Ce Jour-là

Jules Rimet

Dirigeant français de football

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Jules Rimet, né le 24 octobre 1873 à Theuley (Haute-Saône) et mort le 15 octobre 1956 à Suresnes (Seine), est un dirigeant du football français. Avocat de formation, Rimet commence, dès sa jeunesse, à s'intéresser fortement au football, lorsqu'il se trouve dans le prestigieux établissement « La Rochefoucauld ».

Président de la « Fédération internationale de football association » pendant trente-trois ans, de 1921 à 1954, il est l'initiateur de la Coupe du monde de football dont la première édition a lieu en 1930 et dont le premier trophée porte son nom. Il est par ailleurs président-fondateur du Red Star Football Club de 1897 à 1910, cofondateur de la Ligue de football association en 1910, premier président de la Fédération française de football de 1919 à 1942 puis de 1944 à 1949 et président du Comité national des sports de 1931 à 1947.

Personnalité marquante du sport, Jules Rimet joue un rôle important dans l'émergence du football mondial entre les années 1920 et 1950, grâce à ces multiples actions d'envergure internationale.

Promu commandeur de la Légion d'honneur, Rimet est proposé, à la fin de sa vie, pour être prix Nobel de la paix mais meurt avant d'être éventuellement élu.

Jules Ernest Séraphin Valentin Rimet naît et passe toute son enfance à Theuley-les-Lavancourt, commune située à 30 kilomètres à l'ouest de Vesoul, dans la Haute-Saône. Il vit lors chez son grand-père Charles-François Ramondot, agriculteur et meunier, son père paysan étant monté trouver du travail à Paris à la suite de la crise agricole consécutive à la Grande Dépression. Jules, l'aîné des Rimet (il a deux frères et deux sœurs), reçoit une éducation chrétienne et patriotique empreinte de catholicisme social. En 1885, il fait sa première communion, obtient le certificat d'études primaires et quitte son village natal pour rejoindre ses parents qui travaillent comme épiciers rue Cler dans le quartier populaire du Gros-Caillou du 7e arrondissement de Paris. La famille habitant alors rue de Grenelle, Rimet passe son adolescence au lycée La Rochefoucauld de la paroisse Saint-Pierre-du-Gros-Caillou et découvre le football dans la rue avant d'y jouer avec l'Étincelle. Il s'y forge la conviction des bénéfices du sport dans l'éducation physique et morale des jeunes, vecteur de bien-être et d'amitié entre les peuples.

Élève consciencieux et assidu, il obtient son baccalauréat, puis une licence de droit. Il devient "saute-ruisseau" chez un avoué du quartier de la Bourse, puis associé au Comptoir Fiduciaire de Paris, un cabinet de contentieux et de recouvrement. Il s'intéresse à de nombreuses disciplines sportives, notamment l'escrime et l'athlétisme. Au début des années 1890, il devient membre du Cercle catholique d'ouvriers du Gros-Caillou, crée l’« Union sociale du VIIe arrondissement » et adhère au mouvement de la Démocratie chrétienne situé entre les restaurateurs du catholicisme traditionnel et les républicains anticléricaux. Son beau-frère Georges Delavenne devient plus tard maire de cet arrondissement avec entre autres le soutien de Jules Rimet.

Le 12 mars 1897, Jules Rimet fonde le club omnisports du Red Star avec son frère Modeste et plusieurs amis. Jules a alors 23 ans. Le club applique les valeurs humanistes de son fondateur, et notamment son ouverture aux jeunes issus de familles pauvres. La section football rejoint le championnat de Paris de troisième série de l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA). D'abord basé à Paris, près de la Tour Eiffel, le club change plusieurs fois de résidence à Paris et dans la proche banlieue. En mai 1897, dans son logement au numéro 188 rue de Grenelle, il invite des amis afin de créer une publication baptisée La Revue, journal chrétien, républicain et démocratique, qui fusionne en janvier 1899 avec Le Sillon de Marc Sangnier, une revue qui fait rompre de nombreux chrétiens avec la monarchie. Au-delà du football, qui l'intéresse avant tout pour ses vertus éducatives, Rimet est passionné de poésie, de littérature, de musique ; il ouvre ainsi au sein du Red Star une « section littéraire et artistique » avec comme but la vulgarisation des sports athlétiques.

Le 22 octobre 1898, il épouse Jeanne Peyrègne.

L'Union des sociétés françaises de sports athlétiques

Jules Rimet intègre la direction de l'USFSA qui lance la fondation de la Fédération internationale de football association (FIFA), actée dans ses locaux parisiens en 1904. Alors que l'organisation projette rapidement l'organisation d'une compétition mondiale, sous l'impulsion de la Fédération anglaise de football, Rimet de son côté pousse à l'organisation d'un tournoi de football aux Jeux olympiques de 1908 réservé aux joueurs amateurs.

L'USFSA claque la porte de l'institution internationale en 1907, interdisant de fait aux clubs qui la composent tout match international. Jules Rimet a conscience que l’avènement du professionnalisme, combattu par l'USFSA, est inéluctable si on souhaite ouvrir le football à toutes les couches de la population. Il fonde en 1910 avec les dirigeants de trois autres clubs parisiens la Ligue de football association, qui s'affilie au Comité français interfédéral (CFI), le remplaçant de l'USFSA comme représentant de la France auprès de la FIFA. Rimet quitte alors la direction du Red Star, au moment de son déménagement définitif à Saint-Ouen. En 1914, il est nommé représentant du CFI auprès de la FIFA.

Au début de l'année 1917, alors qu'il est engagé au front, il prend connaissance d'un projet du secrétaire du Comité français interfédéral (CFI), Henri Delaunay. Celui-ci souhaite créer une nouvelle compétition française à élimination directe afin de rendre hommage à Charles Simon, président du CFI tué au front au cours de l'année 1915. Delaunay demande donc à Rimet son avis en tant que vice-président du CFI. Ce dernier lui répond alors par courrier : « J'aurais voulu lire attentivement le projet avant de vous donner mon approbation, puis la relève est venue et je n'avais plus le temps. [...] Je ne veux pas attendre davantage et vous envoie mon approbation de confiance. Je grelotte en vous écrivant, excusez donc mon griffonage. ». Par ces mots, Jules Rimet vient de donner son accord à la création de la « coupe Charles-Simon », renommée Coupe de France de football en 1919).

La Fédération française de football association

Survivant à la Grande guerre avec le grade de lieutenant d'infanterie et une croix de guerre, Jules Rimet reprend ses activités de dirigeant sportif. Il est élu président de la toute nouvelle Fédération française de football association (FFFA) le 11 avril 1919. Il a la joie en 1921, 1922 1923 et 1928 de voir le Red Star remporter la Coupe de France de football, la principale compétition française du moment. Il défend l'avènement du professionnalisme dans le football français, y voyant le seul moyen d'ouvrir la pratique du football aux classes pauvres, constituées d'ouvriers et employés. En 1938, il se montre inflexible devant la menace des joueurs du championnat de France de faire grève et obtient gain de cause.

En 1942, il se retire de la présidence de la FFFA pour protester contre les mesures imposées par le Commissariat général à l'éducation et aux sports (restriction du professionnalisme, modification de la durée des rencontres) ; il revient à ses responsabilités deux ans plus tard. Il quitte définitivement la FFFA en 1949, après trente ans de mandat, à la suite de l'« affaire sarroise » : la volonté de Rimet d'intégrer le FC Sarrebruck au championnat de France est rejetée par les autres clubs aux cris de « Bordeaux plutôt que Sarrebruck ».

La Fédération internationale de football association

Au sein de la FIFA, le président de la FFFA s'oppose à l'exigence des Britanniques d'exclure les pays vaincus de la Première Guerre mondiale. Le 1er mars 1921, il est élu président de la FIFA. La fédération internationale est alors exsangue, ébranlée par le conflit mondial. Elle ne compte plus qu'une douzaine de membres, dont ne font partie ni les Britanniques, qui ont claqué la porte de l'organisation, ni le Brésil ou l'Uruguay. Rimet voit pourtant en elle le moyen de rassembler la grande famille du football à travers le monde. Il est en cela inspiré par la vision universelle liée aux valeurs chrétiennes qui lui sont chères. Pour la même raison, il est plutôt réticent, tout au long de son mandat à la FIFA, au développement des fédérations continentales, notamment en Europe, voyant là une menace sur l'unité de la « famille ». Il développe les activités de la FIFA et œuvre particulièrement à l'organisation d'un tournoi mondial ouvert aux professionnels, en dépit des réticences des tenants de l'« amateurisme aristocratique » comme Pierre de Coubertin, fondateur du Comité international olympique (CIO).

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