Léopold Ier, né le 9 juin 1640, à Vienne (Autriche) et mort dans la même ville le 5 mai 1705, est empereur du Saint-Empire romain germanique, roi de Bohême et roi de Hongrie, archiduc d'Autriche.
Léopold est le fils cadet de Ferdinand III de Habsbourg (1608-1657), empereur élu du Saint-Empire, et de Marie-Anne d'Autriche (1606-1646), infante d'Espagne.
Petit-fils de l'empereur Ferdinand II du Saint-Empire, il est à sa naissance troisième dans l'ordre de succession après son père et son frère aîné, l'archiduc Ferdinand (deux frères précédents sont morts au berceau en juin 1639).
Il est un cousin utérin du roi Charles II d'Espagne qui est aussi le chef de sa maison, du roi Louis XIV de France (1638-1715) et de l'électeur Ferdinand-Marie de Bavière.
Quatrième fils du couple impérial, Léopold est destiné à entrer dans les Ordres.
Ses premières années sont marquées par la guerre de Trente Ans qui ravage l'Europe centrale sur fond de politique et de religion. Au gré des évènements, la Cour impériale se déplace régulièrement, et c'est à Linz, où l'empereur et sa famille ont trouvé refuge, que sa mère meurt en couches (1646).
Deux ans plus tard, les traités de Westphalie consacrent la défaite de l'empereur, outre l'influence que détenait la maison d'Autriche sur l'ensemble des États-membres, désormais réduite comme peau de chagrin, et des pertes territoriales en faveur de la France et de la Suède. L'empereur se remarie avec une cousine de la branche de Tyrol qui meurt en couches. L'empereur épouse alors une princesse de Mantoue qui lui donnera quatre enfants naîtra quelques semaines seulement avant la mort du souverain.
Le 9 juillet 1654, son frère aîné, déjà roi de Bohême, de Hongrie et de Croatie, élu roi des Romains et fiancé à la fille aînée du roi d'Espagne, meurt à l'âge de 21 ans, des suites de la variole. C'est donc à Léopold, âgé de quatorze ans, que revient la charge de recevoir et transmettre l'héritage impérial.
Le 27 juin 1655, il est couronné roi de Hongrie et de Croatie. Puis, le 14 septembre 1656, il reçoit la couronne de Bohême, devenant ainsi l'un des sept électeurs du Saint-Empire romain germanique.
Roi des Romains puis empereur du Saint-Empire
Le 2 avril 1657, Ferdinand III meurt avant d'avoir eu l'assurance que Léopold lui succédera. En effet, celui-ci n'a été ni élu ni couronné roi des Romains, laissant le trône impérial vacant. La France, par le biais de son principal ministre, le cardinal Jules Mazarin (1602-1661), tente de convaincre les autres princes-électeurs de ne pas soutenir l'héritier des Habsbourg.
Sous la régence de son oncle paternel, Léopold-Guillaume de Habsbourg, Léopold défend sa cause et négocie son accession au trône impérial. Il doit signer une capitulation de quarante-cinq articles, dont l'un lui interdit désormais de soutenir ses cousins d'Espagne, toujours en guerre contre la France. Certains électeurs tentent de lui interdire d'intervenir dans la première guerre du Nord, ce qu'il refuse, comme un autre article proposé qui considère qu'il est censé avoir abdiqué s'il violait la capitulation.
Ce qui n'empêche pas Léopold d'être élu roi des Romains le 18 juillet 1658, puis élu empereur du Saint-Empire romain germanique le même jour, avant d'être couronné à Francfort le 1er août 1658 à l'âge de 18 ans.
Cependant, dès le 14 août 1658, sous l'égide de la France, la majorité des princes allemands se sont regroupés dans la Ligue du Rhin. Cependant, c'est l'impérialisme du roi de France qui, dès 1667, rendra la ligue caduque.
Dès son accession au trône, Léopold Ier se soucie de la politique européenne et des nombreuses menaces dont le Saint-Empire fait l'objet. Profondément pacifique, il est contraint par la force des évènements à entrer en guerre plus d'une fois, la diplomatie ne parvenant à aucun compromis.
Tout au long de son règne, il est soutenu par le capucin Marc d'Aviano (1631-1699), (béatifié en 2003).
Époux fidèle, il est un musicien de talent et compose lui-même plusieurs œuvres de musique. En 1698, il nomme Johann Joseph Fux (1660-1741) à la charge de compositeur de la Cour.
Il accueille les princes de la maison de Lorraine, chassés de leur duché par les troupes d'occupation de Louis XIV, et se lie d'amitié avec leur héritier, Charles Léopold de Lorraine (1643-1690), duquel il partage de nombreux points de commun et dont les talents militaires sauveront Vienne en 1683.