Ce Jour-là

Julien Dray

Homme politique français

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Julien Dray, né le 5 mars 1955 à Oran, est un homme politique français. Militant trotskiste à la Ligue communiste révolutionnaire, dont il est exclu en 1981, il adhère ensuite au Parti socialiste (PS) où, avec Harlem Désir et à l'instigation de François Hollande, il cofonde l'association SOS Racisme en 1984. Il obtient une investiture du PS pour être élu de 1988 à 2012 député de la dixième circonscription de l'Essonne, département dont il sera ensuite, de 1998 à 2015, conseiller régional, avant d'occuper la même fonction jusqu'en 2021 dans le Val-de-Marne.

Julien Dray, qui n'a plus de mandat depuis 2021, est un commentateur et chroniqueur régulier sur la chaine de télévision CNews. Il n'est plus membre du PS depuis 2018.

Naissance, origines et vie familiale

Marié et père de trois enfants, Julien Dray est fils d'instituteur et petit-fils d'horloger. Il naît le 5 mars 1955 à Oran, en Algérie française, dans une famille juive séfarade, qui émigre en France en 1965 peu après l'indépendance.

Son frère cadet Jean-Paul, chirurgien-ophtalmologue, ancien dirigeant du Tagar, a été un membre très actif du mouvement juif d'extrême-droite Betar et fait partie du Conseil représentatif des institutions juives de France.

Scolarité, études et formation

Julien Dray entame des études secondaires au lycée Olympe de Gouges de Noisy-le-Sec, puis au lycée Honoré-de-Balzac de Paris. Il est titulaire d’une licence d’histoire-géographie, obtenue à l’université Paris XIII et d’un diplôme d'études approfondies de sciences économiques.

Carrière politique et syndicale

Années lycées et classe préparatoire

Lycéen à Noisy-le-Sec, il se découvre de gauche en participant au ciné-club, lieu de rencontre et de débats. En classe préparatoires, il fait la connaissance d'un groupe actif de la Ligue communiste (LC), mouvement trotskiste auquel il adhère. Il participe à l'âge de 18 ans au mouvement de 1973 contre la loi Debré, menaçant les sursis longs au service militaire.

À la rentrée 1975, il s'inscrit à l'université, et devient l'un des responsables du « secteur jeunesse » de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), qui a succédé à la LC, dissoute après les émeutes du 21 juin 1973. Il adhère ensuite au Mouvement d'action syndicale (MAS), dont il est d'abord exclu, ce syndicat étant proche de la CFDT et méfiant depuis quelques années envers le trotskisme. Cette année universitaire est marquée par mouvement de contestation du projet des réformes des universités d'Alice Saunier-Seïté qui dure de fin février à fin mai 1976, le MAS étant fondé en mars 1976 afin de regrouper les étudiants mobilisés.

Au assises de Grenoble du MAS en mai 1976, la LCR devient majoritaire et les « rocardiens » partent. Julien Dray peut revenir dans le syndicat et entre à sa direction en mai 1977. La direction inclut aussi Robi Morder, futur historien du mouvement étudiant. Deux ans plus tard, le 16 mai 1979, il est élu secrétaire général du MAS, quelques mois avant sa fusion avec l'UNEF-US.

François Mitterrand avait demandé à Édith Cresson, secrétaire nationale à la jeunesse du PS, d'évincer peu à peu l'aile gauche du PS (tendance chevènementiste) des syndicats étudiants.

Ainsi, un petit groupe d'étudiants « mitterrandistes » est créé : François Hollande, qui vient de finir HEC, Olivier Spithakis, étudiant à Sup de Co Marseille, et deux amis de la faculté de médecine, Jean-Marie Le Guen et Jean-Loup Salzmann, fils d'un des plus proches amis de François Mitterrand. L'objectif est de « prendre le contrôle de la Mutuelle nationale des étudiants de France (MNEF) » et d'en évincer l'aile gauche du PS et son « bureau national des étudiants socialistes », dissous par le comité directeur du PS le 3 mai 1975, selon l'historien Benjamin Stora et le journaliste Laurent Mauduit. En novembre 1975, s'était créé le Comité pour l'organisation du syndicat des étudiants de France (Cosef), présidé par Jean-Marie Le Guen. François Hollande est reçu au siège du PS par Édith Cresson, qui lui propose la direction du Cosef mais il décline. Le Cosef fusionne en 1978 avec l'UNEF-US (contrôlée depuis 1971 par le courant trotskiste lambertiste).

L'objectif de prise de contrôle de la MNEF est affiné, fin décembre 1978 lors d'une réunion et sera atteint en 1979 : les mitterrandistes obtenant la présidence de la MNEF grâce à l'aide des trotskistes, qu'ils aident en échange à contrôler le syndicat étudiant issu de deux fusions, l'UNEF-US absorbant successivement le Cosef et le MAS.

La prise de contrôle de la MNEF a eu lieu en octobre 1979, lors de l'assemblée générale à Tours, à l'issue de laquelle une plainte est déposée contre Julien Dray, pour des incidents qui ont opposé des militants de l'UNEF (ex-Renouveau) à des responsables du MAS et de l'UNEF-US, les premiers déplorant que leur liste aux élections de la MNEF aient été invalidée au printemps précédent, et que leurs adhérents aient été « attaqués et blessés par des nervis ». Peu après, le MAS obtient deux sièges d’administrateurs de la MNEF, pour Laurent Zappi et Julien Dray, qui ont étudié ensemble à l’université Paris 13-Villetaneuse.

Dès novembre 1979, Julien Dray et Robi Morder poussent à la fusion du MAS avec l'UNEF-US pour créer l'Unef-ID, avec l'aide de militants de l'aile droite du PS qui ont adhéré au MAS, et le soutien de nombreux articles de Serge Bolloch, ex-militant de la LCR, recruté en 1979 par Le Monde de l'éducation.

Malgré ce soutien, la fusion n'a lieu finalement que six mois plus tard, Dray devant « avaler des couleuvres » lors d'un calcul des mandats « truqué » par Jean-Christophe Cambadélis, qui indispose la direction de la LCR car le MAS s'est sacrifié dans la fusion. Sa tendance « Luttes étudiantes action syndicale » (LEAS) se retrouve ultra-minoritaire par rapport aux lambertistes, mais Julien Dray obtient le poste de vice-président. Peu après, au printemps 1981, il est exclu de la LCR.

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