Klaus Iohannis (prononcé en roumain : /ˈkla.us joˈhanis/), né le 13 juin 1959 à Sibiu, est un homme d'État roumain, président de Roumanie du 21 décembre 2014 au 12 février 2025.
Professeur de physique, issu de la minorité des Saxons transylvains, il s'engage en politique après la révolution roumaine de 1989 en rejoignant le Forum démocratique des Allemands de Roumanie (FDGR).
En 2000, il est élu maire de Sibiu, sa ville natale. En 2013, il adhère au Parti national libéral (PNL), formation de centre droit dont il devient président l'année suivante.
Candidat pro-européen à l'élection présidentielle de 2014, il l'emporte au second tour avec 54 % des voix face au Premier ministre social-démocrate, Victor Ponta, présenté comme le favori du scrutin. Devenu le premier chef d'État issu d'une minorité de Roumanie, Iohannis est réélu au second tour de l'élection de 2019 avec 66 % face à Viorica Dăncilă.
Alors qu'avec son homologue moldave Maia Sandu, il fait partie des soutiens les plus actifs de l'aide à l'Ukraine pendant la guerre russo-ukrainienne, il échoue à devenir secrétaire général de l'OTAN et la fin de sa présidence est marquée par une forte impopularité. Son second mandat est cependant prolongé de plusieurs mois en raison de l'annulation de l'élection présidentielle roumaine de 2024 par la cour constitutionnelle, en raison des fraudes imputées au candidat pro-russe Călin Georgescu au moyen, entre autres, de l'usage intensif du réseau social TikTok. Menacé de destitution par le Parlement, Iohannis choisit de démissionner.
Klaus Werner Iohannis est né le 13 juin 1959, dans une maison du centre historique de Sibiu. L'orthographe originale de son nom (qui est allemand) est « Johannis », mais le nom a été enregistré par un officier d'état civil comme « Iohannis » sur son acte de naissance. Il parle l'allemand et le roumain, ainsi que l'anglais.
Ses parents, Susanne et Gustav Heinz Johannis, sont issus de la minorité allemande de Transylvanie. Il a une sœur plus jeune, Krista Johannis (née en 1963). Son père a travaillé comme technicien dans une entreprise, tandis que sa mère était infirmière. En 1992, ses parents décident d'émigrer vers l'Allemagne et de s’installer à Wurtzbourg, comme une majorité de saxons après la chute du rideau de fer. Cependant, Iohannis choisit de rester vivre et de travailler en Roumanie. Il a déclaré dans un entretien que sa famille vit à Cisnădie depuis le XVIe siècle.
En 1989, il épouse Carmen Lăzurcă, professeur d'anglais au collège national Gheorghe Lazăr de Sibiu ; ils n'ont pas d'enfant. Iohannis est membre de l'Église évangélique de la confession d'Augsbourg de Roumanie, l'église luthérienne germanophone de Transylvanie.
Carrière dans le système scolaire
Après avoir été diplômé de la faculté de physique de l'université Babeș-Bolyai de Cluj-Napoca, Klaus Iohannis passe son doctorat. Il est professeur de physique du secondaire dans diverses écoles et collèges à Sibiu, notamment, de 1989 à 1997, au collège national Samuel von Brukenthal, la plus ancienne école germanophone en Roumanie. De 1997 à 1999, il est inspecteur général adjoint de l'école de Sibiu, et de 1999 jusqu'à son élection comme maire, en 2000, il est inspecteur scolaire général, chef des écoles publiques du județ de Sibiu.
Il rejoint le Forum démocratique des Allemands de Roumanie (FDGR/DFDR), parti politique roumain représentant la minorité allemande, en 1990. Il siège au conseil d'administration de l'éducation en Transylvanie à partir de 1997 et au conseil local du parti à Sibiu à partir de 1998.
En 2000, le FDGR à Sibiu l'investit candidat à la mairie. Bien que la part de la minorité allemande dans la population totale de Sibiu soit descendue à 1,6 %, Iohannis est élu avec 69,18 % des voix. Il est ainsi le premier maire d'origine allemande d'une ville roumaine depuis Alfred Dörr, qui fut maire de Sibiu de 1940 à 1945, mais dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale, alors que la Wehrmacht occupait le pays, et que le dictateur fasciste Ion Antonescu était l'allié du Troisième Reich.
Klaus Iohannis est facilement réélu en 2004, avec 88,7 % des voix. En 2008, il remporte un troisième mandat avec 87,4 %, puis un quatrième en 2012, réalisant un score de 78,4 %.
En tant que maire, il réussit à relancer la restauration des infrastructures de la ville, de son centre historique et à effectuer un resserrement de l'administration municipale. Iohannis est également largement crédité de faire de la ville l'une des plus populaires destinations touristiques de la Roumanie grâce à la rénovation complète du centre ancien. Il établit des contacts avec de nombreux investisseurs étrangers. Sibiu est désignée capitale européenne de la culture en 2007, avec Luxembourg, qui choisit de partager ce statut avec Sibiu du fait que beaucoup des Saxons de Transylvanie ont émigré au XIIe siècle depuis ce qui est aujourd'hui le Luxembourg jusqu'en Transylvanie.
Le 4 novembre 2005, Iohannis est désigné « personnalité de l'année pour une Roumanie européenne » (en roumain : Personalitatea anului pentru o Românie Europeană) par l'organisation Eurolink - Maison de l'Europe.
Le 14 octobre 2009, au lendemain du renversement du gouvernement du libéral-démocrate Emil Boc, il est proposé comme candidat au poste de Premier ministre par le Parti social-démocrate (PSD), le Parti national libéral (PNL) et l'Union démocrate magyare de Roumanie (UDMR/RMDSZ), majoritaires au Parlement roumain. Sa candidature est rejetée le lendemain par le président Traian Băsescu.
Il décide de rejoindre le PNL le 20 février 2013 et se voit aussitôt nommé premier vice-président du parti, sous la présidence de Crin Antonescu. Ce dernier ayant démissionné le 31 mai 2014, Klaus Iohannis est élu le 28 juin suivant pour prendre sa succession.
Le 25 février 2014, le Parti national libéral annonce son départ du gouvernement, en réaction au refus de Victor Ponta de désigner Klaus Iohannis comme ministre de l'Intérieur.