Kofi Annan (/ˈkoʊfi ˈænæn/), né le 8 avril 1938 à Kumasi (Côte-de-l'Or) et mort le 18 août 2018 à Berne (Suisse), est un diplomate ghanéen.
Il est le septième secrétaire général des Nations unies et le premier à sortir des rangs du personnel de l'organisation. Il occupe cette fonction de 1997 à 2006. Le 10 décembre 2001, il reçoit le prix Nobel de la paix.
Kofi Atta Annan naît le 8 avril 1938 à Kumasi ancienne capitale de l'empire Ashanti alors colonie britannique de la Côte-de-l'Or, dans une tribu aristocratique.
Il étudie le droit à l'université de science et de technologie de Kumasi (Ghana) puis au Macalester College de Saint Paul (États-Unis) en 1961, grâce à une bourse de la fondation Ford qui finance une partie de sa scolarité. Il y achève son baccalauréat universitaire (équivalent du niveau licence en France) d'économie. Il entre ensuite à l'Institut de hautes études internationales de l'université de Genève en Suisse (1961-1962) où il obtient son diplôme d'études approfondies et, après quelques années d'expérience professionnelles, au Massachusetts Institute of Technology (MIT, 1971-1972, Annan obtient son diplôme de maîtrise en sciences de gestion au MIT.
Premières années aux Nations Unies
Kofi Annan commence à travailler pour l'Organisation mondiale de la santé en 1962 comme fonctionnaire d'administration et du budget. Depuis, il a été en poste à la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, à Addis-Abeba en Éthiopie, à la Force d'urgence des Nations unies (FUNU II) à Ismailia, au haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Genève, puis au Siège des Nations unies à New York, comme sous-secrétaire général à la gestion des ressources humaines et coordonnateur des Nations unies pour les questions de sécurité (1987-1990), puis comme sous-secrétaire général à la planification des programmes au budget et à la comptabilité, puis contrôleur (1990-1992). En 1990, après l'invasion du Koweït par l'Irak, Annan reçoit du secrétaire général pour mission spéciale d'organiser le rapatriement de l'Irak de plus de 900 fonctionnaires internationaux et ressortissants de pays occidentaux. Il dirige ensuite la première équipe des Nations unies chargée de négocier avec l'Irak sur la question de la vente du pétrole pour financer l'aide humanitaire. Son fils est alors impliqué dans le scandale pétrole contre nourriture, ce qui affecte Kofi Annan, mais il en sort finalement blanchi par une commission d'enquête.
En 1993, il est promu sous-secrétaire général de Boutros Boutros-Ghali, responsable du département du maintien de la paix. Il est critiqué pour sa passivité lors du génocide au Rwanda, ce dont il s'excuse ensuite en 1999. En août 1995, il donne son accord pour que l'OTAN bombarde des positions serbes en Bosnie, l'opération permettant ensuite de conclure les accords de Dayton. Les États-Unis le soutiennent alors pour succéder à Boutros Boutros-Ghali.
Il commence son premier mandat de secrétaire général de l'ONU le 1er janvier 1997. Son élection est accueillie avec enthousiasme par les États-Unis, qui ont favorisé la non-réelection de son prédécesseur Boutros Boutros-Ghali. À l'inverse, la France accueille avec réticence son arrivée, qu'elle considère comme le résultat d'un coup de force américain pour évincer le francophone Boutros-Ghali. Selon l'historienne Chloé Maurel, il doit sa très bonne connaissance du fonctionnement des instances onusiennes au fait qu'en devenant Secrétaire général de l'ONU en 1997, il travaille déjà depuis 35 ans dans le système des Nations unies. Il va alors devenir le plus énergique et charismatique des Secrétaires généraux.
Le 29 juin 2001, sur recommandation du Conseil de sécurité, l'Assemblée générale le réélit par acclamation pour un second mandat, qui débute le 1er janvier 2002 et qui s'achève au 31 décembre 2006.
Il reprend la formule historique de l'ancien président des États-Unis Harry Truman dont il invite les dirigeants actuels à suivre l'exemple : « la responsabilité des grands États est de servir et non pas de dominer les peuples du monde ».
Tout au long de son mandat, Kofi Annan tente de faire de l'ONU l'acteur principal des négociations en vue de maintenir la paix et la stabilité au Moyen-Orient, quitte parfois à se heurter aux ambitions des grandes puissances mondiales comme les États-Unis.
En 1998, il va à Bagdad tenter une médiation avec le président Saddam Hussein, accusé par les États-Unis de Bill Clinton et le Royaume-Uni de Tony Blair de cacher des armes chimiques. La rencontre est un succès. L'entrevue est toutefois très critiquée par la droite américaine, qui l'accuse d'avoir « pactisé avec le diable »
Kofi Annan parvient à faire de l'ONU l'interlocuteur unique des négociations de paix au Liban. En mai 2000, Kofi Annan, avec l'appui du Norvégien Terje Roed-Larsen, obtient d'Israël le retrait de son armée du Sud-Liban.
En octobre 2000, un mois après le début de la seconde intifada, Kofi Annan convoque à Sharm el-Sheikh un sommet réunissant le président de l'Autorité Palestinienne Yasser Arafat ainsi que des représentants de l'Union européenne, de la Russie et des États-Unis. Ce sommet événement fondateur de la naissance du quartet pour le Moyen-Orient, un organisme multilatéral chargé d'organiser les négociations dans le cadre du conflit israélo-palestinien.
Il critique la guerre en Irak menée par les États-Unis de George W. Bush, avec lequel il s'entend pourtant bien, et rejoint les efforts du président français Jacques Chirac dans son opposition au conflit.
À la suite du référendum sur l'indépendance du Timor oriental face au contrôle indonésien, le 30 août 1999, il annonce le 4 septembre que 78,5 % des votants ont opté pour l'indépendance. S'ensuit alors une grave crise menant à la création de l'INTERFET pour stabiliser le pays et l'ATNUTO pour l'administrer jusqu'à l'indépendance de mai 2002.
En 2000, il propose au président du Zimbabwe Robert Mugabe de se retirer du pouvoir en contrepartie d'un asile politique et de compensations financières.
En octobre 2005, Kofi Annan contribue à forger et à faire valider par l'Assemblée générale des Nations unies le concept de « responsabilité de protéger », dans le but de permettre à l'ONU d'avoir un pouvoir d'initiative face aux grandes crises humanitaires. Ce concept permet, et impose, aux Nations unies d'utiliser tous les,moyens diplomatiques, humanitaires et militaires possibles, dans un cadre pacifique, pour protéger des populations victimes de crimes de masse.