Ce Jour-là

Khánh Ly

Chanteuse vietnamienne

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Khánh Ly (de son vrai nom Nguyễn Thị Lệ Mai (Mai Nguyen aux États-Unis) est une chanteuse vietnamienne née le 6 mars 1945 à Hanoï. Elle a interprété de nombreuses chansons des célèbres compositeurs vietnamiens Trịnh Công Sơn, Phạm Duy, Trầm Tử Thiêng, Vũ Thành An ou Nguyễn Đình Toàn. Si elle et a connu son heure de gloire dans les années 1960 en pleine guerre du Vietnam avec Trịnh Công Sơn, elle est devenue une égérie de la musique contemporaine vietnamienne tant au Vietnam que dans la communauté vietnamienne exilée.

Khánh Ly est née dans une famille traditionnelle et a grandi à Hanoi. Enfant, elle s'endormait grâce à la voix apaisante de son père. Ses berceuses ont développé en elle un amour pour la musique, qui a augmenté plus fort chaque jour contre la volonté de sa famille. En 1954, à l'âge de neuf, elle s'est essayé à un petit concours de la ville de Hanoï en interprétant la chanson Thơ Ngây [Innocence] du musicien Anh Việt mais elle ne fut pas primée.

En 1956, à l'âge de 11 ans, elle suivit sa mère pour rejoindre le sud du Vietnam et s'installer à Dalat (Đà Lạt). À la fin de cette même année, elle s'inscrivit secrètement à un concours de jeunes talents organisé par la Radio France Asie dans la salle Norodom à Saïgon. Pour se rendre à ce concours, Lệ Mai voyagea en se faufilant à l'arrière d'un camion de transport de plants de maïs et fit de l'auto-stop de Đà Lạt à Saigon. Elle remporta le second prix grâce à son interprétation de la chanson Ngày Trở Về [Le jour du retour] du compositeur Phạm Duy. Le premier prix fut alors remporté par Quốc Thắng qui allait devenir aussi plus tard une figure emblématique du monde de la musique vietnamienne.

1962-1966 : les débuts à Dalat

La carrière musicale de Lệ Mai commença officiellement en 1962 lorsqu'elle commença à se produire au Club Anh Vũ sur la rue Bùi Viện à Saigon à l'âge de 17 ans. Elle adopta à ce moment le nom de scène de Khánh Ly, une combinaison de Khánh Kỵ et de Yêu Ly, deux personnages issus du roman fleuve chinois 東周列國志 (en vietnamien Đông Chu Liệt Quốc) qu'elle affectionnait particulièrement. À la fin de 1962, elle retourna à Đà Lạt et y resta pendant plus de quatre années offrant des récitals dans plusieurs clubs et centres de villégiature. Soir après soir, elle chantait pour les amateurs, les touristes et les jeunes vietnamiens. Par une nuit pluvieuse de 1964, elle rencontra Trịnh Công Sơn, un jeune compositeur sans le sou, dans un night-club de Đà Lat. Ils devinrent rapidement amis. Fasciné par sa voix au timbre lumineux, Trịnh Công Sơn lui demanda à plusieurs reprises de l'accompagner dans ses performances à Saigon. Mais, très attachée aux collines romantiques de Đà Lạt, elle refusa à chaque fois.

Lors d'un voyage à Saigon en 1967, elle rencontra par hasard Trịnh Công Sơn dans la rue Lê Thành Tôn, une des rues animées la capitale du Sud. Après plusieurs discussions dans un modeste café dénommé Quán Văn [La paillote des lettres], l'histoire d'une longue amitié entre la jeune chanteuse de Đà Lạt et le compositeur de Saigon débuta. Les années suivantes, Khánh Ly et Trịnh Công Sơn chantèrent ensemble au Quán Văn et dans d'autres cafés, dans les petits clubs et même sur le parvis de l'Université Văn Khoa à Saigon (faculté des arts). Pendant l'escalade de la guerre du Viêt Nam, une guerre non désirée, les paroles anti-guerre des chansons dite à "peau jaune" (ca khúc da vàng) de Trịnh Công Sơn portées par la voix de Khánh Ly sonnaient comme un appel à toute une jeunesse las des batailles et de l'effusion de sang. Leur plaidoyer musical pour la paix leur valut un fulgurant succès.

Du parvis des grandes universités aux lointaines terres agricoles du Sud Viêt Nam, la chanteuse devint très populaire, connue et saluée comme « la princesse aux pieds nus » ou « la diva des champs » caractérisant sa simplicité et son authenticité. Ensemble, Khánh Ly et Trịnh Công Sơn bouleversent le monde de la musique vietnamienne. Leur renommée phénoménale offrit à Khánh Ly l'opportunité d'être la première chanteuse vietnamienne à monter sa propre affaire. En 1968, elle ouvrit, dans le quartier de Đakao à Saigon, le café-concert Hội Quán Cây Tre [La gargote de bambou], lieu de rassemblement pour les musiciens et les étudiants pour s'y produire et diffuser sa musique. En 1972, elle ouvrit un club à son nom sur la rue Tự Do à Saigon. À la fin des années 1960 au début des années 1970, elle collabora également avec plusieurs sociétés de production et enregistra de nombreuses chansons pour le programme Phạm Mạnh Cương, le centre Trường Sơn, les productions Sơn Ca, Họa Mi, Jo Marcel, etc.

Dans les années 1970, la guerre s'intensifia et se répandit dans tout le Sud et les pays voisins. Trịnh Công Sơn écrivit de plus en plus de « chansons anti-guerre » pour exprimer le désir de paix et de liberté des Vietnamiens ainsi que la profonde déchirure de son pays. La série de cinq bandes « Khánh Ly Hát Cho Quê Hương Việt Nam » [Khánh Ly chante pour le Viêt Nam, terre natale] illustre cette déchirure et reste représentative de cette période.

Jusqu'à son émigration en 1975, Khánh Ly acquit une certaine célébrité sur le plan international. Elle fut parrainée par le gouvernement vietnamien (Seconde République du Viêt Nam) pour offrir des représentations en Europe dans le but de promouvoir dans le monde entier la génération montante d'étudiants vietnamiens (ce que reflète la célèbre chanson Nối Vòng Tay Lớn [Formons la grande ronde]). À ce titre, elle se rendit en Europe en 1969 et fit des concerts à Paris puis en Suisse, en Belgique et en Allemagne de l'Ouest. Elle effectua aussi des concerts aux États-Unis, au Canada et en particulier au Japon en 1970 à la foire-expo d'Osaka répondant à l'invitation de la compagnie Nippon Columbia, une grande société de production. Là, elle enregistra un album qui fut disque d'or peu de temps après. Ces interprétations des chansons Diễm xưa et Ca Dao Mẹ de Trịnh Công Sơn chantées dans les deux langues sont devenues des grands succès au Japon et le sont restés pendant plusieurs décennies. Khánh Ly fut la première chanteuse vietnamienne à acquérir cette renommée internationale.

Après la chute de Saigon (1975) : la diva des réfugiés vietnamiens

En 1975, Khánh Ly, comme des dizaines de milliers de réfugiés vietnamiens, traversa l'océan Pacifique et s'installa aux États-Unis tandis que Trịnh Công Sơn décida de rester à Saigon. Leur chemin allait se séparer jusqu'au début des années 1990. Comme ses compatriotes exilés, Khánh Ly dut lutter pour trouver des emplois sur le sol américain pour subvenir aux besoins quotidiens de ses quatre enfants. Même si les premières années furent difficiles, le statut reconnu de la chanteuse dans le monde de la musique l'aida à se reconstruire.

À la fin des années 1970 et dans les années 1980, Khánh Ly fut invitée au Japon à plusieurs reprises par la compagnie Nippon Columbia et la NHK, la plus grande station de télévision japonaise. Elle enregistra son deuxième album avec la Nippon Columbia en 1979. Avec 2 millions d'exemplaires furent vendus rien qu'au Japon, celui-ci devint disque d'or rapidement. Son troisième et dernier album avec la Nippon Columbia reçut également beaucoup de succès. La compagnie Toci Film et la plus grande station de télévision japonaise se servirent de sa voix pour illustrer plusieurs films et séries de télévision concernant la culture du Viêt Nam ainsi que des reportages sur le phénomène des « Boat People ». Son enregistrement le plus notable fut Lời Ru Cho Đà Nẵng [Berceuse pour Danang] en 1987, sur une musique de l'artiste japonais Hako accompagnée des paroles du journaliste et écrivain Nguyễn Hoàng Đoan, époux de la chanteuse.

En 1981, sur l'invitation de la Bunka Honso Radio, elle a également été présentée au Festival de musique asiatique (Asia Music Festival) tenu au Japon avec des chanteurs célèbres de la Corée du Sud, de Hong Kong, de la Thaïlande et du Pacifique Sud. Elle fut également invitée par la NBS dans l'émission "Bonjour Tokyo" en compagnie de la chanteuse japonaise Tokiko Kato. Sa renommée au Japon a atteint des sommets en 1996 quand elle fut désignée par la NHK comme l'une des dix personnalités les plus célèbres au monde au même titre que Gandhi, Gucci ou l'épouse de Martin Luther King. La même année, la station de télévision et le célèbre producteur Hideo Kado réalisèrent un documentaire de 50 minutes sur la vie de Khánh Ly, qui fut diffusé le 29 avril 1997. Au mois de septembre de cette année-là, la NKH et Hideo Kado publièrent également une biographie de 270 pages sur la chanteuse intitulée Khanh Ly: Most Famous Singer from Saigon.

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