Ce Jour-là

Jules Michelet

Historien français

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Jules Michelet, né le 5 fructidor an VI (22 août 1798) à Paris et mort le 9 février 1874 à Hyères, est un historien français.

Libéral et anticlérical, il est considéré comme l'un des grands historiens du XIXe siècle, le premier et le plus grand des historiens nationalistes, romantiques et libéraux, l’un des « plus grands créateurs de l’âge romantique », selon Paul Bénichou, bien qu'aujourd'hui controversé, notamment pour avoir donné naissance à travers ses ouvrages historiques à une grande partie du « roman national », républicain et partisan, remis en cause par le développement historiographique de la fin du XXe siècle. Il a également écrit différents essais et ouvrages de mœurs, dont certains lui valent des ennuis avec l'Église et le pouvoir politique. Parmi ses œuvres les plus célèbres de l'époque, Histoire de France, qui sera suivie d'Histoire de la Révolution.

Jules Michelet naît le 5 fructidor an VI (22 août 1798) dans l'ancien 6e arrondissement de Paris. Il est issu d'une famille catholique. Son père, Jean François Fursy Michelet (1770-1846), était originaire de Laon. Celui-ci, voulant apprendre le métier d'imprimeur, est venu à Paris et est entré à l'Imprimerie des Assignats, place Vendôme, en octobre 1792, puis à l'Imprimerie nationale pendant la Terreur. Après le 9 thermidor an II (27 juillet 1794), il a fondé une imprimerie avec des fonds qu'il a empruntés à son père, Félix Michelet (1747-1815), qui l'avait rejoint à Paris.

Le 29 mars 1795, Jean François Furcy Michelet a épousé une Ardennaise, Angélique Constance Millet (1761-1815), de 9 ans son aînée, qu'il avait connue lorsqu'elle était venue rendre visite à son oncle à Laon. Jean François Furcy Michelet avait installé ses presses dans une chapelle déconsacrée (dépendant d’un ancien couvent de religieuses de Saint-Chaumont), 14 rue de Tracy, où il produit à cette époque des assignats. Jules Michelet y naît le 22 août 1798. Cependant, son père, Jean François Furcy Michelet, maître-imprimeur est ruiné par le décret de Napoléon du 5 février 1810 qui limite sévèrement le nombre des presses parisiennes, et emprisonné à la prison Sainte-Pélagie pour dettes impayées en 1808. Sa mère, Angélique Constance Millet, est une femme pieuse et austère originaire d'une famille paysanne de Renwez, un village des Ardennes. Après 1812, Jean François Furcy Michelet n'a plus exercé son métier et a été obligé de vivre de travaux dérisoires. La famille a connu la pauvreté. Constance Millet est morte trois ans plus tard, dans la nuit du 9 février 1815 d'hydropisie. Jules Michelet raconte dans son livre « Ma jeunesse » que cette nuit-là, il traduisait un texte de Sénèque sur la fragilité de la vie humaine.

Initié par son père au travail de l'imprimerie, Jules a la possibilité d'entrer à l’Imprimerie impériale où une place lui est offerte. Cependant, son père refuse, préférant s’imposer des sacrifices pour l’envoyer étudier à l'institution Mélot, tenue par M. Mélot, un ancien maître d’école de campagne qui lui apprend le latin, de 1809 à 1812, puis au lycée Charlemagne, dans la classe de troisième où il a pour maître Andrieu d'Alba jusqu’à 1816. Jules y poursuit des études de lettres. Licencié ès lettres le 6 juillet 1818, il peut entrer comme répétiteur à l'institution Briand.

Il soutient son doctorat ès lettres, le 27 aout 1819. Sa thèse en français consiste en une interprétation morale, stylistique et rhétorique des Vies des hommes illustres (100-120 apr. J.-C.) de Plutarque. Dans sa thèse latine intitulée « De percipienda infinitate secundum Lockium », il analyse les théories développées par John Locke dans son Essai sur l'entendement humain (1689). Après l'obtention de son doctorat, il est reçu troisième à l’agrégation des lettres, le 21 septembre 1821.

Après quelques remplacements au lycée Charlemagne, il est nommé professeur d’histoire au collège Sainte-Barbe-Rollin à Paris le 13 novembre 1822. Cette période est des plus favorables pour les érudits et les hommes de lettres en France. Michelet a de puissants appuis en Abel-François Villemain et Victor Cousin, entre autres. Bien qu’il ait des idées politiques fermes que lui a transmises son père — un républicanisme fervent teinté de romantisme libre-penseur —, il est d’abord et avant tout un homme de lettres et un enquêteur sur l’histoire du passé. Il appartient à cette école qui pense que l’histoire doit être avant tout un cours d’enseignement philosophique. Ses premiers ouvrages sont des manuels scolaires destinés en premier lieu à ses élèves. Il publie tout d’abord Tableau chronologique de l’histoire moderne de 1453 à 1739 en 1825, puis Tableaux synchroniques de l’histoire moderne de 1453 à 1648 en 1826. Son ouvrage suivant, Précis d’histoire moderne, publié en 1827, est un livre solide et soigné, meilleur que tout ce qui est paru auparavant, écrit dans un style sobre et néanmoins captivant. Le 3 février de la même année, il est nommé maître de conférences de philosophie et d'histoire à l’École préparatoire, future École normale supérieure. Sa nomination à l’École normale lui vaut en outre d’être choisi pour enseigner l’histoire à Louise d'Artois, fille ainée du duc d’Artois, future régente de Parme.

La Révolution de Juillet, qui porte au pouvoir ses professeurs Abel-François Villemain et François Guizot, permettent à Michelet, qui avait perdu sa royale écolière à la chute des Bourbons, de retrouver la place de précepteur royal de la princesse Clémentine, future duchesse de Saxe-Cobourg, puis en octobre celle de chef de la section historique aux Archives nationales, ainsi que le titre de professeur suppléant de Guizot à la Faculté des lettres de Paris de 1833 à 1835, ce qui lui donne accès à une riche documentation historique et lui permet d'étayer et d'approfondir ses idées.

En 1831, son Introduction à l’histoire universelle se démarque des ouvrages précédents par le style. Elle met en évidence ses capacités de synthèse et son talent d’écrivain, ainsi que ses étonnantes qualités de visionnaire, qui font réfléchir, mais le rendent aussi moins digne de confiance en tant qu’historien. Il y expose sa vision de l’histoire comme un long combat de la liberté contre la fatalité.

Peu après, il commence son œuvre majeure, l’Histoire de France, qui va l'occuper pendant les trente années suivantes. Il accompagne cette production de nombreux autres livres, surtout d’érudition, tels que :

les Œuvres choisies de Vico (1835, 2 volumes), en particulier une traduction libre de Scienza nuova de Giambattista Vico de 1744 sous le titre : La Science nouvelle, ou Principes de la philosophie de l’Histoire, avec une biographie de l’auteur ;

Mémoires de Luther écrits par lui-même traduits et mis en ordre par Michelet (1835) ;

Origines du droit français (1837) ;

Histoire romaine : république (1839) ;

Le Procès des Templiers (1841), second tome en 1851.

Ces ouvrages, et principalement les Origines du droit français, sont écrits dans la première manière de Michelet, c’est-à-dire dans un style concis et énergique, capable de donner relief aux sujets les plus arides et de revivifier le passé. Il dit de lui-même : « Augustin Thierry avait appelé l’histoire narration ; Guizot, analyse ; je l’appelle résurrection ».

Depuis janvier 1834, suppléant de Guizot, il professe des cours à la Sorbonne à forte tonalité anglophobe, avivée par son voyage en Angleterre d'août à septembre qui le met en contact avec la révolution industrielle et la misère ouvrière urbaine. Il fait de l'Angleterre la préfiguration de l'Europe, voire du monde futur.

L’année 1838 est une année très importante dans la vie de Michelet. Il est dans la plénitude de ses moyens, ses études ayant nourri chez lui son aversion naturelle envers les principes d’autorité et les pratiques ecclésiastiques, et à un moment où l’activité accrue des jésuites suscite une inquiétude réelle ou feinte, il est nommé à la chaire d’histoire au Collège de France, donnant sa leçon inaugurale le 23 avril devant le ministre de l'Instruction publique Salvandy. Assisté de son ami Edgar Quinet, il commence une violente polémique contre cet ordre impopulaire et les principes qu’il représente, polémique qui range leurs conférences, surtout celles de Michelet, parmi celles qui avaient à l’époque le plus de succès. Les textes de ses conférences, plus religieuses qu’historiennes ou littéraires, parurent dans trois livres, où il dénonçait la trahison de l’Église romaine face au peuple :

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