Jean de Médicis (italien : Giovanni di Lorenzo de' Medici), né le 11 décembre 1475 à Florence et mort à Rome le 1er décembre 1521, est le 217e pape de l’Église catholique sous le nom de Léon X (en latin Leo X, en italien Leone X, ou Leon X) de 1513 à 1521. Il est le second fils de Laurent le Magnifique et de Clarisse Orsini.
Très jeune, ses parents le destinent à l'état ecclésiastique. Il a plusieurs précepteurs hommes de lettres : Niccolò Michelozzi, secrétaire de son père, écrivain et homme politique, les humanistes Ange Politien, Démétrius Chalcondyle et Gregorio da Spoleto. Il se lie d'amitié avec son cousin Jules, futur pape Clément VII, et avec Bernardo Dovizzi, futur cardinal Bibbiena, qui restent proches de lui toute sa vie. Il reçoit la tonsure en 1482, puis connaît une série de promotions dues au pouvoir et à la richesse de ses parents. En 1483, il est nommé protonotaire apostolique par Innocent VIII.
Il reçoit en 1486 la célèbre abbaye du Mont-Cassin, fondée par Benoît de Nursie, en commende.
En 1489, alors qu'il a seulement 13 ans, il entre à l'université que son père a rétablie à Pise, et étudie pendant trois ans la philosophie et la théologie. La même année, toujours à l'âge de 13 ans, il devient cardinal au titre de Santa Maria in Domnica des mains d'Innocent VIII. Il doit néanmoins s'abstenir de porter les insignes de sa dignité jusqu'en 1492, à 17 ans. Cette année-là, il participe au conclave qui porte au trône Rodrigo Borgia sous le nom Alexandre VI, élection à laquelle le cardinal Médicis est farouchement opposé. Il semble avoir été parmi les cardinaux n'ayant pas accepté de pot-de-vin de la part d'Alexandre VI pour voter pour lui.
Après l'élection, il retourne à Florence, où son père vient de mourir.
Sa famille est expulsée de la ville en 1494, et il doit lui-même fuir, accoutré en franciscain. Il mène alors une vie de dilettante, conservant cependant des mœurs personnelles plus réservées que celles de ses collègues cardinaux, la maladie de Jules II, en 1511, lui ayant donné l'idée de se porter candidat à sa succession.
La même année, il est nommé légat à Bologne et en Romagne. En 1512, alors qu'il séjourne avec l'armée pontificale, il est fait prisonnier à la suite de la bataille de Ravenne. Il réussit à s'évader, alors que sa famille regagne le pouvoir à Florence.
Le 21 février 1513, Jules II meurt et Jean de Médicis est élu pape le 11 mars suivant, sous le nom de Léon X. Selon certaines sources, afin de maximiser ses chances d'être élu, il aurait fait croire à ses frères cardinaux qu'il était très malade, afin de les persuader que son pontificat ne serait pas long
Léon X s'avère un grand protecteur des arts.
Il fait travailler pour lui Raphaël, qui peint son portrait, que l'on peut admirer de nos jours à la galerie des Offices de Florence. Raphaël achève également les chambres (stanze) du palais pontifical commandées par Jules II. Il commande une édition critique de Dante et constitue une grande collection de manuscrits.
Par ailleurs, il donne au début de son règne des fêtes fastueuses (dont celle donnée à l'occasion de son intronisation, qui coûte la somme - faramineuse pour l'époque- de 100 000 ducats), ce qui a pour résultat de dilapider la fortune laissée par Jules II. Léon X a alors recours à la création d'offices et à la vente d'indulgences, moyen auquel Jules II a déjà eu recours pour financer la reconstruction de la basilique Saint-Pierre.
En 1514, le pape Léon X approuve l'union de l'abbaye Saint-Honorat de Lérins à la congrégation de Sainte-Justine de Padoue et à l'abbaye du Mont-Cassin.
Par une bulle du 8 décembre 1514, Léon X étend les privilèges donnés par ses prédécesseurs aux religieuses de l'abbaye Saint-Félix-de-Montceau à Gigean.
Sous son règne se déroule l'affaire Reuchlin : Jean Reuchlin, auteur d'une grammaire de l'hébreu, soutenu par les humanistes de l'époque, affronte l'Inquisition au sujet du Talmud. En 1515, Léon X prend parti en faveur du savant. Il s'entoure d'amis d'Érasme et paraît ouvert aux idées nouvelles.
Il importe de savoir que son éducation a été soignée, ayant eu pour tuteur dans sa jeunesse le philosophe Marsile Ficin. Il a appris le grec avec Déméter Chalcondyle et la philosophie avec Bernardo da Bibbiena.
Le 13 octobre 1515, il signe avec François Ier le traité de Viterbe, par lequel il reconnaît à François Ier le titre de duc de Milan, en échange de sa protection.
En décembre 1515, le roi de France François Ier vient à sa rencontre, et en 1516, après plusieurs décennies de crise entre la papauté et le royaume de France, le concordat de Bologne est signé, par l'intermédiaire du chancelier Antoine Duprat. Il abroge la Pragmatique Sanction édictée en 1438 par le roi Charles VII, ordonnance qui limitait fortement les interventions du pape dans la nomination du clergé de France, et en contrepartie donne au roi un pouvoir sur l’Église catholique dans son royaume, en lui permettant notamment de nommer désormais la plupart des responsables ecclésiastiques, évêques et abbés.
Réaction à la réforme luthérienne