Justin Germain Casimir de Selves, né le 19 juillet 1848 à Toulouse (Haute-Garonne) et mort le 13 janvier 1934 dans le 7e arrondissement de Paris (Seine), est un homme politique français. Il est notamment ministre des Affaires étrangères de 1911 à 1912, ministre de l'Intérieur en 1924 et président du Sénat de 1924 à 1927.
Justin Germain Casimir de Selves est le fils de Jacques Joseph Gustave de Selves, entreposeur à la Manufacture des tabacs au magasin de Damazan (Lot-et-Garonne), et de Marie Élisa Zoé de Saulces de Freycinet, sœur de Charles Louis de Saulces de Freycinet (1828-1923).
Il fait ses études à Montauban et à Agen et devient docteur en droit. Il termine ses études d'avocat lorsqu'éclate la Guerre franco-prussienne de 1870. Le 18 mars 1870, il est lieutenant dans la deuxième armée de la Loire au 21e corps d'armée commandée par le général Jaurès, dans la 3e division d'infanterie du général de Villeneuve et du général Guillon, à la 1re brigade du lieutenant-colonel Stephani, comme lieutenant au 1er bataillon du 78e régiment de gardes mobiles du Lot-et-Garonne.
Le 18 décembre 1870, il est nommé capitaine, après les combats de Chartres du 21 octobre 1870.
Il est ensuite le secrétaire de son oncle maternel et frère de sa mère Charles Louis de Saulces de Freycinet (1828-1923), sénateur de la Seine 1876-1920, président du Conseil en 1880, 1882, 1886, 1890, 1891, membre de l'Académie française, il joua un rôle important dans la carrière de Justin Germain Casimir de Selves qui était délégué du Gouvernement de la Défense nationale envoyée à Tours pour coordonner l'action en province sous les ordres d'Adolphe Crémieux, ministre de la Justice, accompagné par Alexandre Glais-Bizoin et l'amiral Fourichon. Il était appelé à la direction des services administratifs au ministère de la Guerre, où son oncle Charles de Freycinet était délégué, à Tours.
En janvier 1871, devant l'avance des armées allemandes, il suit le Gouvernement de la Défense nationale qui se replie à Bordeaux et est chargé, dans cette ville, de la direction de la sous-intendance, comprenant Toulouse, Montauban et Aurillac (1870-1871).
Après la Guerre franco-prussienne de 1870, Justin de Selves, qui est docteur en droit à la faculté de Toulouse, s'inscrit au barreau de Montauban de 1871 à 1880. Il occupa bientôt, dans ce chef-lieu, une des premières places et devient bâtonnier de l’ordre des avocats (1878-1880).
Il est conseiller municipal de Montauban de 1878 à 1880. Préfet de Tarn-et-Garonne du 6 mars 1880 à 1882 en remplacement de M. Mercadier, préfet de l'Oise du 1er mai 1882 au 16 mai 1882, préfet de Meurthe-et-Moselle par décret du 25 avril 1885, installé le 1er mai 1885, préfet de la Gironde par décret du 8 septembre 1885 au 21 janvier 1890 en remplacement d'Eugène Schnerb, nommé préfet de Meurthe-et-Moselle. Installé le 23 septembre 1885.
Il est remplacé à la préfecture de la Gironde par suite de sa nomination, le 21 janvier 1890, aux fonctions de directeur général des Postes et Télégraphes jusqu'en 1896.
« Je vous quitte, non sans un réel chagrin, profondément affectionné à votre département, aux grands intérêts qu'il représente, à sa population toujours bienveillante à mon égard. » En cette qualité, Justin de Selves, peu de temps après son installation, préside la Conférence internationale qui se tient à Paris du 1er mai au 15 juin 1890. En 1891, il représente la France au congrès postal universel de Vienne, où il préside la commission des colis postaux, valeurs déclarées, livrets d’identité etc.
Préfet du département de la Seine, nommé par le cabinet Jules Méline, par décret du 23 mai 1896, jusqu'en juin 1911 en remplacement d'Eugène Poubelle, il est nommé préfet honoraire et admis à la retraite par décret du 13 juillet 1911.
En 1897, il fonde la Commission du Vieux Paris, instituée par arrêté du 18 décembre 1897, dont il fut président, et créa les collections du Petit Palais.
Le 6 juillet 1902, il inaugure le Monument à Rouget de L'Isle à Choisy-le-Roi, qui avait été commandé par souscription nationale le 23 juillet 1882.
Il inaugure le Monument à Victor Hugo, place Victor-Hugo à Paris 16e en 1903.
Il est président d'honneur de la Confrérie artistique des écoliers de Paris en 1903, et président du jury du Concours musical de la Ville de Paris en 1904.
Il inaugure l'École horticole de Plessis-Piquet et la route reliant le Plessis à Robinson, le 14 juin 1909. De 1910 à 1920, il devint membre de l'Institut de France où en tant qu'académicien libre, il siégea à l'Académie des beaux-arts, section de musique, au fauteuil no 9 et eu pour successeur René Baschet (1860-1949).
Sénateur de Tarn-et-Garonne du 3 janvier 1909 à 1927, pendant lequel il fit le rapport pour la probation de la convention de Madrid sur le Maroc en 1913, il représente le canton de Verdun-sur-Garonne au conseil général de 1912 à 1924 ; réélu le 11 janvier 1920 jusqu’à 1927. Fin de mandat le 8 janvier 1927, battu aux élections sénatoriales du 9 janvier 1927.
Il occupa ensuite plusieurs fonctions au sein du gouvernement de la République sous la présidence d'Armand Fallières : ministre des Affaires étrangères, 130 rue de l'Université (Paris) dans le cabinet de Joseph Caillaux (à ce poste : successeur de Jean Cruppi et prédécesseur de Raymond Poincaré), du 27 janvier 1911 au 9 janvier 1912, date de sa démission. Lors du coup d'Agadir (1er juillet 1911), il se montra favorable à un raidissement face à l'Allemagne mais son président du Conseil, attaché au contraire à la détente des rapports franco-allemands, négocia par-dessus la tête du ministre avec le conseiller de l'ambassade d'Allemagne à Paris et confident de Guillaume II d'Allemagne. Mi-juillet, Joseph Caillaux avait interdit aux chefs d'état-major de se rendre aux convocations du ministre des Affaires étrangères. Son gouvernement démissionna après l'affaire du chemin de fer Cameroun-Congo.[Passage problématique]