Ce Jour-là

Juan Diego Cuauhtlatoatzin

Premier chrétien amérindien déclaré saint

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Juan Diego Cuauhtlatoatzin, né en 1474 et mort le 30 mai 1548 à Mexico, également connu sous le nom de Juan Diego ou saint Juan Diego est le premier chrétien Amérindien déclaré saint par l'Église catholique. Il est canonisé par le pape Jean-Paul II en 2002, et sa fête est liturgiquement commémorée le 9 décembre par l'Église. La tradition en fait un Indien mexicain de la tribu des Nahuas qui aurait assisté en 1531 à l'apparition de la Vierge Marie sous la représentation de la Vierge de Guadalupe.

La basilique Notre-Dame-de-Guadalupe de Mexico, située au pied de la colline de Tepeyac, possède le manteau ou cape de Juan Diego (connu sous le nom de tilma) sur lequel une image de la Vierge aurait été imprimée par un miracle comme « un gage d'authenticité des apparitions ». Ces apparitions et la transmission de l'image miraculeuse sont à la base de la vénération de Notre-Dame de Guadalupe, qui est omniprésente au Mexique et qui prévaut dans toute l'Amérique latine. En conséquence, la basilique de Guadalupe est devenue le principal centre de pèlerinage pour les catholiques dans le monde, avec 20 millions de visiteurs par an.

La première contestation de l'historicité du personnage remonte à l'extrême fin du XVIIIe siècle, par l'historien Juan Bautista Muñoz. Ce débat a été rouvert à l'occasion du projet de béatification et de canonisation de Juan Diego par l’Église catholique à la fin du XXe siècle. Une opposition est même apparue parmi certains ecclésiastiques mexicains qui contestaient l'historicité des événements (l'apparition de la Vierge à Juan Diego). Ce conflit, qui s'est étalé dans la presse, a poussé la Congrégation pour la cause des saints à revalider l'historicité du futur saint, avant de valider sa canonisation.

Depuis le XVIIe siècle, la figure de Juan Diego (et la Vierge de Guadalupe), est vue comme un « pont unificateur » entre les différentes populations du Mexique, et par extension, de toute l'Amérique. L'image « indigène » de la Vierge sur sa tilma, le message transmis par la Vierge et répercuté par l’Église, sont interprétés et relus comme une passerelle entre les colons espagnols et européens, les populations autochtones du pays, et les populations métisses.

Depuis la fin du XXe siècle, l’Église a développé « un message et un rôle d'évangélisation » affecté à Juan Diego envers les populations américaines. Enfin, depuis les années 1980, l'épiscopat sud-américain a développé dans sa pastorale le thème de « la défense des droits des peuples autochtones ». Le pape Jean-Paul II, à l'occasion de la béatification de Juan Diego, a placé l'Indien comme « protecteur et défenseur des peuples autochtones ».

Selon la tradition, Juan Diego est né en 1474 dans l'État de Mexico, à Cuautitlán, une ville aztèque à 20 km au nord de Tenochtitlan (aujourd'hui Mexico). Le nom donné à sa naissance - Cuauhtlatohuac - signifie « celui qui parle en aigle », en langue nahuatl.

Lors de l'arrivée des conquistadors espagnols et de la chute de l'empire aztèque, il se convertit au catholicisme vers 1524 ou 1525 et prend le nom de Juan Diego. Il se retire alors dans une mission catholique de frères franciscains à Tolpetlac.

Alors qu'il se rend à pied à Mexico, le 9 décembre 1531, la Vierge Marie lui serait apparue sur la colline de Tepeyac, et lui aurait parlé en langue nahuatl. À l'occasion de cette vision, la Vierge lui aurait demandé de faire construire une église en ce lieu, et pour cela, d'aller voir l'évêque de la ville. Juan Diego va voir l'évêque espagnol, Juan de Zumárraga, pour lui transmettre la requête. Celui-ci ne le croit pas et lui demande un signe probant de la demande mariale.

Le 12 décembre, la Vierge Marie apparaît alors une nouvelle fois à Juan Diego et, pour répondre à la demande de l'évêque, elle invite l'Indien à aller cueillir des roses sur la colline (c'était alors en plein hiver). Juan Diego trouve les roses et les présente à l'évêque. Lorsque les fleurs tombent de la tunique, une icône de la Vierge reste imprimée sur le tissu. L'évêque est alors convaincu de l'authenticité de la démarche de l'Amérindien.

Une première chapelle est édifiée, au pied de cette colline pour accueillir la précieuse relique (l'image de Notre-Dame de Guadalupe restée imprimée sur la tilma de Juan Diego). Juan Diego s'installe sur place dans un ermitage et accueille les pèlerins indigènes, favorisant le mouvement de conversions religieuses au catholicisme, encouragé par les missionnaires espagnols.

Juan Diego meurt à Mexico, le 30 mai 1548, à l'âge de 74 ans.

Les plus importantes documents approuvés par l'Église Catholique lors du procès en canonisation de Juan Diego sont :

Le Nican mopohua, le récit des apparitions écrit en nahuatl, la langue parlée par les Indiens de la vallée de l’Anahuac (Mexico) écrit vers 1545-1548 par Antonio Valeriano. Élève brillant du Collège de Santa Cruz de Tlatelolco, où il apprit l’espagnol et le latin, il fut nommé professeur à 21 ans, puis vice-recteur du collège et informateur de l'historien Fray Bernardino de Sahagún. Son manuscrit fut publié pour la première fois en 1649. Une des copies originales de l'époque de ce très précieux document se trouve à la Bibliothèque Publique de New York, et a fait l’objet d’une multitude d’études par un grand nombre d’historiens.

Les témoignages recueillis lors des informations juridiques de 1666 (en).

Le Codex Escalada, découvert durant les phases d'enquêtes de canonisation.

Ce document manuscrit, publié en 1649, mais dont il existe plusieurs copies (à la bibliothèque d'Espagne, à la BNF, ou à la bibliothèque de New-York), est daté de 1556. Attribué par de nombreux historiens spécialistes en langue nahuatl à Antonio Valeriano (consensus assez large dans le milieu scientifique, malgré une critique toujours présente).

Ce Codex (ou Codex 1548) est une feuille de parchemin sur laquelle ont été dessinées, à l'encre et dans le style européen, des images (accompagnées d'un texte en nahuatl) illustrant l'apparition mariale de Notre-Dame de Guadalupe à Juan Diego sur la colline de Tepeyac, au nord du centre de Mexico. Le parchemin a été découvert pour la première fois en 1995 et daté de l'année 1550 (environ).

Le livre-dossier (El encuentro de la Virgen de Guadalupe y Juan Diego) dont les auteurs, Fidel González Fernández, Eduardo Chávez Sánchez et José Luis Guerrero Rosado, postulateurs pour la cause de Juan Diego, présentent les événements vécus par le Mexique au XVIe siècle, est le fruit des années de longues recherches dans le but de démontrer historiquement la vérité sur la vie de Juan Diego.

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Juan Diego Cuauhtlatoatzin | World in Stories