Jules Vallès, né le 11 juin 1832 au Puy-en-Velay et mort le 14 février 1885 à Paris, est un journaliste, écrivain et homme politique d'extrême gauche français.
Fondateur du journal Le Cri du peuple, il fait partie des élus lors de la Commune de Paris en 1871. Condamné à mort, il doit s'exiler à Londres de 1871 à 1880.
Né le 11 juin 1832, Jules Vallès est le troisième enfant de Jean-Louis Vallez et de Julie Pascal, au sein d'une fratrie de sept, dont seuls lui et sa sœur Marie Louise, de trois ans sa cadette, survivront ; il apparaît comme « Louis Jules Valles » à l'état-civil.
Son père, ayant obtenu son baccalauréat en 1826, travaille d'abord comme maître d'école à l'Institut des sourds-muets du Puy, puis, à partir de 1833, comme maître d'études au collège royal du Puy, mais il est congédié quelques années et ne reprend ce travail qu'en 1839. En 1840, il est nommé maître de 7e au collège royal de Saint-Étienne.
En 1839, Jules entre en 8e au collège du Puy, et en 1840, au collège de Saint-Étienne où il reste de la 7e à la 3e.
Son père prépare l'agrégation de grammaire et est admissible en 1845. Il est alors nommé professeur au Collège royal de Nantes. Il est reçu à l'agrégation en 1847. Jules Vallès entre au collège de Nantes, de nouveau en 3e, en 1845-1846, il est en Seconde en 1846-1847 et se trouve en classe de rhétorique en 1847-1848. Il est très bon élève, récompensé à plusieurs reprises par des prix d'excellence et des 1ers prix.
Il semble, d'après ses ouvrages L'Enfant et Le Bachelier, que ses relations avec ses parents, surtout avec son père, ont été conflictuelles. Jules a des opinions socialistes, à tendance anarchiste, voire proudhonienne. Son père ne partage pas ses idées et, de plus, voudrait garder son emploi de fonctionnaire qu'il pourrait perdre si son fils se montrait trop hostile aux bonapartistes et à Napoléon III.
Jules Vallès a écrit une trilogie romanesque largement autobiographique centrée autour d'un personnage que Vallès nomme Jacques Vingtras. Le premier tome s'appelle L'Enfant ; l'auteur évoque sa jeunesse entre un père professeur veule et une mère, fille de paysans, peu aimante et parfois violente, période de sa vie qu'il présente comme martyrisée, pauvre (au moins pour la partie consacrée au Puy-en-Velay) et malheureuse. Les tomes suivants sont Le Bachelier et L'Insurgé. L'adéquation n'est pas totale entre la vie, racontée, de Jacques Vingtras et celle, réelle, de Jules Vallès. On peut y remarquer l'absence de faits importants — sa sœur, notamment, internée par leur père, n'y est pas évoquée.
1848 : première expérience révolutionnaire
À partir de février 1848, Jules Vallès participe activement aux événements révolutionnaires (qui font du « collège royal » un « lycée national »). Le 26 février, il participe à une manifestation républicaine dans le centre-ville et le 27 assiste à la plantation d'un arbre de la liberté sur la place Royale (rebaptisée « place de l'Égalité ») aux côtés de son ami Charles-Louis Chassin.
Début mars, celui-ci fonde le Club républicain de la Jeunesse de Bretagne et Vendée, qui organise une manifestation pour l'abolition de l'esclavage. Le club est cependant surtout consacré à la réflexion et ne se réunit que le jeudi et le dimanche. Fin mars, les dirigeants du club rencontrent le Commissaire de la République, Maunoury ; celui-ci leur explique que la meilleure chose à faire pour un jeune républicain, c'est d'étudier avec assiduité. Vallès estime que c'est une réponse de pion.
En recrutant des élèves d'autres établissements de la ville, Jules Vallès réussit à devenir président du club, dans une perspective plus révolutionnaire que celle de Chassin. Il propose un programme radical : suppression du baccalauréat, des examens, « liberté absolue de l'enfance », etc. Le proviseur du lycée réagit à ce moment en informant les parents et en leur demandant d'intervenir auprès de leur enfant. Le journal nantais de droite L'Alliance fait état de cette affaire. Le club perd alors l'accès qu'il avait à un local prêté par les autorités et périclite.
Quelques-uns de ses membres, dont Jules Vallès, se manifestent cependant en juin, au moment de l'insurrection des ouvriers parisiens ; ils envisagent de partir à Paris pour aider les insurgés, mais la mairie n'organise que le départ de gardes nationaux pour les combattre. Le 27 juin, au moment du départ des volontaires (au Port Maillard), Vallès et ses amis viennent manifester leur opposition, ce qui est rapporté dans L'Alliance du lendemain. Tout cela n’empêche pas Jules Vallès d’obtenir le 1er prix d’excellence en 1848, alors qu’il n’avait obtenu que le 2e en 1847.
En septembre 1848, surpris dans une auberge des environs de Nantes en compagnie d'une femme mariée, il doit quitter Nantes pour Paris. Il habite au pensionnat Lemeignan (faubourg Saint-Honoré) ; il est élève au lycée Bonaparte, pour redoubler sa classe de rhétorique et préparer le concours général.
En 1849, Jules Vallès est de retour au lycée de Nantes pour suivre un cours de philosophie. Il échoue au baccalauréat à Rennes en 1850. En octobre de la même année, il retourne à Paris pour préparer l'École normale. Jules Vallès et Charles-Louis Chassin fondent un Comité des Jeunes en 1851 pour lutter contre Louis-Napoléon Bonaparte, dont ils suspectent les intentions ; après le coup d'État du 2 décembre, ils essaient de mobiliser les étudiants parisiens.
Le 31 décembre, il est rappelé à Nantes par son père et interné pour « aliénation mentale » à l'asile de la ville. Fin février 1852, au bout de huit semaines, deux certificats médicaux du même médecin certifient sa guérison : les amis nantais de Jules Vallès avaient menacé de crier au scandale. « Semaines pendant lesquelles j'ai failli devenir fou ! », dira Vallès.
En mai 1852, il prépare à nouveau le baccalauréat dans sa famille à Nantes, et l’obtient à Poitiers. Le 7 janvier 1853, il s'inscrit à un cours de droit à Nantes. À la suite du complot de l'Opéra Comique visant à assassiner l'empereur Napoléon III, le 5 juillet 1853, il est emprisonné, avec Arthur Ranc, à la Mazas.
En 1855, il devient le secrétaire de Gustave Planche. L’année suivante, il se bat, en duel avec Poupart-Davyl, qui fut un de ses amis, et avec lequel il a cohabité. Poupart-Davyl (Legrand dans Le Bachelier) et lui étaient entrés en conflit, du fait notamment de leurs opinions radicalement différentes, Vallès se montrant anticlérical, alors que Poupart-Davyl était assez catholique.