Ce Jour-là

Ku Klux Klan

Organisation terroriste suprémaciste blanche des États-Unis

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Le Ku Klux Klan, souvent désigné par son sigle KKK ou également le Klan, est une société secrète terroriste suprémaciste blanche des États-Unis d'Amérique fondée à la veillée de Noël 1865 ou au début de l'année 1866.

Avec les lois Jim Crow, il est un des dispositifs des États du Sud pour s'opposer à l'application des droits constitutionnels des Afro-Américains garantis par plusieurs amendements au lendemain de la guerre de Sécession : le treizième amendement de la Constitution des États-Unis du 6 décembre 1865 abolissant l'esclavage, le quatorzième amendement du 9 juillet 1868, accordant la citoyenneté à toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et interdisant toute restriction à ce droit, et le quinzième amendement, du 3 février 1870, garantissant le droit de vote à tous les citoyens des États-Unis et par conséquent aux anciens esclaves. Dans ce but, le Ku Klux Klan commet des assassinats, lynchages, attentats, viols, tortures, enlèvements, incendies d'écoles ou d'églises afro-américaines.

Il est communément admis de diviser l'histoire du Ku Klux Klan en trois périodes, la première allant de 1865 à 1871, la seconde allant de 1915 à 1944 et enfin la troisième qui s'étend de 1946 à nos jours. Chacune possède des caractéristiques propres dans sa manière de déjouer l'égalité des droits civiques pour tous les citoyens américains et de faire l'apologie du suprémacisme blanc. Son « âge d'or » est la période des années 1920-1930. En dehors de ses exactions terroristes contre la population afro-américaine et ses sympathisants blancs, son histoire est jalonnée de scandales politiques et financiers (chantages, corruption, détournements de fonds, évasion fiscale, intimidations diverses, prévarications, trucages électoraux, etc.).

Son influence diminue au cours des années 1960 avec la vague du mouvement américain des droits civiques et la promulgation de différentes lois fédérales, comme le Civil Rights Act de 1964, le Voting Rights Act de 1965 et le Civil Rights Act de 1968, mettant fin à toutes les formes légales de discrimination raciale sur l'ensemble du territoire des États-Unis.

De nos jours, le Klan est devenu une nébuleuse de groupuscules d'activistes et de terroristes qui se fondent dans le paysage de l'extrême droite et de l'alt-right américaines.

Traversant les trois périodes, l'idéologie du Ku Klux Klan se nourrit des doctrines racistes ou antisémites de certains essayistes et anthropologues du XIXe siècle comme Arthur de Gobineau ou Herbert Spencer, et de théories complotistes qu'ils entretiennent à leur tour et le second Klan se réclame également de l'idéologie nativiste.

La création du Ku Klux Klan est une des conséquences de la guerre de Sécession. Quand celle-ci prit fin, commença la période dite de la Reconstruction (1865-1877) où les enjeux sont les modalités de l'intégration politique des ex-États confédérés à l’Union, le développement d'une économie du Sud ravagée par la guerre, la gestion du retour des prisonniers de guerre, celui des réfugiés et la question cruciale de l'intégration sociale et politique des Afro-Américains depuis la promulgation du Treizième amendement de la Constitution des États-Unis le 6 décembre 1865 abolissant l'esclavage, celle du Quatorzième amendement en 1868 accordant la citoyenneté à toute personne née ou naturalisée aux États-Unis et interdisant toute restriction à ce droit, et celle du quinzième amendement en 1870 garantissant le droit de vote à tous les citoyens du pays. Pour répondre à ces questions, le 3 mars 1865 est créé le Bureau des réfugiés, des affranchis et des terres abandonnées (le Freedmen's Bureau) dont la mission est de réinsérer les réfugiés, de venir en aide aux Afro-Américains fraîchement affranchis, de mettre en place des structures scolaires, universitaires et hospitalières à destination des Afro-Américains et de former une élite afro-américaine.

À l'annonce du treizième amendement et de la création du Bureau des réfugiés, les réactions de la presse des États du Sud sont négatives : « Le nègre a toujours besoin d'être pris en charge par quelqu'un de supérieur à lui, laissé à lui-même, il tombera dans la misère pour ensuite disparaitre » ; « On ne peut rien attendre d'un peuple impossible à gouverner, sauf par le fouet » ; « Les nègres ne sont pas des créatures fiables, tous leurs hommes sont des voleurs, toutes leurs femmes sont des catins. C'est leur nature d'être comme ça et ils ne changeront jamais » ; « Le nègre est fait pour être un esclave ». Le Bureau des réfugiés est vilipendé, des Blancs l'accusent de « favoriser la paresse, d'encourager la tendance naturelle des Nègres au vol, au vagabondage et au vice », oubliant l'aide apportée aux Blancs du Sud dans le dénuement par le Bureau des réfugiés. Les planteurs sont irrités de devoir payer leurs anciens esclaves au même tarif que les ouvriers agricoles blancs, s’inquiètent de les voir partir travailler pour d'autres, s'opposent à ce que l'on puisse scolariser les Afro-Américains (avant la fin de la guerre de Sécession, il était interdit de leur apprendre à lire, écrire ou compter). Leur indignation atteint son comble lorsque le Bureau des réfugiés leur demande de prendre en charge les enfants qu'ils ont eus de leurs esclaves afro-américaines. Les représailles commencent, des Afro-Américains qui refusent de travailler pour leurs anciens maîtres et des pasteurs afro-américains sont assassinés, des femmes qui refusent les avances de Blancs sont violées, des bandes de desperados composées, entre autres, d'anciens militaires confédérés sèment la terreur en commettant des atrocités tant à l'encontre d'Afro-Américains que d'agents du Bureau des réfugiés. Malgré tout, le treizième amendement est ratifié par la quasi-totalité des États du Sud, car c'était la condition sine qua non pour être réintégrés en tant qu'État au sein de l'Union. Avec cette adoption, les États du Sud mettent en place différents Black Codes pour adapter les anciennes lois sur l'esclavage à la nouvelle situation. Ces nouvelles réglementations ont pour but d'entraver l'application du treizième amendement en restreignant les libertés des Afro-Américains. Ainsi dans le Mississippi les Afro-Américains doivent posséder une preuve de leur emploi, un certificat de travail qui les assigne à un employeur, car s'ils veulent changer d'emploi sans l'accord de leur employeur, ils doivent rembourser le montant de leur salaire annuel ; en Caroline du Sud, une loi interdit aux Afro-Américains d'exercer une profession autre qu'ouvrier agricole ou domestique à moins qu'ils ne paient une taxe annuelle de 10 $ à 100 $. Ces Codes noirs se développent dans les différents États du Sud et touchent l'ensemble de la vie sociale, professionnelle et civique des Afro-Américains, restreignant leurs droits à la propriété, à établir leur entreprise, à l'éducation, au mariage, etc. Elles s'appliquent d'autant plus facilement que les juges et les forces de polices locales sont des Blancs sudistes acquis aux thèses racistes.

Les enquêtes qui sont menées par la United States Congress Joint Committee on Reconstruction (Commission de la reconstruction), recueillent des témoignages accablants : il s'avère que les droits civiques des Afro-Américains sont foulés aux pieds, qu'ils continuent de vivre dans des conditions proches de l'esclavage, qu'ils sont l'objet de diverses attaques qui vont de l'insulte au meurtre, en passant par de fausses accusations de viols, que les agents du Bureau des réfugiés sont régulièrement assassinés ou intimidés. Ces enquêtes constatent l'existence de milices armées qui sèment la terreur. Le rapport se conclut par des résolutions qui vont préparer le Quatorzième amendement de la Constitution des États-Unis garantissant le droit des Afro-Américains mais aussi affirmant que nul ne peut être dépouillé du droit de propriété, de ses libertés fondamentales, que tout être humain a droit à la même protection juridique.

Alors que se tient la Commission de la reconstruction, la première émeute raciale éclate à Memphis du 1er au 3 mai 1866, à cause d'une arrestation arbitraire : le bilan se monte à deux morts et deux blessés du côté des Blancs et à quarante-six morts et quatre-vingts blessés du côté des Afro-Américains, cinq Afro-Américaines sont violées, douze églises et quatre écoles sont incendiées. Malgré le refus du maire John Park, le général George Stoneman intervient le troisième jour, instaure la loi martiale et fait défiler ses troupes comprenant des Afro-américains. Le 30 juillet 1866 éclate une nouvelle émeute raciale à La Nouvelle-Orléans. Le bilan de ce massacre fait état d'environ 30 morts chez les Afro-Américains, principalement des anciens combattants. Les bandes armées se durcissent, ainsi Ellis Harper, un ex-capitaine confédéré, mène une véritable guérilla, semant la terreur dans le Tennessee et le Kentucky.

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