Le Koweït (prononcé en français : /ko.wɛ(j)t/), en forme longue l'État du Koweït (en arabe : دولة الكويت, dawlat al-kuwayt), est un pays d'Asie occidentale et du Moyen-Orient. Situé au nord-est de la péninsule arabique, aux abords du golfe Persique, il partage ses frontières avec l'Arabie saoudite et l'Irak.
Au Koweït, le régime politique est une monarchie constitutionnelle héréditaire, avec un émir pour chef d'État (émirat), la religion d'État est l'islam, la langue officielle l'arabe, la monnaie nationale le dinar koweïtien et la capitale, qui est aussi la plus grande ville, est la ville de Koweït. Il obtient son indépendance du Royaume-Uni le 2 juin 1961.
Important producteur de pétrole, le Koweït est membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Par ailleurs, le pays ne compte ni cours d'eau ni lacs permanents ; les eaux souterraines sont les seules sources d'eau naturelle.
Al-Kuwayt (/al ku'wajt/, prononciation littéraire) signifie en arabe classique « la petite forteresse construite près de la mer ». Le nom est d'ailleurs morphologiquement un diminutif, sur le schème fuʿayl. La prononciation koweïtienne est [lɪkˈweːt].
L'adjectif dérivé est koweïtien, koweïtienne[réf. non conforme], qui substantivé avec majuscule donne le gentilé du politonyme (État du Koweït) un Koweïtien, une Koweïtienne. La prononciation se fait sur le modèle de Tahitien, Djiboutien, Béotien, capétien...
La baie de Koweït constitue le seul bon port naturel du fond du golfe Persique. Ses eaux, profondes et faciles d'accès, contrastent avec l'incommodité du Chatt-el-Arab et de Bassorah.
La ville historique fut appelée Grèn par les Perses, a été désignée sous le nom de Kuwayt (« l'embrasure ») par les marins, devenu Kouet, puis Koweït.
L'absence d'eau douce, et les précipitations quasi inexistantes, expliquent que le territoire est longtemps resté quasiment vide d'habitants sédentaires. Vers 1600, après le passage des Portugais, de l'eau pourra être acheminée par bateaux (boutres), dans de gros tonneaux en bois, pour approvisionner des chercheurs de perles, car cette ressource rare fut découverte à la fin du XVIe siècle le long de cette côte désertique. L'eau, indispensable à la vie, restera toujours difficile à obtenir pour les habitants locaux. L'eau sera essentiellement puisée dans les environs de Bassorah, et livrée ensuite un ou deux jours plus tard par boutres.
Historiquement rattaché à la Mésopotamie, le territoire qui constitue l'actuel état du Koweït, désertique, était presque vide d'habitants sédentaires. Vers 1600, quelques villages sont signalés sur la côte : les rares ressources sont la pêche, et la recherche de perles. Ces villages sont habités pendant la saison fraiche, entre novembre et mars, car la chaleur était trop forte le reste de l'année, et demandait une quantité d'eau plus forte, et les rares habitants se repliaient donc surtout vers Bassorah. La présence de l'Empire ottoman était toute relative. Vers 1680, des chercheurs de perles entreprennent de creuser des puits, et accèdent à la nappe phréatique, mais l'eau puisée sera très saumâtre (eau douce mélangée avec du sel). Les quelques puits vont alors permettre l'installation sur la côte d'une population permanente, et les livraisons d'eau douce à partir du port de Bassorah cessent. La ville de Koweït, petit port de pêche voit le jour vers 1685. Des Arabes de la région de Dhahran s'installent dans la ville.
Le Koweït actuel a été fondé par la famille d'Al Sabah en 1715. Au XVIIIe siècle, les voiliers koweïtiens font du commerce avec les Indes orientales.
En 1776, de nombreux marchands quittent Bassorah tombé aux mains de la Perse et s'installent dans la ville de Koweït. La Compagnie britannique des Indes orientales suit le mouvement, et est l'une des causes de l'enrichissement de cette ville.
En 1826, une flottille koweïtienne se lance à l'aide de la ville de Bassorah assiégée par des tribus. En 1841, un accord est conclu avec le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande pour cesser la traite des esclaves et garantir la sécurité des mers.
En 1856, une flottille de la Royal Navy fait escale dans la ville de Koweït, les Britanniques alors en guerre avec la Perse offrent leur protection et demandent l'établissement d'un dépôt de charbon, le cheik Djaber Ier refuse ces propositions mais accepte qu'aucune autre puissance, y compris l'Empire ottoman n'en installe. La souveraineté de celui-ci sur le Koweït est seulement nominale bien qu'en 1871 cette dernière l'institue sous pression militaire sous-préfecture et nomme sous-préfet le cheikh Abdallah Al-Sabah (en).[pas clair] En 1899, celui-ci conclut un traité de protectorat avec le Royaume-Uni. Le 13 novembre 1914, un traité d'alliance entre le Koweït et le Royaume-Uni est signé, et le Koweït entreprend des opérations contre l'Empire ottoman. À la suite de l'attaque d'un navire koweïtien sous pavillon turc, le cheik crée le premier drapeau koweïtien. Sous protectorat britannique après la guerre, les frontières avec l'Irak sont définies par le Protocole d'Uqair de 1922-1923, huit îles dont Bubiyan sont rattachées au Koweït.
Entre 1923 et 1940, les Britanniques refusent de rattacher le Koweït à l'Irak, car ils refusaient de voir l'émergence d'un nationalisme arabe indépendantiste[réf. nécessaire].
En juillet 1958, la chute de la monarchie en Irak, assimilée à « la chute d'un protectorat britannique » par les Irakiens, voit les premières revendications modernes de l'Irak sur le Koweït. Avec la chute du régime monarchique en Irak, les Britanniques décident d'attendre jusqu'en 1961 pour donner l'indépendance au Koweït.
La crise éclate le 2 août 1990, lorsque l'Irak, dirigé par le président Saddam Hussein, envahit et annexe le Koweït. Cette invasion a des causes lointaines et récentes. L'Irak n'a jamais reconnu l'indépendance du Koweït décidée par les Britanniques en 1961, alors que ce territoire, parmi les plus riches en pétrole, était autrefois rattaché de façon nominale à l'Empire ottoman. Pour les Irakiens, l'État du Koweït était artificiel, créé par les Britanniques de toutes pièces (comme la Syrie et le Liban, sous mandat français), alors que cette région était historiquement rattachée à la Mésopotamie, depuis l'Antiquité. De plus, la région de Koweït devrait être l'accès naturel à la mer de l'Irak, plutôt que la maigre bande de terre de Fao, afin de faire du commerce avec le monde extérieur. Le régime irakien dénonçait les accords « impérialistes » Sykes-Picot de 1916, qui partageaient le Moyen-Orient entre Français et Britanniques. D'autre part, Saddam Hussein reproche à l'émir Jaber III de contribuer par surproduction à une baisse des cours du pétrole, sous pression économique britannique et ainsi de priver l'Irak d'une partie de ses revenus, tandis que la guerre contre l'Iran, menée avec le soutien des monarchies arabes de la région, a nécessité d'importantes dépenses militaires, plongeant l'économie irakienne dans la crise. Les forces koweïtiennes sont rapidement débordées et la population soumise à un brutal régime d'occupation. L'Irak décrète officiellement que le Koweït redevient la 19e province irakienne, le 28 août. Entre août et novembre, le Conseil de sécurité des Nations unies entérine une série de résolutions, puis exige finalement de l'Irak un retrait inconditionnel et total du Koweït, le 15 janvier 1991, au plus tard. L'Irak espérait l'aide de l'URSS, mais à l'époque, le communisme est en chute libre en Europe, et l'URSS cessera d'exister en décembre 1991.
Sous l'égide des Nations unies, une coalition multinationale forte de 500 000 hommes provenant des armées de terre, de l'air et des forces navales — envoyées principalement par les États-Unis, l'Arabie saoudite, le Royaume-Uni, l'Égypte, la Syrie et la France (la division Daguet) — se constitue en vue de s'opposer à l'armée irakienne. Le rassemblement des troupes de la coalition, dans l'opération Bouclier du désert, est initialement destiné à protéger l'Arabie saoudite d'une autre attaque. Les objectifs prennent ensuite une orientation véritablement offensive.