Kevin Mitnick, né le 6 août 1963 à Van Nuys (Los Angeles, Californie) et mort le 16 juillet 2023 à Pittsburgh (Pennsylvanie) est un ancien pirate informatique américain, devenu depuis les années 2000 consultant en sécurité informatique.
Surnommé « le Condor », il a notamment accédé illégalement aux bases de données des clients de Pacific Bell, ainsi qu'aux systèmes de Fujitsu, Motorola, Nokia et Sun Microsystems. Il n'a cependant pas accédé à celles du Pentagone. En 1995, il sera condamné à cinq ans de prison pour délit informatique.
En 2002, il coécrit un livre traitant de l'ingénierie sociale, basé sur ses expériences personnelles : L'Art de la supercherie. Puis, fort du succès de ce premier livre, il en coécrit un autre en 2005 : L'Art de l'intrusion. Ce deuxième ouvrage s'intéresse aux intrusions dans des réseaux informatiques, effectuées par des inconnus ou des groupes de hackers renommés, tels que L0pht.
En 1980, Kevin Mitnick pénètre physiquement dans le central téléphonique COSMOS (COmputer System for Mainframe OperationS) de la Pacific Bell à Los Angeles avec deux amis.
COSMOS servait de base de données à la compagnie pour archiver les appels téléphoniques, ainsi que la facturation. Les hackers se procurèrent une liste des mots de passe des utilisateurs, les combinaisons de fermeture des portes de neuf bureaux centraux de Pacific Bell et un manuel du système. Ils sont accusés de dégradation de données, ainsi que du vol du mode d'emploi de la base de données. Mitnick n'avait que 17 ans à l'époque et le verdict est de trois mois de détention en centre de redressement et une année de mise à l'épreuve.
Steven Roads, un ancien ami de Mitnick, a déclaré à la presse que ce dernier se serait introduit dans le site du North American Air Defense Command (NORAD) à Colorado Springs en 1979, ce que l'intéressé a toujours nié. Cette rumeur a été diffusée dans le New York Times par John Markoff, qui a d'ailleurs ajouté la rumeur selon laquelle le film Wargames (1983), où un adolescent manque de déclencher une Troisième Guerre mondiale à cause de ses intrusions dans des réseaux informatiques, avait été inspiré par l'histoire de Kevin Mitnick ; en fait, les scénaristes n'avaient jamais entendu parler de lui quand ils ont créé le film.
En 1983, Mitnick tente une intrusion dans le réseau du Pentagone. Il se sert d'une machine de l'université de Californie du Sud et met ses compétences à l'épreuve. La police l'interpelle sur le campus de l'université. Il est placé en centre de détention pour jeunes situé à Stockton en Californie durant six mois pour s'être connecté à l'ARPANET, l'ancêtre d'Internet, et avoir obtenu un accès illégal à tous les fichiers du département de la Défense américaine. Aucune preuve de vol ou de dégradation de données n'est apportée à l'époque : Mitnick a simplement assouvi sa curiosité. Il purge sa peine, mais est de nouveau inquiété des années plus tard. Un avis de recherche est émis, car il est soupçonné d'avoir modifié les données sur un ordinateur d'analyse de situation patrimoniale pour l'octroi de crédits d'une société. Mais l'avis disparaît des archives de la police.[réf. nécessaire]
En 1987, il est de nouveau arrêté par la police pour utilisation illégale de numéros de cartes de paiement téléphoniques, ainsi que le vol d'un logiciel de la société californienne Santa Cruz Operation. Il est condamné à une mise à l'épreuve durant trois ans.
Première arrestation par le FBI
Avec l'aide de son ami Lenny DiCicco, Mitnick cherche à s'introduire dans le laboratoire de recherche de Digital Equipment Corporation (DEC) situé à Palo Alto. Son but est d'obtenir le code source du système d'exploitation VMS pour les ordinateurs VAX. Depuis les locaux de la société Calabass, où DiCicco travaille comme informaticien, ils cherchent à s'introduire dans le réseau intranet de l'entreprise, dénommé Easynet. Les attaques sont repérées rapidement, mais Mitnick brouille la provenance des appels, ce qui empêche de remonter jusqu'à lui.
Vexé par un canular de Mitnick (celui-ci avait appelé l'employeur de DiCicco en se faisant passer pour un agent du gouvernement, prétendant que ce dernier était en conflit avec l'IRS, l'agence fiscale américaine), DiCicco décide de mettre son employeur au parfum de leurs dernières activités et contacte DEC, puis le FBI. DiCicco donne alors rendez-vous à Mitnick sur un parking à la tombée de la nuit. Quand ce dernier se présente, il est arrêté par deux agents du FBI tapis dans l'ombre.
DEC accuse Mitnick d'avoir volé des logiciels valant plusieurs millions de dollars et d'avoir coûté 200 000 dollars américains de frais pour le rechercher et l'empêcher d'avoir accès à leur réseau. Mitnick plaide uniquement coupable pour fraude informatique et possession illégale de codes d'accès d'appels longue distance. Il doit alors faire un an de prison et suivre un programme de six mois en vue de réduire sa trop grande dépendance à l'informatique.
En 1989, Mitnick venait de passer huit mois au centre de détention métropolitain de Los Angeles (en) et quatre mois à la prison de Lompoc. Il déménage alors à Las Vegas et travaille comme programmeur dans une agence publicitaire. Trois ans plus tard, il revient dans la vallée de San Fernando et trouve, sur recommandation d'un ami, un travail de détective à la Tel Tec Detective Agency.
Peu de temps après, un usage illégal de systèmes de données commerciales sous le couvert de l'agence est découvert. Le FBI enquête de nouveau sur Mitnick. Quelques mois plus tard, un mandat d'arrêt est émis par un juge fédéral à son encontre. Il est accusé d'avoir enfreint les clauses de sa mise à l'épreuve datant de 1989 et de s'être introduit dans le réseau d'une société de télécommunications. Mais, quand des agents du FBI viennent l'arrêter à son domicile, Mitnick a disparu.
Mitnick a décidé de fuir. Le FBI mettra deux ans à le retrouver.
Fin 1992, un individu ayant un code d'identification valide appelle le Department of Motor Vehicles (DMV) de Sacramento et demande à se faire faxer la photo du permis de conduire d'un informateur de la police. Les agents du DMV, soupçonnant une supercherie, cherchent à localiser le numéro de fax envoyé par l'inconnu. Ils découvrent qu'il s'agit d'un magasin de reprographie de Studio City, près de Los Angeles. Mais quand ils arrivent sur place, ils aperçoivent un individu en train d'enjamber le mur du parking qui leur échappe. Ils établiront plus tard qu'il s'agissait de Mitnick. Depuis quelque temps déjà, le FBI soupçonnait Mitnick d'avoir pris le contrôle du réseau téléphonique de la Californie et de mettre sur écoute les agents fédéraux chargés de le traquer, car il arrivait ainsi à anticiper leur mouvement.
L'affaire est alors surmédiatisée. La presse californienne brosse le portrait d'un individu extrêmement malicieux et insaisissable qui tourne les autorités en ridicule. Le journaliste du New York Times John Markoff, qui avait rédigé un livre sur Mitnick, lui consacre un article à la une de l'édition du 4 juillet 1994, où il affirme que Mitnick peut mettre le chaos dans le réseau informatique mondial. Mitnick a dénié par la suite bon nombre des accusations présentes dans cet article.
Toujours en fuite et vivant dans la clandestinité, Mitnick s'attaque à un expert en sécurité informatique : le Japonais Tsutomu Shimomura[source insuffisante].