Marc Tellenne, dit Karl Zéro, né le 6 août 1961 à Aix-les-Bains (Savoie), est un animateur de télévision français, également écrivain, réalisateur, chanteur et acteur.
Marc Tellenne naît à Aix-les-Bains. Il est le fils de Guy Tellenne (1909-1993), ancien élève de l'École normale supérieure (promotion 1929 Lettres), agrégé des lettres (1933), poète, haut fonctionnaire au ministère de la Culture et sous-directeur de l'Institut français d'Athènes, et d’Henriette-Annick Lemoine, animatrice à KTO sous son nom d'épouse, Annick Tellenne, et auteur de Le goût de vivre : la recette du bonheur, édité par Ramsay. Il est le cadet d'une famille de quatre frères, dont Basile de Koch, né en 1951, et le poète et romancier Éric Tellenne, né en 1953.
Élève à l'établissement La Rochefoucauld à Paris, durant son adolescence, il connaît une période punk ; c'est à cette époque qu'il adopte le pseudonyme de Karl Zéro, « pour être en phase avec le nihilisme ambiant ».
Très jeune, il se met à dévorer la collection complète des vieux Paris-Match des années 1950-1960 de ses grands-parents, à la consternation de son père, et avouera plus tard que ces lectures ont inspiré son envie de devenir journaliste. « De toute façon, j'étais prédestiné à devenir une sorte de journaliste : j'étais nul en tout à l'école, sauf pour faire marrer les copains et provoquer des émeutes dans la cour. Un gonzo, en un mot. Enfin soyons justes, j'étais doué en français et en histoire, surtout immédiate, mais c'était grâce à Match ».
Karl Zéro est marié à Anne-Laure Chaptel, alias Daisy d'Errata, avec qui il a trois enfants, Anaïs, Gabin et Vincent.
Karl Zéro publie, sous son pseudonyme, un comics intitulé Tintin est-il juif, dont l'antisémitisme est burlesque, voire absurde (fanzine Jalons, 1980). Les Cahiers de bédésup la re-publient dans un numéro spécial Tintin & les antifachos, consacré aux récurrentes polémiques sur la vie d'Hergé et sur les thèmes politiques et sociaux sous-jacents de ses albums.
Il rejoint ensuite les rédactions de Métal Hurlant, Charlie Hebdo, Zoulou et L'Écho des savanes comme dessinateur-scénariste. Parallèlement, le « jeune homme moderne » féru de culture underground entre en 1981 à Actuel comme journaliste spécialisé dans les interviews de stars et rejoint l’équipe naissante de Radio Nova, aux côtés de celle qui deviendra son épouse et sa future coréalisatrice Daisy d'Errata. Ils y présentent jusqu'en 1986 différents shows radiophoniques de parodies et de détournements, puis Karl s'oriente vers le Gonzo déjanté en signant des enquêtes inattendues (« Le vrai Q.I des rockers français », « Les Curriculums d'échecs des Politiques »…) pour Actuel.
Dès le 3 janvier 1994, il propose le journal télévisé parodique Zérorama, « les actualités parlantes en télévision au service du réarmement moral », dans Nulle part ailleurs sur Canal+. Il y utilise une présentation et un ton inspirés des actualités cinématographiques sous le régime de Vichy dans le but de satiriser le gouvernement d’Édouard Balladur et les médias qui le soutiennent.
Le Vrai Journal a été la matrice de nombreuses émissions d'infodivertissement lancées par la suite (sur Canal+ et ailleurs), comme Le Petit Journal, Yann Barthès reconnaissant volontiers l'influence de Karl Zéro sur son travail, et ce dernier reconnaissant également la filiation de son successeur.
Ses émissions de Canal + sont alors produites par sa société de production, La Société du spectacle, dont il cède 49 % au groupe Endemol, spécialisé dans la télé réalité, avant qu'elle ne soit radiée du registre du commerce en septembre 2010.
Le 1er juin 2003, Karl Zéro lit dans Le Vrai Journal « avec des airs gourmands » le courrier que lui a adressé de sa prison le tueur en série Patrice Alègre.
Le 15 juin, Karl Zéro diffuse dans Le Vrai Journal une interview de « Fanny », l'une des deux prostituées à l'origine des « révélations ». Coiffée d'un bandana rouge et portant des lunettes noires pour masquer son visage, elle dénonce les sévices sexuels pratiqués par la bonne société toulousaine. À l'issue du reportage, Karl Zéro précise qu'elle n'a pas été payée. Pourtant, quatre jours auparavant, « Fanny » a acheté un véhicule d'occasion pour 10 700 €. Le paiement a été effectué par un virement bancaire de Michel Malaussena, réalisateur du Vrai Journal. Plus tard, Karl Zéro déclare qu'il s'agissait là d'une avance sur les droits d'auteur d'un livre de Fanny qu'il coédite avec Ramsay. Il enregistre peu après les propos d'une troisième prostituée mêlée à l'affaire, mais cette interview est déprogrammée, à la demande de la direction de Canal+. Le 17 juin, « Patricia », l'autre prostituée, est placée en garde à vue, suspectée d'avoir suscité le témoignage mensonger du travesti « Djamel » qui a appuyé les allégations des deux jeunes femmes en livrant des « révélations » spectaculaires dans une interview donnée à TF1 le 22 mai. Ses fausses accusations lui valent d'être mis en examen et incarcéré dès le 27 mai pour « dénonciation de crime ou délit imaginaire ». « Patricia » est mise en examen le 19 juin pour « complicité de faux témoignage ».
Le 19 juin 2003, Patrice Alègre revient sur ses « aveux » dans une lettre adressée au procureur général. Fin juin, il change d’avocat, choisissant Mes Edouard Martial et Gilbert Collard. Le 3 juillet, Alègre écrit à ses nouveaux avocats que son courrier initial a été négocié avec Karl Zéro contre la promesse du versement de 15 000 € et leur demande de récupérer cette somme auprès de son ex-avocat, Me Laurent Boguet. Entendus par les enquêteurs, Karl Zéro et Me Boguet démentent cette accusation. MM. Bourragué et Baudis déposent plainte contre l'animateur, provoquant fin 2003 l'ouverture par le parquet de Paris d'une information judiciaire pour « sortie illicite de correspondance », « violation du secret de l'instruction » et « violation du secret professionnel ». L'enquête se conclut en mars 2007 par un non-lieu général. Les avocats de MM. Bourragué et Baudis font appel devant la chambre de l'instruction qui fait droit à leur demande. L'animateur est mis en examen le 28 janvier 2009 pour « sortie illicite de correspondance de prison », puis relaxé en novembre 2012.
En 2004, la justice innocente les personnalités mises en cause à Toulouse.
Les deux anciennes prostituées, Christelle Bourre, dite « Patricia », et Florence Khelifi, surnommée « Fanny », sont condamnées par le tribunal correctionnel de Toulouse le 20 juillet 2005, respectivement à trois ans de prison ferme et trois ans de prison dont dix-huit mois avec sursis, pour complicité de « dénonciation de crime ou délit imaginaire » et « témoignage mensonger ».
L’émission Le Vrai Journal est définitivement arrêtée en juin 2006. Libération explique que la décision de mettre fin à l'émission a été prise un an auparavant. Le quotidien estime que « c'est le prix de ses dérives dans l'affaire Alègre que Karl Zéro est en train de payer ». Selon Le Monde, « il fallait surtout apurer les comptes, notamment ceux de l'affaire Alègre ». Le journal du soir qualifie l'intervention de Karl Zéro dans l'affaire Alègre de « gros dérapage ». Karl Zéro le reconnaîtra lui-même : « Bien sûr que j'ai franchi la ligne jaune, mais ai-je été seul à le faire ? ».
Autres émissions de radio et télévision
En 2004, il présente toujours sur Canal+ le jeu C'est quoi ce jeu ?, produit par Starling avec la fameuse « boîte à baffes ».