Kouadio Konan Bertin, dit « KKB », né le 26 décembre 1968 à Lakota, est un homme politique ivoirien. Il est député de Port-Bouët de 2011 à 2016. Il est candidat indépendant aux élections présidentielles de 2015 et en 2020. De décembre 2020 à octobre 2023, il est ministre de la Réconciliation et de la Cohésion nationale dans les gouvernements Achi I et II. Le 20 juin 2024, KKB est nommé ambassadeur de la Côte d'Ivoire au Gabon avec résidence à Libreville.
Né à Lakota, dans le sud de la Côte d'Ivoire, d’une mère dida et d’un père planteur de cacao baoulé, Kouadio Konan Bertin se considère comme « le fruit d’un métissage ivoirien ». Il est l'aîné d'une fratrie de six enfants.
Étudiant à l'université d'Abidjan, il s'oppose à la toute-puissance de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (FESCI) qu'il juge trop radicale, et crée en 1994 la Cellule de réflexion et d'actions concrètes (CERAC).
Il se considère comme « un pur produit de l’enseignement public ivoirien d’avant la crise ».
Militant de l'organisation de Jeunesse du PDCI créée en 1991, il soutient l'action du président Félix Houphouët-Boigny puis du président Henri Konan Bédié qui lui succède à sa mort le 7 décembre 1993.
Kouadio Konan Bertin émerge sur la scène politique à la suite du coup d'État du général Guéï contre le président Henri Konan Bédié, le 24 décembre 1999.
KKB, alors quasiment inconnu et absent des instances du parti, mobilise les étudiants et se dresse contre la junte militaire en exigeant le retour du Président exilé en France, et ce alors que les pontes du PDCI veulent « enterrer » discrètement ce dernier en lui ôtant la tête du parti.
Par ses prises de position publiques, Kouadio Konan Bertin gagne en audience dans le cœur des militants du PDCI. En 2003, après le retour d'exil d'Henri Konan Bédié, KKB se rapproche de lui et est élu président des Jeunes du PDCI. Il le considère comme son père politique et le choisit pour être témoin à son mariage.
Il soutient la candidature de Henri Konan Bédié à l'élection présidentielle de 2010 (qui aboutit à la victoire d'Alassane Ouattara, RDR).
Lors des élections législatives de 2011, Kouadio Konan Bertin est élu député de la commune de Port-Bouët avec 93,81 % des suffrages. Son mandat à la présidence des Jeunes du PDCI se termine en 2013.
En 2013, il crée l’émoi en voulant briguer la tête du parti à l’occasion du congrès ordinaire face à ce même Henri Konan Bédié, théoriquement exclu de la course par la limite d'âge.
Opposant à l'« appel de Daoukro » et candidat à l'élection présidentielle de 2015
Le 17 septembre 2014, le président du PDCI prononce « l’appel de Daoukro », dans lequel il appelle à se rallier, bien avant le premier tour, à la candidature d'Alassane Ouattara pour l'élection présidentielle de 2015, une décision qui provoque une grave crise au sein du parti et que KKB considère comme une trahison.
Dès le 5 décembre 2014, KKB annonce sa candidature à l'élection présidentielle. Interrogé sur le sens de sa démarche, il se justifie en expliquant qu'il est le candidat pour sauver le PDCI car ne pas avoir de candidat en 2015, c’est participer ensemble à la mise à mort du parti.
Le 26 février 2015, soit deux jours avant le congrès du PDCI qui doit officiellement valider la candidature d'Alassane Ouattara comme candidat unique du RHDP, KKB et trois autres personnalités du parti (l'ancien Premier ministre Charles Konan Banny, l'ex-ministre des Affaires étrangères Essy Amara et le député Jérôme Kablan Brou) annoncent leur décision de ne pas se rendre à l'évènement. Cette fronde n'empêche pas la décision de ne pas présenter de candidat d'être approuvée par 98,84 % des militants du PDCI lors du congrès (dans une « atmosphère aux accents soviétiques »).
Toutefois, KKB refuse de quitter le PDCI, arguant du fait que « créer un nouveau parti, ce serait trahir Félix Houphouët Boigny ».
Le scrutin se déroule le 25 octobre 2015. Alassane Ouattara recueille 83,66 % des suffrages et devance le candidat du FPI, Pascal Affi N’Guessan (9,29 %). Kouadio Konan Bertin, quant à lui, n'obtient que 3,88 %.
Réconciliation avec Henri Konan Bédié