Hervé Despesse, dit Kent, né le 31 mars 1957 à Lyon 4e, est un artiste pluridisciplinaire, auteur-compositeur-interprète français. Il est le fondateur du groupe rock Starshooter, né dans l'explosion punk en 1975. Également connu sous les noms de plume Kent Hutchinson puis Kent Cokenstock, il est auteur de bandes dessinées, de romans et de chansons.
Hervé Despesse naît le 31 mars 1957 dans le quartier de La Croix-Rousse de Lyon 4e. Il est le fils d'un cariste et d'une mère ouvrière, tous deux lyonnais. Ses parents travaillant en usine six jours sur sept, c’est à Montluel dans l'Ain, qu’il est élevé par sa grand-mère. Elle lui achète Le Journal de Mickey tous les jeudis. Il lit les petits formats que lui passe un de ses amis. Enfant, il sait déjà qu'il veut devenir dessinateur de bande dessinée. Vers 1965, ses parents divorcent et il suit sa mère. Il grandit dans le quartier de La Croix-Rousse à Lyon. Écolier, il s'invente de nouveaux épisodes d'Astérix comme Astérix au pôle Nord. Il est bon élève jusqu'au collège. Puis, il est lycéen au Lycée Saint-Exupéry. Adolescent, il achète sa première guitare en 1970 et veut devenir chanteur de rock. Il apprend la guitare en cours du soir du club Léo Lagrange de son quartier. Il monte un premier groupe au lycée avec deux copains, Phil et Jelloen 1972. Deux ans plus tard, c'est en usine qu'il passe ses vacances pour s'offrir une sono et des guitares. Il passe son baccalauréat en 1975 étant ainsi le premier membre de la famille à avoir un tel niveau d'études. La même année, il se produit en concert avec sa formation dans des fêtes lycéennes dans sa ville natale.
En dessin, il est autodidacte, il redessine des cases qui lui plaisent, comme tout gamin fasciné par la BD. C'est le livre Comment on devient créateur de bandes dessinées des éditions Marabout qui l'épaule. Il déclare avoir été influencé par Gotlib et plus tard par Mœbius et par Tardi, qui l'ont tous conseillé.
Avec trois amis du lycée, il fonde le groupe Starshooter. Il se choisit comme nom de scène Kent Hutchinson, un nom à consonnance anglaise. Il en est le leader. Leur carrière décolle après un concert à Grenoble en 1977, où un organisateur de spectacles leur a proposé d'assurer la première partie de Jacques Higelin. Entre provocations grinçantes et touches d'humour, les quatre musiciens crient leurs colères sur scène.
En 1977 à Lyon, il a 20 ans quand Starshooter fait partie des nouveaux groupes punk français dont on commence à parler. Cette même année, il fait une rencontre marquante en la personne de Philippe Constantin. Un premier album sort en 1978 dont Étienne Robial réalise la maquette, ce dernier fera également de même pour le second album Loukoum scandale en 1979. Le groupe sillonne la France et leurs concerts sont souvent déchaînés. Kent Hutchinson est le principal auteur des textes du groupe. Ayant signé chez EMI, le groupe est pris en main par le directeur artistique Philippe Constantin. Il fait sa première télévision le 21 mai 1978 dans l'émission Blue Jean de Jean-Loup Lafont diffusée sur Antenne 2. Starshooter a symbolisé le renouveau populaire du rock français après l’essoufflement de la pop progressive des groupes Ange, Triangle ou Atoll. Premier groupe punk à sortir de l’underground en mariant la propreté du son à la provocation calculée comme en témoigne le titre du second 45 tours du groupe, Get Baque, qui enterre de façon provocante et ostentatoire le mythe des Beatles. Écarté des linéaires après seulement une semaine d’exploitation par EMI, c’est Betsy Party qui retient l’attention des programmateurs radio et passe en boucle sur l’antenne d’Europe 1, mais aussi la reprise du Poinçonneur des Lilas de Serge Gainsbourg qui est à la fois un hommage. Le groupe s'essaie aussi à la musique de variétés sans succès. Comme Bijou et Téléphone — leurs concurrents au sein du même label mais néanmoins amis —, Starshooter avec son rock énergique et coloré devient une figure emblématique de toute une jeune génération.
Après quatre albums, le groupe se sépare en 1982 par fatigue et par peur de lasser.
Première période en bande dessinée (1978-1985)
Partout c'est la merde, un premier 45 tours en solitaire toujours d'inspiration des années Starshooter sort en 1982. Après l'époque faste de Starshooter, le dessin lui permet de faire face aux années de galère. Kent Hutchinson se consacre alors pleinement à la bande dessinée. En 1978, il rejoint Métal hurlant, sous la houlette de Jean-Pierre Dionnet. Les premiers courts récits sont écrits par François Rivière. Il publie aux Humanoïdes associés en 1982 Sales Amours, un recueil de ces histoires courtes. Pendant cette période difficile, il pratique assidûment le karaté, discipline qui lui permet de s'en sortir. Deux ans plus tard, la même maison d'édition publie Ma vie est formidable. L'ouvrage — parsemé de croquis — est autobiographique, lequel raconte sa vie de chanteur.
Entre 1982 et 1986, il publie six albums aux Humanoïdes associés et chez Futuropolis, en noir et blanc. Il réalise African Night Flight, une aventure de Kriss Delux, son dernier album pour les Humanos en 1984. C'est son ami d'école Phil Bernalin qui en écrit le scénario. Le chroniqueur du magazine Best reçoit favorablement l'ouvrage, qu'il dépeint : « Sans se tromper, le genre qui colle à son style : l'aventure. Noire. Noir comme l'Afrique, comme Corto Maltese. Il va droit au but en mettant en scène une rock star, pour son premier long métrage en noir et blanc. Réalisme à la Jean Renoir, Micheluzzi [… ] » Précédé de quelques mois par Ciel de sable, le premier volet des Aventures de Bob l'aviateur, le second tome L'Enfer blanc intègre lui aussi la collection « X de Futuropolis en octobre 1985. La journaliste Claire Paillocher du magazine 20 Ans écrit : « Kent Hutchinson est un passionnant jeune homme à deux visages, ou plutôt deux faces, comme les 45 tours qu'il enregistre : face, il dessine, pile, il chante. Et les deux genres sont inextricablement liés dans sa tête : […] il n'envisage pas de vivre sans un micro dans une main et un pinceau dans l'autre. […] Les deux genres se rencontrent parfois : un de ses albums de bédé racontait sa vie de chanteur, et il y a toujours un dessin de lui sur ses pochettes de disque… C'est la première fois que Kent-le-dessinateur se lance dans une série à héros et à épisodes… » Elle cite encore sa longue envie de dessiner les aventures d'un pilote de l'Aéropostale, éprouvant une fascination pour les avions dont celui utilisé par Bob : le Couzinet, inauguré par Mermoz, son répertoire contenant six ou sept chansons qui y font allusion. Mentionnant le mini-album musical chez Pathé-Marconi : Embalao, et le mini-album bédessiné dans la collection « X » aux éditions Futuropolis : L'Enfer blanc, elle conclut : « Deux mini-albums maxi-intéressants ! »
Trouvant la vile de Lyon ennuyeuse, il la quitte amer pour Paris à l'âge de 25 ans.
Sa bande dessinée la plus connue est Les Aventures de Bob Robert l’aviateur réalisée en 1985. Il réalise encore le court récit L'Édifiante Génèse d'un 45 tours ainsi que l'illustration de Tâtonnements de Jackie Berroyer dans le numéro hors série Rythm'n bulles du magazine (À suivre) des éditions Casterman en 1986. Mais avec la fin de Métal hurlant, la vente de Futuropolis à Gallimard et le décès de Philippe Bernalin, son scénariste et ami depuis le lycée, l'envie de poursuivre dans la bande dessinée disparaît.
Parallèlement, Kent sort son premier 33 tours Amours propres sous le nom de scène Kent Cokenstock — clin d'œil aux Aventures de Tintin en hommage à Hergé — en 1982. Puis, il continue de sortir deux 45 tours : Tiny Tinto en 1983 puis Tout petit doute en 1984, qui ne rencontrent pas le succès. À la suite de quoi, sa maison de disques CBS rompt le contrat. Il voyage quelques semaines au Cameroun dont il s'inspire pour son second album solo Emballao (1986) sur son nouvel label Barclay. La musique revient au premier plan. Il déménage à Paris et adopte un nouveau mode vie. Il fait la rencontre du compositeur Jacques Bastello avec qui il enregistre 6 albums et font ensemble de nombreuses tournées. Il lui faudra patienter six ans, jusqu'à l'album À nos amours et au succès de la chanson J'aime un pays, pour accéder à la reconnaissance en tant que Kent. Il écrit tous les textes de l'album Une autre vie pour Hervé Paul en 1989. Un an plus tard, il chante J'aime un pays (alternative à La Marseillaise), extrait de l'album À nos amours et, en 1991, Tous les hommes. L'album est salué par la critique. À la suite, il écrira encore pour Calogero, Michel Fugain, Johnny Hallyday, Nolwenn Leroy, Alain Leprest, Enrico Macias, Zazie ou Les Tit' Nassels. Il est considéré :