Kléber Haedens, né le 11 décembre 1913 à Équeurdreville (Manche) et mort le 13 août 1976 à Aureville (Haute-Garonne), est un écrivain français, romancier, essayiste et journaliste.
Kléber Haedens naît le 11 décembre 1913 à Équeurdreville (Manche), fils d'un officier d'artillerie coloniale. Il passe une grande partie de sa jeunesse à Libourne (Gironde), où son père est affecté au 58e régiment d'artillerie coloniale. Scolarisé à l'institution Montesquieu de Libourne, il y a notamment pour professeur l'abbé André Lacaze, ami d'enfance de François Mauriac. Issu d'un milieu familial décrit comme étriqué, conformiste et « bien-pensant », Haedens souffre longtemps de la « douce tyrannie familiale » et du manque de culture livresque dans sa maison : ses parents, marqués par les valeurs militaires et bourgeoises, ne possèdent quasiment aucun livre et sa mère se flatte de n'en avoir jamais lu. Destiné initialement à une carrière militaire puis, devant son manque d'intérêt pour cette voie, au commerce ou à l'industrie, il ressent profondément ce conformisme. Cette enfance marquée par l'absence de livres et la pression des attentes parentales nourrit une révolte joyeuse et une curiosité tous azimuts, thèmes récurrents dans son œuvre. Il règle ses comptes avec ce milieu dès son premier roman, L'École des parents (1937, prix Cazes), transposant Libourne en « Livrac », avant de revenir beaucoup plus tard sur cette période dans son dernier livre, Adios (1974), portrait à la fois tendre, féroce et nostalgique de son enfance et adolescence. Il poursuit ensuite ses études au Prytanée national militaire de La Flèche, établissement correspondant aux ambitions familiales initiales, puis intègre l'École supérieure de commerce de Bordeaux (ESC Bordeaux). Très rapidement, il délaisse ces voies « sérieuses » pour se tourner vers le journalisme et la littérature.
Membre de l'Action française dans les années 1930, il collabore à de nombreuses publications parmi lesquelles les périodiques Aux écoutes de Paul Lévy et Je suis partout, les revues de la Jeune Droite L'Insurgé (avec Maurice Blanchot, Jean-Pierre Maxence et Thierry Maulnier) et Combat et le quotidien L'Action française (chroniques sportives et littéraires).
Replié à Lyon pendant l'Occupation, il est alors, avec Michel Déon, un des secrétaires particuliers de Charles Maurras tout en continuant à écrire dans L'Action française et dans d'autres périodiques comme Compagnons du mouvement Jeune France ou la revue Idées. Au sein de Jeune France, il manifeste son désaccord sur l’organisation d’un 14 juillet républicain, alors recommandé par la radio de Londres, et est écarté par la direction, alors dominée par Pierre Schaeffer et la rédaction d’Esprit.
Il publie en 1943 chez Julliard une Histoire de la littérature française.
À la Libération, il travaille pour l'éditeur Robert Laffont tout en tenant la critique dramatique d'Aspects de la France, journal néo-maurrassien animé par Pierre Boutang.
En 1947, Sacha Guitry et René Benjamin, en conflit avec les autres membres de l'académie Goncourt à laquelle ils appartiennent encore, décident de lui attribuer un prix Goncourt dissident, le prix « Goncourt hors Goncourt » pour son roman Salut au Kentucky. Ce qui fait l'objet d'un procès retentissant que l'Académie intente aux deux dissidents et à l'éditeur Robert Laffont, lesquels le perdent.
Il collabore également à Paroles françaises un journal de droite publié en France après 1944, puis à France Dimanche, Paris-Presse et au Nouveau Candide (de 1961 à 1968).
En 1951, Kléber Haedens épouse Caroline, qui devient le centre de sa vie personnelle. Peu après leur mariage, le couple quitte Paris pour s'installer à La Bourdette, une petite ferme du Lauragais à Aureville près de Toulouse. Cette demeure devient un lieu emblématique d'accueil et de gastronomie, où se retrouvent régulièrement des écrivains et amis comme Antoine Blondin, Roger Nimier, Michel Déon, Paul Morand, Jean d'Ormesson ou Jean-Loup Dabadie. Caroline Haedens, excellente cuisinière, publie même un livre de recettes intitulé La Cuisine des quatre saisons (Gallimard, réédité à La Table Ronde avec des préfaces de son mari et d'Henri Gault).
Leur union, profonde et heureuse, s'achève avec la mort de Caroline au milieu des années 1970, après une maladie fulgurante. Cette perte marque profondément Haedens, qui l'évoque avec émotion dans son dernier roman Adios (1974), riche d'éléments autobiographiques (notamment la métaphore des « yeux bleus » devenus « gris »).
En 1968, il participe avec Thierry Maulnier, Marcel Pagnol, Pierre de Bénouville et beaucoup d'autres au comité Charles-Maurras, présidé par le duc Antoine de Lévis-Mirepoix à l’occasion du centenaire de la naissance de Maurras.
Ami d'Antoine Blondin, de Michel Déon et de Roger Nimier, il est souvent rattaché à l'école littéraire des « Hussards ».
1937 : prix Cazes pour L'École des parents
1966 : prix Interallié pour L'été finit sous les tilleuls
1966 : prix de l'académie de Saintonge pour L'été finit sous les tilleuls
1971 : Prix de la critique de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre
1974 : Grand prix du roman de l'Académie française pour Adios.
En 1974, les Écossais de l'académie du Pure Malt décernent à Kleber Haedens le Glenfiddich Award à la Tour d'Argent.