Ce Jour-là

Klaus Kinski

Acteur allemand

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Klaus Nakszynski, dit Klaus Kinski, est un acteur allemand, né le 18 octobre 1926 à Zoppot, dans le territoire de Dantzig (aujourd'hui Sopot en Pologne), et mort le 23 novembre 1991 à Lagunitas en Californie.

Réputé pour son jeu d'acteur très intense et célèbre pour sa personnalité volatile, il a joué dans plus de 130 films pendant une carrière s'étalant sur 40 ans de 1948 à 1988. Il est notamment connu pour avoir joué de 1972 à 1987 dans cinq films de Werner Herzog — Aguirre, la colère de Dieu, Nosferatu, fantôme de la nuit, Woyzeck, Fitzcarraldo, et Cobra Verde —, qui racontera plus tard leur relation tumultueuse dans le documentaire Ennemis intimes.

Les rôles de Kinski couvrent plusieurs genres, langues et nationalités, notamment des westerns spaghetti, des films d'horreur, des films de guerre, des drames, et des kriminalfilms d'Edgar Wallace. Sa célébrité grandit grâce à un certain nombre d'efforts créatifs excentriques, y compris un spectacle en solo basé sur la vie de Jésus-Christ, un biopic du violoniste Niccolò Paganini réalisé par lui-même et avec lui-même dans le rôle principal, et plus de vingt albums de déclamation.

Kinski est sujet à des explosions émotionnelles souvent violentes visant ses réalisateurs et ses collègues acteurs, des problèmes compliqués par des antécédents de troubles psychiques. Herzog le décrit comme « l'un des plus grands acteurs du siècle, mais aussi comme un monstre et une grande peste ». Il décrit également la technique d'entrée dans le champ de la caméra développée par l'acteur. En effet, plutôt que d'entrer directement devant l'objectif, il préfère se positionner sur le côté de la caméra et se dévoiler progressivement à l'image en pivotant sur lui-même, ce qui apporte une tension mystérieuse. Dans son autobiographie, Herzog nomme cette technique la « spirale de Kinski ».

Sa notoriété et sa production prolifique se sont développées en un culte et une réputation d'icône populaire. Après sa mort, ses filles Pola et Nastassja, elles-mêmes actrices, l'accusent d'abus physiques et sexuels.

Jeunesse et Seconde Guerre mondiale

Klaus Günter Karl Nakszynski naît le 18 octobre 1926 à Zoppot près de Dantzig (aujourd'hui Sopot en Pologne). Il est le fils de Bruno Nakszyński (1872-1945), pharmacien, et de son épouse Susanne Eva Nakszyński (1898-1945), née Lutze, infirmière. Il est le plus jeune de quatre enfants, après Inge, Arne et Hans-Joachim, surnommé « Achim ». En 1930, sa famille déménage à Berlin où elle réside d'abord dans une « maison berlinoise » (Berliner Haus, immeuble de rapport typique de la ville).

Selon Kinski, l'appartement où il vit avec sa famille était dans un état d'hygiène déplorable, infestée de cafards, de punaises et de rats, et dépourvue de salle de bain ou de toilettes propres. Après avoir été expulsés pour loyers impayés, la famille emménage dans un appartement au 3 Wartburgstraße à Berlin-Schöneberg.

Kinski affirme avoir dû gagner sa vie dès l'école, travaillant comme cireur de chaussures, garçon de courses et laveur de cadavres, bien que ces affirmations ne soient pas vérifiées. Il prétend aussi s'être adonné au vol, notamment de nourriture et de bijoux, durant son enfance . Cependant, ses frères aînés contestent ses dires sur la pauvreté familiale, décrivant plutôt une famille « de classe moyenne » où Klaus était « particulièrement entouré d'attention ».

Quoi qu'il en soit, le fait est que le jeune Kinski fréquente le Prinz-Heinrichs-Gymnasium (de) avant d'interrompre sa scolarité à cause de la Seconde Guerre mondiale. Il est en effet enrôlé en 1944, à l'âge de 17 ans, dans une unité de parachutistes de la Wehrmacht. Dans ses mémoires, il écrit : « Quand je lis l'ordre d'affectation, je pleure. [...] Je ne veux ni tuer ni être tué ». Sur le front de l'Ouest aux Pays-Bas, il est capturé par les Britanniques et devient prisonnier de guerre. Bien que les circonstances exactes de sa capture ne soient pas entièrement claires, celle-ci a probablement eu lieu le 14 novembre 1944 près de Helmond par la 2e armée britannique. Dans ses écrits, Kinski affirme avoir déserté fin octobre 1944, mais avoir été capturé et condamné à mort pour désertion. Il raconte avoir offert des rapports anaux au soldat chargé de sa surveillance, qui s'est révélé être homosexuel, puis l'avoir assommé pour s'enfuir à nouveau. Il se cache sans arme dans un trou, où il est d'abord grièvement blessé puis capturé par des soldats britanniques ou canadiens . Souffrant de deux blessures par balle à l'épaule et au bras, il passe ensuite 14 semaines dans un hôpital militaire.

En février ou mars 1945, Kinski est transféré d'un camp en Allemagne vers le « Camp 186 » à Berechurch Hall, près de Colchester, dans l'Essex. C'est là qu'il joue, le 11 octobre 1945, son premier rôle théâtral dans la pièce grotesque (en) Pech und Schwefel (lit. « Poix et soufre », mais qui se traduirait plutôt en français par « Comme cul et chemise ») sur la scène provisoire du camp, dirigée par l'acteur et metteur en scène Hans Buehl. Lors des représentations suivantes, il interprète régulièrement des rôles féminins. Après avoir frappé un autre acteur après une répétition, il est contraint de quitter le groupe et rejoint une troupe de cabaret au sein du camp.

Au printemps 1946, il fait partie des derniers prisonniers à être renvoyés en Allemagne occupée. Selon son propre récit, il passe d'abord six semaines « sauvages » à Heidelberg avec une prostituée de seize ans qu'il a rencontrée dans le train, mais qu'il quitte pour aller travailler dans des théâtres à Tübingen et Baden-Baden, où il apprend la mort de sa mère lors d'un raid aérien sur Berlin. Plus tard, il découvre que son père est mort de maladie et a été enterré dans un camp de prisonniers de guerre à Marienbad en Tchécoslovaquie. À l'automne, il se rend illégalement à Berlin.

À partir de 1946, bien que n'ayant pas reçu de formation classique, Kinski travaille comme acteur dans des théâtres berlinois de renom, d'abord au Schlosspark Theater dirigé par Boleslaw Barlog. Après avoir brisé les vitres du théâtre dans un accès de colère, Barlog le renvoie. Devenu chômeur, Kinski suit brièvement les cours de l'école de théâtre de Marlise Ludwig (de), où il répète des scènes de Roméo et Juliette de William Shakespeare avec Harald Juhnke (de), entre autres. C'est à cette époque qu'il adopte le pseudonyme de « Klaus Kinski ». Le public berlinois le découvre en 1947 dans deux pièces de Jean Cocteau : La Machine à écrire, puis La Voix humaine, un long monologue dans lequel il incarne le rôle d'une femme désespérée, et dont la représentation fait scandale. Cette même année, il effectue un essai pour Roberto Rossellini qui prépare son film Allemagne année zéro. Un contrat au théâtre l'empêchera de se libérer pour le tournage[réf. nécessaire].

Dans sa vie privée, Kinski entretient des relations avec des milieux interlopes berlinois. Il vit temporairement chez le metteur en scène, peintre et scénographe Eduard Matzig, dans la colonie d'artistes de Berlin (de), au Laubenheimer Platz. Il obtient son premier rôle au cinéma dans Morituri, tourné entre septembre 1947 et janvier 1948. Le film, produit par Artur Brauner et réalisé par Eugen York, raconte l'histoire de prisonniers évadés de camps de concentration qui se cachent des Allemands. Le film est controversé ; il reçoit des lettres de menace et un cinéma de Hambourg est détruit.

En 1950, Kinski passe trois jours en traitement psychiatrique à la clinique Karl-Bonhoeffer (de) de Berlin après avoir harcelé et agressé physiquement une médecin de sa connaissance et tenté de se suicider avec des médicaments. Cela devient connu en 2008 grâce à la publication controversée d'un dossier médical découvert cette année-là, soulevant des questions sur la protection des données. La veuve de Klaus Kinski, Minhoï Loanic, porte plainte contre les Archives nationales de Berlin (de), le groupe hospitalier Vivantes (de) et « toutes les autres personnes concernées » après la publication. Le parquet classe l'affaire sans suite, invoquant une « erreur sur l'interdiction (de) ».

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