Julie Christie est une actrice britannique, née le 14 avril 1940 à Chabua, dans la région d'Assam, en Inde britannique.
Elle devient une icône de mode et reste une des figures marquantes du « Swinging London » des années 1960. Elle est révélée au cinéma dans Billy le menteur (1963). Elle s'est fait connaître sur le plan international grâce à son interprétation dans Darling chérie (1965), pour lequel elle remporte l'Oscar de la meilleure actrice, et surtout dans Le Docteur Jivago (1965), le 8e plus grand succès de tous les temps après correction de l'inflation. Elle a continué à recevoir des nominations aux Oscars, pour John McCabe (1971), L'Amour... et après (1997) et Loin d'elle (2007).
Christie est également connue dans les années 1970 pour figurer dans le film de science-fiction Fahrenheit 451 (1966) de François Truffaut, le drame paysan historique Loin de la foule déchaînée (1967) de John Schlesinger, et la comédie dramatique américaine Petulia (1968) de Richard Lester. Elle revient en Angleterre pour le drame historique Le Messager (1971) de Joseph Losey qui remporte la Palme d'or au Festival de Cannes 1971. Elle part ensuite pour Venise pour tourner le giallo Ne vous retournez pas (1973) de Nicolas Roeg et retourne aux États-Unis pour la comédie Shampoo (1975) de Hal Ashby et le film fantastique Le ciel peut attendre (1978) de Warren Beatty. Des années plus tard, elle sera également remarquée dans Hamlet (1996) ainsi que pour ses seconds rôles dans les superproductions Neverland (2004), Troie (2004) ou Harry Potter et le Prisonnier d'Azkaban (2004).
Christie a reçu un Oscar, un BAFTA, un Golden Globe et un Screen Actors Guild Award. Elle a joué dans six films classés parmi les 100 meilleurs films britanniques du XXe siècle de l'Institut du cinéma britannique et a reçu en 1997 le BAFTA d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
Julie Frances Christie est née le 14 avril 1940 dans une plantation de thé, le Singlijan Tea Estate, à Chabua, dans la région de l'Assam, en Inde britannique. Sa mère, Rosemary (née Ramsden), est une artiste peintre d'origine galloise, et son père, Francis « Frank » St John Christie, dirigeait la plantation de thé où elle a grandi. Elle a un frère cadet, Clive, et une demi-sœur plus âgée (décédée), June, issus de la relation de son père avec une cueilleuse de thé indienne ayant travaillé dans la plantation. À l'âge de six ans, elle est envoyée chez une mère adoptive afin de pouvoir fréquenter un couvent en Angleterre. Ses parents se séparent lorsque Julie est enfant et, après leur divorce, elle passe du temps avec sa mère dans la campagne du Pays de Galles.
Elle est baptisée dans l'Église d'Angleterre et fait ses études dans le couvent de Notre-Dame (Convent of Our Lady school), un pensionnat catholique de St Leonards-on-Sea, dans le Sussex de l'Est, après avoir été renvoyée d'une autre école conventuelle pour avoir raconté une blague osée qui a touché un public plus large qu'elle ne l'avait prévu. Après avoir été invitée à quitter le couvent de Notre-Dame, elle a fréquenté la Wycombe Court School de High Wycombe, dans le Buckinghamshire, où elle vit avec une mère adoptive à partir de l'âge de six ans. À l'école de Wycombe, elle a joué le rôle du dauphin Charles dans la pièce Sainte Jeanne de George Bernard Shaw. Elle se rend à Paris à 16 ans pour terminer sa scolarité et apprendre le français avant de tenir un poste de lecteur d'anglais au lycée Marie-Curie de Tarbes. Elle retourne ensuite en Angleterre et étudie à la Central School of Speech and Drama de Londres.
Julie Christie fait ses débuts professionnels sur scène en 1957, dans des rôles à l'écran et à la télévision britannique. C'est dans la série A for Andromeda (en) (1961) sur la BBC qu'elle se fait remarquer le plus tôt. En lice pour le rôle de Honey Rider dans le premier film de la série des James Bond — James Bond 007 contre Dr No sorti en 1962 —, elle est récusée par le producteur Albert R. Broccoli au motif qu'elle a une poitrine trop petite.
Christie a joué dans deux comédies pour Independent Artists : Ma douce tigresse (1962) et La Merveilleuse Anglaise (1962). Son rôle le plus marquant est celui de Liz, l'amie et la maîtresse potentielle du personnage éponyme joué par Tom Courtenay dans Billy le menteur (1963), pour lequel elle est nommée aux BAFTA. Le réalisateur John Schlesinger n'a choisi Christie qu'après qu'une autre actrice, Topsy Jane, eut abandonné le projet. Sur l'impulsion du Vogue britannique, elle est immédiatement promue au rang d’égérie de la mode, le magazine la décrivant comme « l'une des meilleures choses dans le film ». Christie a joué le rôle de Daisy Battles dans Le Jeune Cassidy (1965), un film biographique du dramaturge irlandais Seán O'Casey, coréalisé par Jack Cardiff et John Ford (non crédité).
Son rôle de mannequin amoral dans Darling chérie (1965) permet à Christie de se faire connaître internationalement ; il inspire également le chanteur Tony Christie à prendre le nom de scène de Christie. Le film est réalisé par Schlesinger, avec Dirk Bogarde et Laurence Harvey ; Christie n'a obtenu le rôle principal que sur l'insistance de Schlesinger, le studio ayant voulu Shirley MacLaine à sa place. Elle reçoit l'Oscar de la meilleure actrice et le BAFTA de la meilleure actrice britannique dans un rôle principal pour son interprétation.
Dans Le Docteur Jivago (1965) de David Lean, adapté du roman épique et romantique de l'écrivain russe Boris Pasternak, le rôle de Christie, l'infirmière bolchévique Lara Antipova, est devenu son rôle le plus connu. Le film a été un succès phénomène dans le monde entier. En 2022, Le Docteur Jivago est le 8e film le plus rentable de tous les temps dans le monde, après correction de l'inflation, le 1er plus gros succès de tous les temps en Italie avec 22,9 millions d'entrées, et le 35e plus gros succès en France avec 9,8 millions d'entrées. Son style et sa garde-robe dans ce film influencent l'époque. Le magazine Life baptise l'année 1965 comme « l'année de Julie Christie » et deux ans plus tard souligne que « ce que porte Julie Christie a plus d'impact sur la mode que tous les vêtements des dix femmes les mieux habillées au monde »..
Dans les années qui suivent, Julie Christie travaille beaucoup. Son cachet par film avoisine alors les 400 000 $. Après un double rôle dans l'adaptation par François Truffaut du roman de Ray Bradbury, le film de science-fiction dystopique Fahrenheit 451 (1966), où elle côtoie Oskar Werner, elle incarne Bathsheba Everdene, l'héroïne de Thomas Hardy, dans l'Angleterre victorienne et rurale de Loin de la foule déchaînée (1967) de Schlesinger. Après avoir déménagé à Los Angeles en 1967 (« J'y étais à cause d'un tas de petits amis américains »), elle apparaît dans le rôle-titre de Petulia (1968) de Richard Lester, aux côtés de George C. Scott. L'image de Christie en tant que figure des Swinging Sixties britannique qu'elle avait incarnée dans Billy le menteur et Darling chérie a été renforcée par son apparition dans le documentaire Tonite Let's All Make Love in London (litt. « Ce soir, faisons tous l'amour à Londres ») sorti en 1967 et réalisé par Peter Whitehead.
Dans le drame historique et romantique Le Messager (1971) de Joseph Losey, Christie tient le rôle principal aux côtés d'Alan Bates. Le film remporte la Palme d'or du Festival de Cannes 1971. Elle a obtenu une deuxième nomination à l'Oscar de la meilleure actrice pour son rôle de tenancière de bordel dans le western postmoderne John McCabe (1971) de Robert Altman. Le film a été la première des trois collaborations entre Christie et Warren Beatty, qui l'a décrite comme « la personne la plus belle et en même temps la plus nerveuse que j'aie jamais connue ». Le couple a eu une relation très médiatisée mais dilettante entre 1967 et 1974. Après la fin de leur relation, ils ont retravaillé ensemble dans les comédies Shampoo (1975) et Le ciel peut attendre (1978).
Ses autres films au cours de la décennie sont le giallo britanno-italien tourné à Venise Ne vous retournez pas (1973) de Nicolas Roeg, inspiré d'une histoire de Daphné du Maurier, dans lequel elle partage l'affiche avec Donald Sutherland, et le film de science-fiction horrifique Génération Proteus (1977), inspiré du roman éponyme de Dean Koontz et réalisé par Donald Cammell. Ne vous retournez pas en particulier a été plébiscité, Christie ayant été nommée pour le BAFTA de la meilleure actrice dans un rôle principal, et en 2017, un sondage de 150 acteurs, réalisateurs, écrivains, producteurs et critiques pour le magazine Time Out l'a classé comme le plus grand film britannique de tous les temps. Selon le critique français Olivier Père : « À l’époque de sa sortie, Ne vous retournez pas retint surtout l’attention en raison d’une scène d’amour jugée particulièrement réaliste. Entièrement construite sur des effets de montage, qui mélangent les étapes successives d’une relation sexuelle banale, c’est aujourd’hui l’élément le plus daté du film. En revanche, Ne vous retournez pas est passionnant parce qu’il mêle des influences d’horizons divers, sorte de synthèse entre un cinéma intellectuel et un autre plus trivial. Il apparaît clairement que Roeg, petit héritier de la modernité des années 60, voudrait être comparé à Alain Resnais dans son approche cinématographique du temps, du deuil et de la mémoire. D’un autre côté, le cinéaste britannique débarqué en Italie pour y réaliser un giallo, sous-genre typiquement transalpin mêlant sadisme, fantastique et enquête policière, a sans doute vu les films de Mario Bava et quelques autres avant de commencer le sien »