Ce Jour-là

Léon Deubel

Poète français

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Léon Deubel, né le 22 mars 1879 à Belfort et mort le 12 juin 1913 à Maisons-Alfort, est un poète français.

Deubel est considéré comme un des derniers « Poètes maudits », comme Arthur Rimbaud, Tristan Corbière, Charles Baudelaire…

Un poète maudit est un poète qui se sent incompris et mis au ban de la société, faisant partie du mouvement du Symbolisme (art). La poésie est sa manière de s'exprimer avec ses propres codes. Sa vie est souvent tragique en raison de sa vision différente du monde.

Léon Deubel est né à Belfort le 22 mars 1879, de Louis Joseph Deubel et de Marie Joséphine Mayer, tenanciers de l'Hôtel du Nord, au 47 faubourg de France.

Après s'être installés à Paris où le père obtient un poste de cheminot, les parents de Léon se séparent. Le petit Léon est d'abord élevé par sa grand-mère maternelle et ses tantes Julie et Nani Mayer.

La mère de Léon meurt d'un refroidissement le 5 janvier 1886 lorsqu'il a 6 ans. Léon le vit très mal, il reste malheureux toute sa vie et cherche désespérément de l'attention. Le seul souvenir que le poète dit avoir conservé de sa mère est rapporté par son ami Louis Pergaud : « Un jour (…) il vit arriver à la maison une femme maigre qui aussitôt s'alita. Des médecins, accourus à l'appel de la famille, la soignèrent immédiatement, et le petit fut laissé seul et désemparé, inquiet de ces allées et venues de gens graves et du mystère de cette chambre close. Que se passait-il à la maison ? Deux jours après il le sut. On l’appela et on lui dit : - Viens embrasser ta maman ; c'est elle qui vient de mourir ! C'est le seul souvenir que le poète nous ait dit avoir conservé de sa mère. » De plus, le décès est la cause d'une violente rupture dans sa vie déjà assez perturbée, puisque après la mort de la mère, l'enfant est arraché à sa grand-mère qui l'a élevé, et est confié par son père à son oncle et parrain ou à sa grand-mère paternelle : « j'ai perdu ma mère (1886) et aussitôt j'ai passé des mains de ma grand-mère Mayer à celles de ma grand-mère Deubel » dit Léon Deubel.

Léon effectue sa scolarité à l'institution Sainte-Marie à Belfort, où il échouera au certificat d'études primaires en 1890. Son oncle Léon Deubel, riche épicier, le met alors en pension au collège de Baumes-les-Dames. Le jeune Léon y rencontrera Eugène Chatot avec lequel il partage la même passion pour la poésie. Il y restera jusqu'en 1897, après avoir obtenu son baccalauréat.

Ensuite, Léon doit choisir un métier. Son oncle lui propose de travailler à ses côtés, il refuse et trouve une échappatoire en sollicitant un poste de répétiteur, en juillet 1896. À la rentrée de Pâques 1897, il est donc nommé répétiteur (maître d'internat) au collège de Pontarlier, il y reste d’avril à octobre 1897. Mais il rencontre de nombreuses difficultés dans son travail. Son chef d'établissement note :

« 1er juillet 1897 : semble ne pas s'occuper assez du travail des élèves

15 juillet 1897 : manque peut-être d'énergie. Il ne surveille pas non plus le travail des élèves. Des observations lui ont été faites par le Principal.

31 juillet 1897 : Trop d'insouciance, trop de mollesse… »

Puis en novembre, il est nommé au Collège Louis Pasteur d’Arbois où il est maître d'internat.

En 1898, Hector Fleischmann publie un de ses premiers recueils de poèmes : Six Élégies d’un jeune homme mélancolique. On y trouve en Liminaire ces vers de Deubel :

À Arbois, il rencontre Anne, une jeune fille de 18 ans fille d'un professeur du collège, et en tombe amoureux. Ils se séparent après quelques mois

Il écrit en janvier 1898, À Mlle A. d’Arbois. Deubel a 18 ans :

Après cette rupture, il est muté le 11 avril 1899, au collège de Calimont à Saint-Pol-sur-Ternoise dans le Pas-de-Calais. Il y trouvera une situation beaucoup plus difficile.

Cependant la situation administrative de Deubel s’aggrave. Le 11 février 1900, alors qu’il est à Boulogne-sur-Mer chez un ami, il reçoit l’annonce de sa révocation. Désormais la misère va commencer.

L’arrivée à Paris le 1er mars 1900 au soir ouvre sur la misère. Pour un bachelier, donc d’un niveau d’étude assez rare à l’époque, aucun débouché s’il n’a pas de relations. « Je suis resté 48 heures sans manger autre chose qu’une écorce d’orange trouvée dans la rue ». Et plus tard : « Je passe la nuit entière à marcher pour ne pas me faire ramasser et, le matin, je vais dormir trois heures entre 2 colonnades du Louvre. »

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