représentation retransmise par la chaîne Mezzo.
On y entend également un très court extrait de l'air Caro mio ben (XVIIIe siècle), bien connu des élèves des classes de chant des conservatoires. En principe enjoué, il est ici ridiculisé. On y entend aussi, jouée au violon, la célèbre chanson Madame Arthur, mise en musique en 1927 par la chanteuse de café-concert Yvette Guilbert.
Marie, jeune vivandière (soprano)
La marquise de Berkenfield (mezzo-soprano)
Hortensius, intendant de la Marquise (basse)
La duchesse de Crakentorp (mezzo-soprano)
Soldats français, paysans tyroliens, seigneurs et dames bavarois, valets de la Marquise
La marquise de Berkenfield, qui retournait chez elle, a été contrainte par la guerre de faire halte à proximité d'un village, au pied des montagnes. Les villageois surveillant les manœuvres des Français dans le lointain annoncent que ceux-ci ont dû faire marche arrière.
Sulpice, un sergent français, apparaît alors brusquement et effraie la marquise qui va se cacher en toute hâte dans une chaumière. Il est suivi par la vivandière Marie, que le régiment a adoptée comme sa fille. Il la presse de questions au sujet de ses rencontres avec un mystérieux jeune homme. Marie répond que les bruits qui courent à ce sujet sont fondés et que le jeune homme en question lui a un jour sauvé la vie.