Léobon de Salagnac est un ermite qui vivait au VIe siècle dans la marche du Limousin (Creuse), reconnu comme saint par l’Église catholique romaine. L'abbé Louis Dubreuil nous a transmis l’histoire de sa vie. François Mettoux a écrit un poème sur lui. Fête le 13 octobre.
Léobon naquit à la fin du Ve siècle à Saint-Étienne-de-Fursac, sa date de naissance précise est inconnue. Ses parents, chrétiens, le mirent sous la protection de sainte Rufine, patronne de la ville de Fursac.
Enfant pieux, attiré précocement par la méditation et la prière, il aimait à s'isoler pour prier.
Il établit un ermitage aux environs de Fursac, sur une montagne boisée, qui bordait la Gartempe. À cette même place, en 1743, il existait une chapelle attestée par le cadastre.
Léobon partageait son temps entre la prière et les travaux des champs, afin de subvenir aux besoins matériels de sa vie, fréquentant régulièrement l'église pour se rendre à la Messe.
Actuellement, une pierre en forme de siège est nommée par les habitants, pierre de saint Léobon, elle aurait été son lieu favori de méditation.
Selon la légende, Léobon reçut un jour la visite d'une femme qui prétendait s'être perdue dans la forêt et lui demandait l'hospitalité. Devant les propos licencieux qu'elle tint, Léobon recouvrit le pavé de son ermitage avec des charbons ardents, et s'y coucha, invitant la femme à le rejoindre. Celle-ci effrayée, retourna en toute hâte rejoindre ses complices qui constatèrent que Léobon n'avait pas été brûlé.
C'est ainsi que la réputation de sainteté de Léobon se répandit dans la région, et que les foules arrivèrent en masse pour vénérer celui qu'elles considéraient comme un saint.
Mais ce dernier quitta alors son ermitage. Toutefois, à cet endroit, tous les champs portèrent le nom de Saint Léobon, et cela de temps immémorial, comme en fait foi une matrice cadastrale de 1743.
Léobon quitta Fursac pour aller à Le Grand-Bourg de Salagnac, non loin de son premier ermitage, sur la rive droite de la Gartempe. Il y vécut dans la solitude, la prière et les mortifications jusqu'à sa mort qui aurait eu lieu le 13 octobre 530.
À cet endroit, Maître Gérard, chanoine de Limoges, fit bâtir une chapelle dont on voyait encore les murs au siècle dernier.
Un document postérieur montre le curé du Grand-Bourg prenant possession de cette chapelle de Saint-Léobon en 1563. Un manuscrit de la cathédrale de Limoges dit que son corps y était vénéré en 1405. Sous un vieux tilleul, près du portail de l'église paroissiale, on voit encore l'ancien ambon ou chaire de l'antique église de Saint-Léobon. Aujourd'hui, on y dépose les cercueils avant leur entrée dans l'église.
La réputation de Léobon attira un grand nombre de fidèles qui venaient prier sur le lieu de son ermitage, et demander la guérison de leurs maux. Certains même se retiraient dans la solitude à proximité. Quelques-uns consacrèrent leur grande fortune à la restauration des églises et au soulagement des pauvres.
Bernard Guidonis, qui vivait en 1260, au château de Juvet, près la Roche-l'Abeille, en Limousin, raconte que les dons des seigneurs, guéris de leurs infirmités par la puissance de saint Léobon, furent si considérables que l'église de Sainte-Rufine était, à la fin du VIIIe siècle, une des plus riches du diocèse de Limoges. On a tout lieu de croire que la chapelle de Saint-Léobon, détruite en 1755, fut bâtie à cette époque avec les offrandes des pèlerins.
D'une délibération prise par les habitants de Fursac, à la date du 1er novembre 1755, à propos de la construction d'un pont, il a été écrit :
« Toutes ces circonstances ont décidé la communauté de requérir la construction d'un pont de pierre solide sur la dite rivière, à l'endroit où il serait jugé le plus commode et utile, et d'un autre petit sur le ruisseau appelé du Péroux, qui aux moindres pluyes déborde assez considérablement et de façon à n'y pouvoir passer, ce qui rend ce segond pont aussi indispensable que le premier. »
« La communauté constitue pour son procureur général le sieur Vincent Brunetaud, Syndic, pour faire auprès du seigneur Intendant de Limoges toutes les démarches nécessaires pour parvenir au bail et adjudication des dits deux ponts, le chargeant aussi de vendre et destiner au plus offrant et dernier enchérisseur tous les matériaux de la chapelle de Saint-Léobon et le gros tilleul qui est au-devant de la dite chapelle, pour le prix du tout en provenant être employé au profit de la dite paroisse et à la construction des dits ponts. »
Ainsi Fursac vérifiait bien son étymologie, c'était vraiment un centre de dévotion, un lieu béni, une ville sainte, Forum sacrum, Forsac, Fursac.