Ce Jour-là

K-278 Komsomolets

Navire de guerre

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Le K-278 Komsomolets (en russe : Комсомолец, littéralement « jeune adhérent du Komsomol »), est un sous-marin nucléaire soviétique qui a coulé le 7 avril 1989. Ce jour-là, un incendie se déclara à l'intérieur, provoquant la mort de 4 sous-mariniers, puis de 38 autres lors de son naufrage par 1 600 mètres de fond, au large des côtes de Norvège.

Le Projet 685 Plavnik (en russe : Плавник, « nageoire ») est conçu par le Bureau d'étude Rubin afin de développer un sous-marin capable d'emporter aussi bien des torpilles que des missiles de croisière conventionnels ou dotés d'ogives nucléaires. Le but de ce projet était d'étudier l'effet des grandes profondeurs sur les systèmes d'arme. L'ordre de concevoir les plans du sous-marin est donné à la demande de l’État-major de la Flotte en 1966 et ils sont achevés en 1974. La quille du K-278 — premier (et seul) sous-marin de sa classe — est posée le 22 avril 1978 à Severodvinsk, une ville fermée soviétique située sur les bords de la mer de Barents. Il est lancé le 3 juin 1983 et commissionné le 28 décembre 1983.

Il fait 120 mètres de long, 11 mètres de hauteur un tirant d'eau de 8 mètres avec un déplacement d'eau de 8 000 tonnes. Sa double coque en titane fait alors de lui le sous-marin pouvant plonger le plus profondément au monde, avec une profondeur opérationnelle de 900 mètres, bien plus importante que celle des sous-marins américains. Sa coque interne est divisée en sept compartiments ; les cloisons des compartiments no 2 et 3 étant renforcées afin de créer une « zone de sécurité ». Une capsule de sauvetage — résistante jusqu'à 1 500 m, pouvant accueillir tout l'équipage — est intégrée au kiosque au-dessus de ces deux compartiments pour permettre à l'équipage d'abandonner le bâtiment en cas d'urgence.

Les services de renseignement occidentaux estiment dans un premier temps la vitesse du K-278 en partant de l'hypothèse qu'il était propulsé par deux réacteurs à métal liquide plomb-bismuth, révolutionnaires pour leur système de refroidissement.

Lorsque l'Union soviétique révèle que le sous-marin est propulsé par un seul réacteur à eau pressurisée conventionnel (un OК-650b-3), les estimations de vitesse sont revues à la baisse.

D'après Norman Polmar et Kenneth J. Moore - deux experts occidentaux des sous-marins soviétiques - la conception du Projet 685 comprend de nombreux systèmes automatisés, qui permettent de réduire le nombre de marins normalement nécessaires pour manœuvrer un sous-marin de cette taille. Les listes d'équipage du Ministère de la Défense soviétique prévoient en 1982 un équipage de 57 hommes. Ce nombre a été porté par la suite à 64 hommes : 30 officiers, vingt-deux premier maîtres et douze marins. Son premier commandant est le capitaine de vaisseau Iouri Zelenski.

Il fait partie de la classe Mike et est censé devenir le premier d'une large classe de sous-marins nucléaires d'attaque. Il devient opérationnel fin 1984. Les autres exemplaires construits d'après le même plan ne verront jamais le jour.

Prototype d'une nouvelle catégorie de sous-marins, le Komsomolets devait être le laboratoire d'étude pour la marine soviétique pour la résistance aux hautes profondeurs, d'abord pour des bâtiments militaires sous-marins puis, si le concept avait été validé, pour des bâtiments civils[C'est-à-dire ?] permettant le transport de passagers et de fret .

Après avoir passé le stade de prototype, il prend part aux patrouilles de surveillance sous-marines. En novembre 1983, il est affecté à la 6e division de la 1re flottille de sous-marins de flotte du Nord. Le 4 août 1984, il bat le record de plongée pour un sous-marin d'attaque, avec une immersion à 1 027 m, résistant à une pression de 100 kg par cm2.

Le 31 janvier 1989, il est renommé « Komsomolets ». Il est alors décrit comme un sous-marin opérationnel de lutte anti-sous-marine. Le 28 mars, il part pour sa dernière mission.

La catastrophe du 7 avril 1989

Ce jour-là, le Komsomolets navigue à 380 mètres de profondeur près des côtes norvégiennes, à 180 km au sud-ouest de l'île aux Ours, pour une patrouille commencée 39 jours auparavant.

À 11 h 0, un incendie se déclare dans le compartiment 7, sans doute dû à une petite quantité d'huile se déversant sur une surface brûlante, dans cet endroit où passent des flux d'air comprimé connectés aux ballasts. Le centre de commandement ordonne alors d'éteindre le feu grâce à du fréon, un gaz inerte susceptible de l'étouffer. Cela provoque l'asphyxie du sous-marinier Boukhnikachvili qui se trouvait dans le compartiment. Le commandement ignore qu'un flux d'air s'y déverse, ce qui annule l'effet du gaz fréon par un effet de dilution et transforme le compartiment en fournaise.

Le feu commence à se répandre par des fumées dans le sixième compartiment (qui jouxte le septième), à partir de 11 h 6, puis à 11 h 14 dans le cinquième compartiment. Au même moment, les communications sont interrompues entre les compartiments tandis que la gouverne de direction se bloque.

Alors que l'incendie s'amplifie, le générateur bâbord se met à l'arrêt à la suite du déclenchement de son système d'alarme, suivi par celui de tribord stoppé par l'équipage. Cela a pour conséquence de priver le sous-marin de sa principale source d'énergie. Le commandant ordonne alors la remontée du bâtiment, par la vidange des ballasts.

À 11 h 16, arrivé en surface, il envoie un SOS chiffré au quartier général de la flotte du Nord de l'armée soviétique, qui en accuse réception à 11 h 41.

Parallèlement, l'incendie continue alors sa progression. Les compartiments touchés émettent au contact de l'eau de mer des jets de vapeurs continue en raison de l'élévation de température tandis que le revêtement anéchoïque a fondu.

À 11 h 27, le commandant Vanine prend la décision de faire évacuer sur le pont tous les hommes non indispensables à la poursuite des manœuvres.

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