Ce Jour-là

Jules II

216e pape de l’Église catholique, de 1503 à 1513

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Jules II, né Giuliano della Rovere, le 5 décembre 1443 à Albisola près de Savone et mort dans la nuit du 20 au 21 février 1513 à Rome, est un homme d'Église. Successivement évêque de Carpentras, Lausanne, Coutances, puis de Viviers et enfin archevêque d'Avignon, il est élu pour devenir le 216e pape de l'Église catholique le 1er novembre 1503 sous le nom de Jules II (en latin Julius II, en italien Giulio II) à la suite du conclave d'octobre 1503.

Préoccupé de l'équilibre des puissances en Italie, cet ambitieux chef d'État, plus séculier que religieux, élimine tour à tour César Borgia, les Vénitiens puis les Français avec le concours des Espagnols de la Romagne et du Milanais, accroissant simultanément le territoire des États pontificaux. Sur le plan artistique, on lui doit un mécénat qui a donné l'actuelle basilique Saint-Pierre, la décoration du plafond de la chapelle Sixtine ainsi que celle des chambres de Raphaël, la création d'un musée d'art.

Originaire d'une riche famille de marchands de Savone, l'accession de son oncle Sixte IV au pontificat en 1471 lui permet de gravir rapidement les échelons de la hiérarchie ecclésiastique. Formé chez les franciscains, son oncle devenu général de l'ordre le fait entrer au noviciat au couvent de Pérouse. Il ne semble pas avoir embrassé la vie monastique.

En 1471, il est ordonné évêque de Carpentras puis cardinal.

En 1472, son oncle le nomme évêque de Lausanne, diocèse dans lequel il ne mettra jamais les pieds, préférant l'échanger en 1476 contre celui de Coutances, diocèse duquel il se démet en faveur de son neveu Galéas de La Rovère en 1477.

En 1474, il conduit les troupes pontificales lors d'une campagne militaire pour ramener l'ordre à l'intérieur des États du pape. Après avoir soumis les cités de Lodi et Spolète, il assiège Città di Castello, dont le seigneur, Vitellozzo Vitelli, était un allié de Laurent de Médicis.

Archevêque d'Avignon de 1474 à 1503, il exerce pendant la même période dans la cité la fonction de légat du pape, ainsi que la fonction d'évêque de Mende (1478-1483). Il est également évêque de Bologne du 3 novembre 1483 au 20 septembre 1499.

Peu respectueux de l'obligation de continence (à différencier cependant du vœu de chasteté des moines et des religieux), il engendre trois filles dont Felice della Rovere.

Le roi Louis XI accueille le légat à Lyon le 15 juin 1476. Le cardinal quitte de nouveau Rome le 5 juin 1480 et arrive à Paris le 4 septembre. En effet, les Turcs ont tenté d'occuper Rhodes en mai. Afin d'organiser une croisade unie, il faut établir diligemment une paix stable entre Louis XI et Maximilien Ier du Saint-Empire. À cause de Maximilien, il ne réussit pas à réaliser ce projet. Cependant, en fin d'année, le légat peut libérer le cardinal Jean de la Balue enchaîné depuis 11 ans. Si l'on ignore sa mission suivante, il reste encore à Paris, puis à Avignon jusqu'au 18 novembre 1481.

En 1492, à la mort du pape Innocent VIII, Rodrigo Borgia, son ennemi personnel, réussit à se faire élire sous le nom d'Alexandre VI. Jaloux et fâché de son échec, Della Rovere accuse le nouveau pape d'avoir acheté un certain nombre de voix dont celle du cardinal Ascanio Sforza qui, après s'être présenté au premier tour de vote, s'est finalement rallié au cardinal Borgia. Craignant pour sa vie, il part en France à la cour de Charles VIII qu'il convainc de mener une campagne militaire en Italie, afin de déposer Alexandre VI et de récupérer le royaume de Naples. Accompagnant le jeune roi dans sa campagne, il entre dans Rome avec lui fin 1494 et se prépare à lancer un concile pour enquêter sur les agissements du pape en vue de le déposer.

Alexandre VI parvient à circonvenir les machinations de son ennemi, en achetant l'ambassadeur français Guillaume Briçonnet évêque de Meaux, auquel il promet le chapeau de cardinal].

Après la mort d'Alexandre VI, le 18 août 1503, et le règne très court (moins d'un mois) de Pie III, cardinal très âgé alors élu à titre de compromis, il est élu au pontificat le 1er novembre 1503, par 37 voix sur 38 votants, après le désistement en sa faveur du cardinal d'Amboise.

Jules II veut faire de l'État pontifical une grande puissance, ce qui lui vaut le surnom de Jules César II pour ses admirateurs.

Pour cela, il n’hésite pas à la fois à utiliser les armes spirituelles contre ses ennemis et à participer personnellement aux campagnes militaires.

Ce véritable condottiere de l'Église laisse l'image du « pape-soldat », son ardeur à guerroyer lui valant le surnom de « pape de fer ».

Dans un premier temps (1503-1509), il rétablit son autorité sur les États de l'Église, oblige César Borgia à restituer ses forteresses et à se réfugier en France.

Il enlève Pérouse aux Baglioni et Bologne à Giovanni II Bentivoglio.

Une fois César Borgia éliminé, il peut s'emparer d'une partie de la Romagne, et exige alors de la république de Venise la cession de nouveaux territoires.

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