Ce Jour-là

Léopold II (grand-duc de Toscane)

Grand-duc de Toscane

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Leopold de Habsbourg-Toscane (en italien : Leopoldo Giovanni Giuseppe Francesco Ferdinando Carlo), né le 3 octobre 1797 à Florence et mort le 29 janvier 1870 à Rome, est grand-duc de Toscane sous le nom de Léopold II (Leopoldo II) de 1824 à 1859.

Sous son règne, Léopold est reconnu à la fois comme monarque libéral, appliquant la Constitution de 1848 et permettant une certaine liberté de presse. En 1847, le grand-duc, après la mort de la duchesse de Parme et la restauration des Bourbons-Parme, annexa le duché de Lucques. La même année, un conseil des ministres est créé.

Léopold dut faire face à une rébellion populaire qui culmina avec le printemps des peuples en 1848. En Toscane, le grand-duc a ordonné la répression et a approuvé une constitution libérale. En dépit de ses tentatives d'acquiescement, des combats de rue éclatent en août à Livourne. Léopold II apporte son soutien au royaume de Sardaigne dans la guerre austro-sarde. En février 1849, le grand-duc dut abandonner la Toscane aux républicains et se réfugia dans la ville napolitaine de Gaète. Une république provisoire fut établie à sa place avec à sa tête Giuseppe Montanelli, qui inaugure une politique ultra démocratique (dans la terminologie politique de l’époque), tournée vers l’union avec les autres états italiens et la reprise conjointe de la guerre contre l'Autriche. Avec l’assistance de l'Autriche, Léopold est restauré à Florence. La Restauration laisse place à une période de répression violente contre les républicains. La constitution libérale est ainsi révoquée en 1852.

Lors de la deuxième guerre austro-sarde, Léopold se dissocie de la Sardaigne et s'allie à l'empire d'Autriche. Le roi Victor-Emmanuel II de Sardaigne s'empare de la Toscane et la conserve pendant toute la durée du conflit. Le grand-duc s'enfuit. La paix de Villafranca permet à Léopold de revenir une fois de plus. À son arrivée à Florence, il abdique en faveur de son fils aîné, Ferdinand IV. En décembre 1859, le Grand-Duché est réuni aux Duchés de Modène et de Parme pour former les Provinces-Unes d'Italie centrale, qui sont annexées par le royaume de Sardaigne quelques mois plus tard. Le 22 mars 1860, après un référendum, la Toscane est officiellement annexée à la Sardaigne. L'Italie est unifiée en 1870, la même année où meurt Léopold II.

Deuxième fils du grand-duc Ferdinand III de Toscane et de Louise de Bourbon-Siciles, Léopold vit très jeune dans les territoires du Saint-Empire romain germanique, où son père s'est réfugié après l'annexion napoléonienne. Il devient prince héréditaire du grand-duché de Toscane en 1800, à la mort de son frère aîné François-Léopold. Il suit son père exilé d'abord à Vienne, puis en 1803 à Salzbourg, où Ferdinand obtient réparation pour les territoires perdus l’espace de l’ancien domaine archiépiscopal. En mars 1805, Léopold est contraint d'abandonner cette ville à cause de la nouvelle guerre entre l'Autriche et la France. Il se rend donc à Wurtzbourg, où la famille s'installe dans l'ancien palais épiscopal. Au cours de ces années tourmentées, Léopold peut beaucoup étudier avec des professeurs allemands et italiens, manifestant ainsi une prédilection pour les sujets littéraires.

Il rentre à Florence le 15 septembre 1814, après la première abdication de Napoléon, bien accueilli par ses sujets, également pour la politique de son père, qui ne purge ni ne se venge contre ceux qui ont collaboré avec le gouvernement français. Le jeune héritier du trône gagne l'affection des Toscans pour son caractère doux et son comportement informel, ce qui lui vaut le surnom de « Broncio » (« moue ») en raison de la lèvre inférieure légèrement saillante qui lui donne un air triste et perpétuel (alors qu'en réalité le jeune prince ne manquait pas de spiritualité).

Parallèlement, il termine ses études déjà entamées à l’étranger après des cours de droit, d’art et de littérature, voire d’agriculture, pour lesquels il fera toujours preuve d’une grande attention. Il se fixe comme objectif personnel de rassembler, d'étudier et de réorganiser tous les écrits de Galiléo Galilée et publie une édition des poèmes de Laurent de Médicis, qu'il édite personnellement, ce qui lui vaut d'être nommé membre de l'Accademia della Crusca.

En 1817, Léopold épouse Marie de Saxe, à laquelle il est particulièrement attaché et dont il a trois filles. Avec sa femme à partir de 1819, il entreprend un long voyage en Europe faisant étape à Munich, Dresde, Prague, Vienne et Venise. Son premier contact avec les affaires d'État a lieu en octobre 1822, lorsqu'il est appelé à Vérone pour prendre part avec son père aux travaux du Congrès de la Sainte-Alliance.

À la mort de son père le 18 juin 1824, Léopold II prend le pouvoir et se montre immédiatement en souverain indépendant, appuyé par le ministre Vittorio Fossombroni, qui parvient à déjouer une manœuvre de l'ambassadeur autrichien, le comte de Bombelles, pour influencer le grand-duc inexpérimenté. Celui-ci confirme non seulement les ministres nommés par son père, mais témoigne immédiatement de son désir sincère de s'engager dans la voie d'une réduction de la taxe sur la viande et d'un plan de travaux publics prévoyant la poursuite de la réhabilitation de la Maremme (beaucoup de choses dont les Grossetani se souviendront avec un monument situé sur la Piazza Dante), l’extension du port de Livourne, la construction de nouvelles routes, un premier développement des activités touristiques (alors appelées "industrie étrangère") et l’exploitation des mines du grand-duché.

D'un point de vue politique, le gouvernement de Léopold II est à cette époque le plus doux et le plus tolérant des États italiens: la censure, confiée au savant et modéré père Mauro Bernardini de Cutigliano, n'a pas beaucoup d'occasions d'opérer et de nombreux représentants de la culture italienne persécutés ou n'ayant pas trouvé l'environnement idéal chez eux, trouvent asile en Toscane, comme Giacomo Leopardi, Alessandro Manzoni, Guglielmo Pepe, Niccolò Tommaseo. Certains écrivains et intellectuels toscans tels que Francesco Domenico Guerrazzi, Giovan Pietro Vieusseux et Giuseppe Giusti, qui, dans d'autres États italiens, auraient sûrement eu des problèmes, peuvent travailler en paix. À l'ambassadeur d'Autriche se plaignant que « la censure ne fait pas son devoir en Toscane », le grand-duc répond avec agacement « mais son devoir est de ne pas le faire », formule qui reste célèbre. Le seul inconvénient de tant de tolérance et de douceur est la suppression du magazine "L'Antologia" de Giovan Pietro Vieusseux, qui advient en 1833 sous la pression de l'Autriche et, en tout état de cause, sans autres conséquences civiles ou pénales pour le fondateur.

La douceur du gouvernement grand-ducal signifie qu'en Toscane, il n'y a ni motions ni séditions et que les activités de conspiration sont limitées à la ville de Livourne et d'une importance minime: les seuls actes répressifs sont en 1830 la suppression du journal « L'Indicatore Livornese » et la condamnation de Guerrazzi à six mois de réclusion à Montepulciano pour avoir prononcé un discours à la mémoire de Cosimo Del Fante. Des intellectuels tels que Niccolò Tommaseo et Giuseppe Giusti soulignent également la tranquillité du Grand-Duché. Ils vouent une satire agréable au grand-duc (« Il re travicello »), qui provoque la colère du destinataire, mais qui est ensuite gentiment séduit par l'intéressé.

Les soulèvements de 1831, qui choquent les deux duchés émiliens et les légations des États pontificaux, ne sont pas suivis en Toscane, malgré le fait que certains patriotes cherchent à les provoquer: le seul souci d'ordre public est de mieux protéger la frontière nord pour éviter l’intrusion de fauteurs de troubles.

En 1832, la grande-duchesse Marie meurt, laissant le grand-duc désespéré. Celui-ci, pour assurer sa succession, se remarie l'année suivante avec la princesse Marie-Antoinette de Bourbon-Siciles. De ce mariage Ferdinand, l'héritier tant attendu du trône, nait en 1835.

En 1839 et 1841, Léopold II autorise la tenue du « Congrès des scientifiques italiens » à Pise et à Florence, en dépit des menaces du gouvernement autrichien et des protestations du gouvernement pontifical; dans l'intervalle, le gouvernement grand-ducal prévoit un développement important du réseau ferroviaire qui, dans les années à venir, verrait la naissance de la « Ferrovia Leopolda » (chemin de fer reliant Florence-Pise-Livourne, avec la branche d'Empoli à Sienne) et de la « Ferrovia Maria Antonia » (Florence-Prato-Pistoia-Lucques), tandis que la « Ferrovia Ferdinanda » (Florence-Arezzo) et la « Ferrovia Maremmana » (Livourne- frontière de Chiarone) en restent à l'état de projet.

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