Les Kiribati (prononcé /kiʁibas/, erronément /kiʁibati/ par prononciation orthographique), en forme longue la république de Kiribati ou la république des Kiribati (en gilbertin : Kiribati ; en anglais : Republic of Kiribati), anciennement connues sous le nom des îles Gilbert, sont un État archipélagique en Océanie, composé de trois archipels de l'océan Pacifique : les îles Gilbert proprement dites, les îles Phœnix et la majeure partie des îles de la Ligne ainsi que de Banaba.
Les Kiribati sont constituées par ces trois archipels principaux, comprenant en tout 32 atolls et Banaba, une « île haute », située plus à l'écart, plus proche de Nauru que de Tarawa.
Les Kiribati se trouvent à cheval sur l'équateur et sur l'antiméridien 180°, à la fois en Polynésie et en Micronésie. Les îles Gilbert se situent au sud-sud-est des îles Marshall, au nord-est des îles Salomon et au nord-nord-ouest des Tuvalu. Les îles Phœnix, quant à elles, sont situées au nord de Tokelau et au sud-est des îles américaines Baker et Howland. Enfin, les îles de la Ligne, les plus orientales, se situent au nord-nord-ouest de Bora-Bora et de Tahiti, en Polynésie française, et au sud de l'archipel d'Hawaï. La capitale, Tarawa-Sud, qui regroupe plus de la moitié de la population de la république (2020), dans le nord des îles Gilbert, se situe à 670 km au sud-sud-est de Delap-Uliga-Darrit aux îles Marshall, à 1 294 km au nord de Funafuti aux Tuvalu et à 1 871 km au nord-est de Honiara aux îles Salomon.
Si l'étroitesse des terres émergées en fait l'un des plus petits pays du monde (811 km2), la dispersion des îles permet aux Kiribati de revendiquer une zone maritime de 3 550 000 km2. Une superficie de 11 % de ce territoire, soit 410 500 km2, fait l'objet depuis 2008 de mesures de protection sous le nom d'« aire protégée des îles Phœnix » (l'une des trois plus grandes aires protégées au monde).
En gilbertin, la syllabe -ti transcrit le son /s/. /kiribas/ est donc la prononciation la plus proche de la prononciation native.
Le nom actuel des Kiribati a été choisi lors de l'indépendance en 1979. C'est la façon en gilbertin de prononcer et d'écrire le mot anglais Gilberts (Gilberts ou Gilbert Islands est le nom anglais des îles Gilbert).
En 1820, ces îles avaient été nommées ainsi, mais en français, par l'amiral russe germano-balte Johann Adam von Krusenstern, dénomination confirmée par le capitaine français Louis Duperrey. Ce nom avait été choisi en référence au capitaine britannique Thomas Gilbert qui, de concert avec John Marshall, avait croisé en 1788 certaines îles de l'archipel lors de leur passage entre Port Jackson et Canton. Les cartes publiées par Krusenstern et Duperrey étaient rédigées en français. Cependant une tradition anglo-américaine, notamment après l'expédition Wilkes, a parfois consisté à les désigner sous le nom d'îles Kingsmill, comme elles figurent à la fin du roman Moby-Dick d'Herman Melville, nom qui a été peu à peu supplanté par celui de Gilbert, comme dans l'arrêté en conseil britannique du Pacifique occidental (1877) ou encore l'arrêté en conseil du Pacifique de 1893. Le nom du protectorat britannique de 1892 comporte donc le nom des îles Gilbert ainsi que dans celui de la colonie britannique de 1916, les îles Gilbert et Ellice. Il demeure son nom après la séparation des Tuvalu, intervenue en octobre 1975. Le gentilé Kiribati apparaît à l'écrit dès 1895, mais ne décrit pas le nom du pays. Sa première mention dans un dictionnaire comme nom de l'archipel figure dans le Dictionnaire gilbertin-français d'Ernest Sabatier de 1952.
Il a été parfois souligné que le nom vernaculaire des îles Gilbert, antérieur à la colonisation, était bien Tungaru, mais sir Ieremia Tabai, le dernier ministre en chef de la colonie et futur premier chef de l’État, lui a alors préféré la forme Kiribati, en raison de la proximité graphique de Tungaru avec Tuvalu et Tonga mais aussi en raison de sa distance avec le mouvement associatif culturel Tungaru de Reuben Uatioa qui avait donné naissance en 1965 au premier parti nationaliste de l'archipel, le Gilbertese National Party (en).
Les Kiribati sont habitées depuis environ deux mille ans, peut-être davantage, par un peuple austronésien, parlant une seule et même langue océanienne, le gilbertin, en contact épisodique avec des Samoans, des Tongiens et des Fidjiens.
À l'écart des principales routes océaniennes, les futures Kiribati n'ont été découvertes par des explorateurs européens qu'assez tardivement, de façon exhaustive seulement au tout début du XIXe siècle. Elles doivent leur nom d'îles Gilbert à l'amiral Adam Jean de Krusenstern qui les baptisa ainsi, en français, vers 1820, du nom du capitaine de la Royal Navy Thomas Gilbert qui les avait traversées de conserve avec le capitaine John Marshall, sans y faire escale, en 1788.
En 1892, le Royaume-Uni place sous son protectorat les îles Gilbert, les îles Ellice (devenues aujourd'hui Tuvalu) mais aussi les îles de l'Union (jusqu'en 1925-1948, devenues depuis Tokelau). Les îles Gilbert et Ellice deviennent le 12 janvier 1916 une colonie britannique, comprenant également l'île Ocean (devenue Banaba en 1979), Fanning et Washington (depuis 1901), ainsi que Christmas (à partir de 1919).
La colonie des îles Gilbert subit l'occupation japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale, à partir de la fin 1941. La sanglante bataille de Tarawa y met partiellement fin en novembre 1943. Ocean, alors capitale de la colonie, n'est libérée qu'en août 1945, après des crimes contre l'humanité. La population de l'île Ocean ayant survécu est alors déportée sur Rabi (Fidji) fin 1945.
Peu à peu, après une brève occupation militaire américaine et le retour des Britanniques, une certaine autonomie est progressivement concédée à ces territoires épars. En 1978, l'indépendance est définitivement accordée aux îles Ellice, séparées des Gilbert depuis octobre 1975 (de facto au 1er janvier 1976), et qui prennent alors le nom de Tuvalu (« huit îles ensemble »). Les Kiribati accèdent à leur tour à leur indépendance sous leur nouveau nom le 12 juillet 1979, une fois réglé le contentieux de l'île Ocean.
Depuis son indépendance, la république connaît une renaissance culturelle polynésienne, une vie politique démocratique, et devient membre des Nations unies en 1999. Teburoro Tito, président réélu pour un troisième et dernier mandat, est remplacé par l'opposant Anote Tong, du parti Boutokaan te koaua, réélu ensuite à deux reprises, en 2007 et en 2012. En mars 2016, l'opposant Taaneti Mwamwau lui succède, réélu en 2020 pour un second mandat.
En 2019, le gouvernement décide de rompre ses liens avec Taïwan, pour se rapprocher de Pékin. En 2022, les liens avec la Chine se sont renforcés avec la signature d'accords de coopération.
Les Kiribati sont une république parlementaire depuis leur indépendance en 1979. Le parlement des Kiribati, appelé Maneaba ni Maungatabu (« la maison commune de la montagne sacrée »), est élu tous les quatre ans et se compose de 45 représentants dont 44 élus (voir Élections législatives kiribatiennes de 2020).
Le président s'appelle Te Beretitenti (« le président » en gilbertin) ; il est à la fois le chef de l'État et du gouvernement. Il est élu au suffrage universel direct, parmi les trois ou quatre candidats proposés par le parlement en son sein, selon la méthode Borda. Une fois élu, le Président choisit son vice-président et nomme le Cabinet (en), sans dépasser un total de dix ministres (jusqu'à la réforme constitutionnelle de 2016 qui en autorise 14). La dernière élection présidentielle a eu lieu le 22 juin 2020. Pour la première fois, en 2020, il n'y a eu que deux candidats, présentés par le Parlement, ce qui a été validé par la Haute-Cour de Justice.
Chacune des vingt-et-une îles habitées possède son propre « conseil local » (Council) chargé des affaires quotidiennes. L'atoll de Tarawa, où se trouve la capitale Tarawa-Sud et l'essentiel du gouvernement, possède trois conseils urbains distincts : Betio (BTC), Tarawa-Sud sans Betio (TUC) et Tarawa-Nord (ETC). Il existe également deux conseils distincts sur Tabiteuea, Nord et Sud.