Julien ou Julien II, de son nom romain Flavius Claudius Julianus, né vers 331 à Constantinople et mort le 26 juin 363 à Samarra en Perse, surnommé Julien l'Apostat par la tradition chrétienne, est un empereur romain de la période de l'Antiquité tardive, nommé César de l'Empire d'Occident en 355 par Constance II, puis empereur à part entière de 361 à 363.
Depuis les réformes de Dioclétien en 285, l'Empire romain est divisé en deux parties, Occident et Orient, chacune pourvue normalement de deux empereurs, un Auguste et un César. C'est aussi l'époque où, depuis l'édit de Milan de Constantin (313), le christianisme, religion jusque là périodiquement soumise à des persécutions, est officiellement toléré et influence de plus en plus les milieux dirigeants.
Élevé dans la religion chrétienne par les évêques Eusèbe de Nicomédie, puis Georges de Cappadoce (dans sa forme arienne et non pas nicéenne), Julien doit son surnom d'« apostat » à la volonté qu'il manifeste durant son règne de lutter contre le christianisme et de renforcer le polythéisme dans l'empire.
Doté d'une grande culture classique, il est l'auteur de textes polémiques contre le christianisme, qui, aux côtés du Discours véritable de Celse, sont un témoignage important sur l'opposition des « païens » à la nouvelle religion dans le monde romain du IVe siècle.
Il est le fils de Jules Constance (vers 296-337), demi-frère de l'empereur Constantin, qui a régné depuis 310 sur l'Empire d'Occident et depuis 324 sur les deux parties de l'Empire.
Julien et son demi-frère aîné, Constantius Gallus (vers 325-354), font donc partie de la branche cadette des descendants de Constance Chlore (empereur de 293 à 306), leur grand-père paternel.
La mère de Julien est Basilina (vers 310-332), qui décède quelques mois après l'avoir mis au monde. La date de naissance de Julien n'est pas très précise, novembre ou décembre 331 ou mai/juin 332.
Assassinat de son père après la mort de Constantin (337)
Il a six ans lorsque Constantin meurt à la fin de l'été 337. Lui succèdent ses trois fils Constantin II (316-340), Constance II (317-361) et Constant Ier (vers 321-350).
Dans cette période d'incertitude, la famille de Julien est en grande partie massacrée sur l'ordre des trois empereurs ou peut-être de Constance II seul (selon l'accusation de Julien). Seuls Julien et Gallus, alors gravement malades et alités, sont épargnés, peut-être sauvés à la demande de l'épouse de Constance II, selon l'allusion à sa protection que fait Julien dans son éloge de l'impératrice Eusébie, mais ils vont être soumis à une stricte surveillance.
Tous les biens de Jules Constance sont confisqués.
Jeunesse et éducation en régime de liberté surveillée
Avec Eusèbe de Nicomédie (337-341)
L'éducation de Julien est confiée à l'évêque arien Eusèbe de Nicomédie, qui a baptisé Constantin sur son lit de mort à Nicomédie (actuelle Izmit). En 338, Eusèbe devient évêque de Constantinople à la faveur du conflit entre ariens et nicéens, mais on ne sait pas si Julien le suit dans la capitale de l'Empire d'Orient ou s'il reste à Nicomédie.
Son pédagogue (précepteur) est l'eunuque Mardonios, Goth d'origine, qui a déjà élevé Basilina. Mardonios l'initie aux grands classiques de la culture grecque, Homère et Hésiode, et lui donne la passion de la lecture. De son éducation stricte, Julien conservera l'habitude de garder les yeux baissés (par humilité) et le mépris des spectacles publics. Il gardera cependant un souvenir heureux de son enfance avec Mardonios.
Avec Georges de Cappadoce (après 341-347)
À une date indéterminée, mais postérieure à la mort d'Eusèbe en 341, Constance II assigne Julien à résidence sous la tutelle de l'évêque de Césarée Georges de Cappadoce dans la forteresse de Macellum en Cappadoce, où il retrouve son demi-frère Gallus. On estime que la différence d'âge (six à huit ans) et de tempérament ne sont guère propices à l'établissement d'une complicité affective[réf. nécessaire]. Ils y passent six années dans l'isolement : interdits de visite, ils ont pour seule compagnie celle de leurs domestiques.
Georges de Cappadoce leur donne cependant accès à sa bibliothèque qui contient des textes chrétiens, mais aussi des œuvres de philosophie antique (que Julien pourrait avoir lues) de Platon, Aristote, Théophraste, des Stoïciens et des néo-platoniciens Plotin, Porphyre et Jamblique. Mais on ignore s'il s'est enthousiasmé dès cette époque pour la théologie solaire de ce dernier et ses discours sur le dieu Hélios, dont il ressentira plus tard directement et intimement la présence. Il pourrait s'être dès ce moment détaché du christianisme, religion soutenue par les empereurs qui ont massacré sa famille et au nom de laquelle ils se sont absous de tous leurs homicides, comme il l'écrira plus tard.