Kubilai Khan ou Khoubilaï Khaan ou Khubilai Khan ou Qubilaï Khan (mongol bitchig : ᠬᠤᠪᠢᠯᠠᠢ ᠬᠠᠭᠠᠨ,translittération : Qubilai qaγan ; mongol cyrillique : Хубилай хаан, translittération : Khubilai khaan, [ xubilaj] ; chinois : 忽必烈 ; pinyin : Hūbìliè), né le 23 septembre 1215 et mort le 18 février 1294, est un khagan mongol et premier empereur de Chine de la dynastie Yuan connu sous le nom de Shizu (chinois : 世祖 ; pinyin : Shìzǔ).
Petit-fils de Gengis Khan (v. 1160 – 1227), il naît l'année de la prise de Pékin par les Mongols. En 1260, il succède à son frère Möngke comme grand khan des Mongols et s'affirme au terme de la guerre civile toluid en 1264 face à son frère Ariq Boqa. Après avoir achevé en 1276 la conquête de l'empire des Song, il reçoit le grand sceau de l'empire de Chine des mains de l'impératrice douairière des Song du Sud régnant à Hangzhou.
Il est principalement connu en Occident par le livre de Marco Polo, qui résida à sa cour pendant dix-sept ans, employé comme « messager » de l'empereur, c'est-à-dire émissaire impérial.
L'Empire mongol, de la mort de Gengis Khan à la mort de Möngke
À la mort de Gengis Khan en 1227, l'empire inclut, outre la Mongolie, une partie du nord de la Chine (royaume des Jin) et une partie de la Transoxiane et de la Bactriane (les steppes à l'est de la mer Caspienne et une partie des montagnes de l'actuelle Afghanistan).
Entre 1231 et 1238, les Mongols conquièrent le royaume de Goryeo, dans la péninsule de Corée, mais le pays reste dans l'ensemble insoumis jusqu'en 1258, la famille royale s'étant réfugiée sur l'île de Kanghwa, pourtant très proche de la côte. Le roi finit par renoncer à la résistance en 1258, mais n'est pas suivi par tous ses sujets.
À l'ouest, deux vastes régions sont conquises :
les steppes du sud de la Russie, conquises en 1236 – 1240 par Batu, petit-fils de Gengis Khan, fils de Djötchi, qui y a créé le khanat de la Horde d'or ;
la Perse et l'Irak, conquis par Houlagou, frère de Kubilai, en 1255 – 1259.
La mort de Möngke, survenant alors qu'Houlagou s'apprête à attaquer les Mamelouks en Égypte, remet en cause la campagne, Houlagou ramenant une bonne partie de son armée vers l'est. Le gouverneur de Syrie, Ketboğa, subit une contre-offensive des Mamelouks qui le vainquent à Aïn Djalout en Galilée (3 septembre 1260) et récupèrent la Syrie. Mais Bagdad reste aux mains des Mongols.
En Chine, les Mongols, après avoir conquis le royaume des Xia occidentaux et établi leur domination totale sur le royaume des Jin, sont engagés dans une guerre pour conquérir le royaume des Song dans le sud.
Kubilai est le second fils de Tolui, quatrième fils de Gengis Khan et de Börte, et de Sorgaqtani, princesse Kéraït. De coutume impériale, un mariage arrangé est organisé alors qu'il est très jeune. Durant sa jeunesse, sa mère l'instruit au nestorianisme, cependant les enseignements bouddhiques de sa nourrice tangoute alimentent davantage ses croyances. En 1242, il est instruit par le moine Haiyun à la pratique du bouddhisme, ainsi que par l'érudit Zhabo Bi à la culture chinoise.
Tolui meurt en 1232, avant son frère Ögödei, grand khan des Mongols de 1227 à 1241. À Ögödei, succède son fils Güyük de 1241 à 1251. En 1251, la veuve de Tolui, Sorgaqtani, réussit à faire choisir son fils Möngke comme quatrième khan.
Kubilai est nommé par son frère Möngke vice-roi en Chine du Nord, basé en actuelle Mongolie-Intérieure dans la ville de Shangdu qu'il fait bâtir entre 1252 et 1256. Dès cette époque, il s'entoure de conseillers chinois, dont Liu Bingzhong (en), et commence à siniser son administration. Il crée aussi un réseau d'écoles pour les Mongols. Sur le plan militaire, il conquiert le Yunnan et soumet le royaume de Dali à la demande de son frère Möngke, et participe avec lui aux premières opérations militaires contre l'empire Song du Sud.
Souffrant de la goutte, Kubilai manifeste un intérêt marqué pour les pratiques médicales du bouddhisme tibétain. Il accueille à sa cour des moines influents, comme Karma Pakshi en 1254 ou encore ’Phags-pa qu’il nomme précepteur d’État. En 1258, il arbitre un débat entre bouddhistes et taoïstes et prend position en faveur du bouddhisme.
Durant sa gouvernance, il conquiert le royaume de Dali en 1253, correspondant approximativement à l'actuelle province du Yunnan, dont la capitale, Dali, au bord du lac Erhai est sur les marches du plateau du Tibet. En 1257, les troupes mongoles pillent Hanoï. En 1258, Möngke part avec Kubilaï en campagne contre l'empire des Song du sud, tandis que la Haute Mongolie est l'apanage de leur plus jeune frère, Ariq Boqa, basé à Karakoroum. Kubilaï apprend la mort de Mongke en septembre 1259.
De Grand Khan à Empereur de Chine
Intronisation complexe et guerre civile