Ce Jour-là

Karl Dönitz

Grand-amiral et homme d'État allemand (1891-1980)

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Karl Dönitz (prononcé, en allemand, [ˈdøː.nɪts] ), né le 16 septembre 1891 à Grünau (Empire allemand) et mort le 24 décembre 1980 à Aumühle (RFA), est un militaire, officier de marine et homme d'État allemand, qu'Adolf Hitler désigna par testament comme son successeur à la tête du Troisième Reich.

Karl Dönitz est élevé au grade de Großadmiral (en français : Grand-amiral ; le plus haut grade de la marine de guerre) dans l'Allemagne nazie en 1943, bien qu'il n'ait adhéré au parti national-socialiste qu'en 1944. Il est le commandant en chef des sous-marins (Befehlshaber der Unterseeboote) de la Kriegsmarine pendant la première partie de la Seconde Guerre mondiale. Sous son commandement, la flotte des U-Boote participe à la bataille de l'Atlantique, en essayant notamment de priver le Royaume-Uni des approvisionnements indispensables venant des États-Unis et d'ailleurs. Début 1943, il succède au grand-amiral Erich Raeder à la tête de la Kriegsmarine. Il devient enfin pendant vingt-trois jours président du Reich dans le gouvernement de Flensbourg, après le suicide d'Adolf Hitler et conformément au testament politique du Führer.

Après la guerre, il est condamné lors du procès de Nuremberg pour crimes de guerre et est emprisonné dix ans pour sa participation à la guerre sous-marine illimitée menée par l'Allemagne. Libéré en 1956, après avoir purgé la totalité de sa peine, il mène ensuite une fin de vie paisible et meurt en 1980 de causes naturelles, à l'âge de 89 ans.

Karl Dönitz est le fils cadet d'un ingénieur spécialisé dans l'optique, Emil Dönitz, et de sa femme Anna, née Beyer. Il perd sa mère le 6 mars 1895, à l'âge de trois ans. Son père élève seul ses deux fils, Dietrich et Karl, car il ne se remarie pas.

Il commence sa scolarité à Halensee, puis la poursuit à Iéna, suivant la mutation de son père en tant que directeur pour l'entreprise Zeiss, puis dans un lycée classique à Weimar, où sa famille déménage lorsqu'il a quinze ans. Il y passe son Abitur (diplôme de fin d'études secondaires) en 1910.

Il est admis le 1er avril 1910 dans la Marine impériale allemande qui s'ouvre, contrairement à l'armée de terre dont l'encadrement est majoritairement assuré par des Junkers, aux fils de la classe moyenne qui veulent devenir officiers. Il commence sa formation sur le SMS Hertha. C'est ici qu'il rencontre le lieutenant de vaisseau Wilfried von Loewenfeld qui l'aidera plus tard dans sa carrière. Il est ensuite aspirant à l'école navale de Flensbourg et navigue sur le petit croiseur SMS Breslau d'octobre 1912 à l'automne 1913. Il y devient officier de transmissions. Le SMS Breslau rallie en novembre 1912 la division de la Méditerranée pour défendre les intérêts des Empires centraux lors de l'insurrection albanaise et participe au blocus de Scutari avec la marine britannique. Continuant son service sur le SMS Breslau, il s'y trouve lors de l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à Sarajevo. Dönitz fait partie de la jeunesse allemande marquée par la Weltpolitik et les plans de Tirpitz, et a un rapport particulier au Royaume-Uni, qu'il voit comme un rival, tout en l'admirant.

Jeune officier de la Kaiserliche Marine pendant la Première Guerre mondiale, il sert sur le croiseur SMS Breslau en mer Méditerranée, puis dans les Dardanelles et en mer Noire. Dönitz est l'un des officiers du Korvettenkapitän von Klitzing (de), puis du capitaine de corvette Wolfram von Knorr qui le choisit comme adjoint, remarquant ses compétences.

À partir d'octobre 1916, il rentre en Allemagne, où il est affecté à la nouvelle arme sous-marine. Il passe quelques mois à bord du U-39, au sein duquel il effectue cinq patrouilles entre janvier et décembre 1917. Il prend ensuite le commandement du UC-25, avec lequel il effectue deux patrouilles entre mars et septembre 1918 et coule quatre navires.

Le 5 septembre 1918, il est nommé commandant du UB-68, qu'il est contraint de saborder le 4 octobre 1918. Fait prisonnier, il est emmené en détention à Malte, où il reste prisonnier de guerre chez les Britanniques jusqu'à sa libération en juillet 1919. Il retourne en Allemagne vers 1920.

Un stratège visionnaire de l'entre-deux-guerres

Avant le second conflit mondial, Karl Dönitz publia un livre Die U-Boot Waffe (l'arme sous-marine), dans lequel il insista pour convertir la flotte de surface presque entièrement en une grande flotte de sous-marins.

Il défendit la stratégie d'attaquer uniquement la marine marchande, moins dangereuse que les grandes flottes cuirassées de l'Empire britannique. Il mit en avant que la destruction de la flotte de pétroliers priverait la Royal Navy de son carburant pour approvisionner ses navires, ce qui serait finalement aussi efficace que de les couler. Durant la montée au pouvoir d'Adolf Hitler, il se montra d'abord méfiant, comme une grande partie de la marine, très influencée par les Junkers et attachée à l'Empire allemand. Il fut assez vite conquis par l'éloquence de celui-ci, qu'il voyait comme l'homme qui pourrait restaurer la grandeur de l'Allemagne, et devint un contributeur notable de la politique militaire du führer.

Au début de la Seconde Guerre mondiale, quand le Royaume-Uni se trouva seul face à l'Axe, Dönitz calcula que s'il coulait 500 000 tonnes de navires marchands britanniques, le Royaume-Uni ne pourrait pas tenir bien longtemps sachant qu'il ne pouvait fabriquer que 1 500 000 tonnes de navires par an[réf. nécessaire] et que Roosevelt avait déjà fourni à Churchill plus de 50 destroyers jugés démodés par le Congrès. Les destroyers étaient bien les adversaires des sous-marins que craignait l'amiral, car ils se moderniseraient vite et limiteraient progressivement l'efficacité des U-Boote.

Malgré l'entrée en guerre des États-Unis, les sous-marins commandés par Dönitz continuèrent de détruire une bonne partie des convois de l'Atlantique car ceux-ci étaient mal protégés. Plusieurs U-Boote patrouillaient même près de la Côte Est des États-Unis et firent des ravages, en Floride, un liberty ship coula devant des milliers de baigneurs près d'une plage[réf. nécessaire]. Il affirma qu'avec une flotte de 300 des nouveaux U-Boote type VII, l'Allemagne mettrait le Royaume-Uni « sur la touche ».

Afin de neutraliser et d'accabler les vaisseaux d'escorte, destroyers de plus en plus redoutables soutenus par l'aviation embarquée des porte-avions, il imagina une nouvelle tactique, l'attaque groupée en meute ou Rudeltaktik (en anglais Wolfpack).

À l'époque beaucoup pensaient, en Allemagne, que cette stratégie était une marque de faiblesse, y compris son supérieur hiérarchique, le Großadmiral Erich Raeder. Les deux s'opposèrent constamment pour les priorités budgétaires. Raeder avait pourtant une attitude assez pessimiste ; il ne croyait pas, par exemple, que les cuirassés, navires de prestige, étaient vraiment utiles vu leur faible nombre comparativement à la flotte britannique. Il aurait notamment déclaré que tout ce que les cuirassés pouvaient faire était de mourir vaillamment. Dönitz n'avait pas un tel fatalisme, car il pensait que l'attaque des convois de munitions et de pétrole en route vers Mourmansk au large de l'Île aux Ours et du cap Nord serait une occasion à saisir pour les grands navires de surface basés dans les fjords de Norvège.

L'intervention de l'aviation équipée de radars dans la lutte anti-sous-marine (ASM), couplée à la généralisation des moyens marins de détection, fera bientôt une hécatombe d'U-Boote.

Commandant en chef, marine de guerre allemande, 1943 à 1945

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