Ce Jour-là

Journal télévisé de la RTF

Le Journal télévisé de la RTF est un journal télévisé français créé par Pierre Sabbagh et diffusé chaque jour à 21 heure

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Le Journal télévisé de la RTF est un journal télévisé français créé par Pierre Sabbagh et diffusé chaque jour à 21 heures puis 20 heures sur RTF Télévision du 29 juin 1949 au 19 avril 1963. Il est également adapté dans une édition de la mi-journée à partir du mois de novembre 1949, son horaire de diffusion est variable en fonction de la période et des changements de programmation : à midi, à 12 h 30, à 12h45, à 13 h, à 13 h 15 voire à 13 h 30.

Vital Gayman, directeur du journal parlé de Paris-Inter à la Radiodiffusion-télévision française (RTF), décide en 1949 la création d'un journal télévisé et confie le projet au jeune Pierre Sabbagh, ancien élève comédien entré à la radio à la Libération. Sabbagh rencontre quelques difficultés pour constituer son équipe car peu de journalistes de la radio, alors toute puissante, sont disposés à perdre leur notoriété en allant tenter l'aventure télévisuelle encore confidentielle en termes d'audience. Il en est de même des journalistes de la presse écrite chez qui la télévision est méprisée car elle est vue, après la radio, comme une nouvelle concurrente. Trois hommes de radio acceptent tout de même de relever le défi : Jacques Sallebert, reporter à la radio, Georges de Caunes, ancien présentateur de Paris-Actualités sur Paris-Inter et Pierre Dumayet, journaliste littéraire. Dumayet intègre à l'équipe Pierre Tchernia, jeune diplômé de l'Institut des Hautes Études Cinématographiques (IDHEC) qui a collaboré avec lui au Club d'essai de la Radiodiffusion française.

Le premier journal télévisé en France inventé et dirigé par Pierre Sabbagh, est diffusé le 29 juin 1949 à 21 heures pendant 15 minutes. Le premier reportage filmé par le service des reportages de la télévision française et diffusé lors de ce premier journal télévisé est une course en ballon durant laquelle le ballon, dans lequel ont pris place Pierre Sabbagh et Michel Wakhevitch (frère du décorateur de théâtre et de cinéma Georges Wakhévitch), s'écrase dans un champ et prend feu. Les autres sujets du journal sont des sujets d'actualités filmés par les Actualités françaises, Éclair-Journal ou la Gaumont que la télévision récupère, après avoir converti les films 35 mm en 16 mm. La première diffusion du journal télévisé a volontairement lieu la veille du départ du Tour de France, évènement sportif très populaire que le journal télévisé suit jusqu'à son arrivée le 24 juillet en diffusant lors de chacune de ses éditions dix minutes d'images filmées la veille par les actualités cinématographiques. Diffusé trois fois dans la semaine, le journal télévisé s'interrompt pour la période des congés d'été du 25 juillet au 1er octobre 1949 et poursuit cette tradition les trois années suivantes, du 8 août au 18 septembre 1950, du 27 juillet au 17 septembre 1951 et enfin du 19 juillet au 15 septembre 1952.

Après une pause estivale, le journal télévisé revient le 2 octobre 1949 à un rythme quotidien. Il dure vingt minutes, puis trente. Les sujets du journal télévisé sont définis chaque matin en conférence de rédaction présidée par Sabbagh, puis les reporters partent les filmer. L'équipe du service des reportages de la télévision française ne dispose pour filmer que de trois caméras amateur 16 mm Bell et Howell et pour se déplacer, d'une Jeep récupérée au surplus de l'armée américaine et de la Peugeot 202 de Jacques Sallebert. Le vélo et le métro sont également utilisés par les reporters. Ainsi les reportages du journal télévisé ne dépassent pas les limites de la banlieue parisienne. Faute de moyens, les journalistes utilisent aussi les services de cadreurs professionnels, munis de leur propre matériel, ayant travaillé pour les actualités cinéma ou le service cinématographique de l'armée. Les films, muets, sont rapportés et développés dans les studios de la télévision du centre Alfred Lelluch au 15 rue Cognacq-Jay à Paris avant d'être visionnés, sélectionnés et montés pour composer les quinze sujets du journal télévisé. Sur les quinze sujets du journal, trois seulement sont des productions propres, le reste est composé de sujets d'agences (France-Vidéo) remontés parce que trop longs. Hors des inaugurations et crises ministérielles, ces sujets n'ont que très peu de rapport avec l'actualité française et sont commentés en direct depuis les studios sur des illustrations sonores de Yves Dariet ou Lucien Morisse par Pierre Sabbagh, Jacques Sallebert, Pierre Tchernia, Pierre Dumayet, Claude Darget et Georges de Caunes. Les films étant muets et les téléspectateurs peu nombreux, les commentateurs utilisent un style très différent de celui des actualités cinématographiques mêlant irrespect et fantaisie, en faisant notamment parler les ministres ou en mettant en parallèle sport et politique. Le sport, et particulièrement le catch, la boxe, le football et le Tour de France, tiennent en effet une part importante des sujets du journal télévisé durant ses premières années en proposant aux téléspectateurs de voir dès le lendemain les images, sans devoir attendre la semaine suivante pour les voir aux Actualités cinématographiques. La réalisation du journal télévisé est très souvent assurée par Pierre Sabbagh lui-même qui lance les différents sujets et surveille leur diffusion en régie. Dès novembre 1949, le journal télévisé du soir est rediffusé dans une version raccourcie le lendemain à 12 h 30. Avec la mise en service de l'émetteur 819 lignes de la tour Eiffel le 15 novembre, le journal télévisé passe à quatre éditions par jour, car, comme il est impossible d'enregistrer une émission en direct, chaque édition du midi et du soir réalisée en direct pour l'émetteur 441 lignes doit être refaite aussi en direct pour l'émetteur 819 lignes. En 1951, le journal télévisé du soir est déplacé à 20 h 30 et le service des reportages de la télévision est doté d'un car de reportage permettant d'établir les premiers directs en extérieur.

Les premiers grands évènements retransmis par les équipes du journal télévisé sont le couronnement de la reine d'Angleterre Élisabeth II le 2 juin 1953, commenté en direct par Jacques Sallebert, et sur le plan national, l'élection du président de la République, René Coty, lors du Congrès réunissant les deux chambres au château de Versailles du 17 au 22 décembre 1953, qui marque l’entrée des caméras dans une enceinte parlementaire et dont les multiples aléas sont narrés aux téléspectateurs par Claude Darget, Claude Perrot et Roger Debouzy.

L'année 1954 marque un tournant dans l'histoire du journal télévisé avec l'arrivée de plusieurs innovations importantes. Sur une idée de Pierre Sabbagh, l'Union européenne de radio-télévision met en place en juin le réseau Eurovision facilitant l'échange d'images et de reportages d'actualité entre les télévisions membres, ce qui permet d'accroître instantanément le volume d'images diffusées dans le journal télévisé. Simultanément, les premières caméras sonores professionnelles arrivent des États-Unis, donnant plus de liberté aux journalistes et permettant enfin de capturer le son des sujets filmés, ce qui réduit ainsi le recours aux commentateurs en voix off. Le 1er novembre 1954, le journal télévisé du soir, dorénavant diffusé à 20 h 15, permet aux téléspectateurs de découvrir les visages de Roger Debouzy et de Georges de Caunes, premiers « présentateurs » du journal télévisé, suivis le lendemain par celui de Jacques Donot, de Pierre Dumayet le 3 novembre et de Claude Darget le 4. Ces journalistes, qui continuent par ailleurs à commenter les reportages diffusés, ne sont pas encore vraiment des présentateurs. Ils se contentent plutôt de donner en plateau quelques informations qui n'ont pu être filmées en lisant des dépêches de l'Agence France-Presse. Les plateaux durent environ dix minutes, soit le quart de la durée du journal télévisé. Ils intègrent régulièrement la chronique "A vous Londres" diffusée en direct depuis la capitale britannique avec les moyens de la BBC dans laquelle Jacques Sallebert, premier correspondant permanent du journal télévisé, présente aux téléspectateurs français tous les aspects de la vie outre-Manche et les préoccupations des Anglais.

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