Ce Jour-là

Joseph Goebbels

Homme d'État allemand, ministre de la propagande nazie

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Joseph Goebbels (prononcé en allemand : [ˈɡœbəls]), né le 29 octobre 1897 à Rheydt et mort par suicide le 1er mai 1945 à Berlin, est un homme d'État allemand et criminel nazi. Proche d'Adolf Hitler, il fut, avec Hermann Göring et Heinrich Himmler, l'un des dirigeants les plus puissants et influents du Troisième Reich.

Du fait de son action de 1933 à 1945 au ministère de l'Éducation du peuple et de la Propagande, son nom reste indissociablement lié à l'emploi des techniques modernes de manipulation des masses, et un modèle pour la propagande des États totalitaires.

Antichrétien radical, et surtout antisémite fanatique, il a joué un rôle moteur dans les persécutions contre les Juifs allemands, par ses discours enflammés et, notamment, en organisant la nuit de Cristal en novembre 1938.

Quoique désigné comme chancelier par Hitler avant son suicide, il se donne la mort le lendemain dans le Führerbunker — en compagnie de son épouse Magda, après qu'elle a empoisonné leurs six enfants —, échappant ainsi à tout jugement.

Paul Joseph Goebbels naît à Rheydt, ville industrielle de l'ouest de l'Allemagne, dans la banlieue sud de Mönchengladbach, à une vingtaine de kilomètres à la fois de la frontière néerlandaise (à l'ouest), du Rhin (à l'est) et de la Ruhr (au nord), principale région industrielle allemande. D'origine modeste, il est le fils de Fritz Goebbels et de Katharina Odenhausen. Son père, d'abord garçon de courses dans une fabrique de réverbères, devient ensuite commis puis employé de bureau, comptable et chef-comptable d'une usine de fabrication de mèches. Tous deux catholiques, ses parents ont eu en tout six enfants : Konrad (1893-1949), Hans (1895-1947), Maria (1896-1896), Joseph (1897-1945), Elisabeth (1901-1915) et Maria (1910-1949) ; la famille comporte cinq enfants vivants : Goebbels a deux frères aînés puis deux sœurs cadettes.

Atteint d’ostéomyélite dans sa petite enfance, Goebbels perd l’usage de son pied droit à l'âge de 4 ans. En outre, après l'échec d'une opération l'année de ses 10 ans, il est contraint de porter un appareil orthopédique pour le restant de ses jours.

Goebbels a entamé ses études primaires depuis Pâques 1904, dans une école proche de son domicile. Il suit ses études secondaires au Gymnasium catholique de Rheydt : élève brillant mais peu aimé de ses camarades et professeurs, il y est surnommé « Ulex » par référence à Ulysse renommé pour sa mètis (« intelligence rusée »).

Alors que ses deux frères sont incorporés pour prendre part à la Première Guerre mondiale, un médecin militaire le déclare inapte pour le service dès 1914, l'année de ses 17 ans, et à son grand dépit, il est réformé. Appelé en juin 1917 pour un poste dans les bureaux de l'armée, il est vite renvoyé à la vie civile. Diminué, et ne mesurant que 1,65 m, il aurait fait passer par la suite son infirmité pour une blessure de guerre. Toute sa vie, il va garder un fort complexe de sa faible constitution physique.

Il décroche son Abitur (équivalent du baccalauréat) en 1917. Quoiqu'excellent, « cet élève studieux était trop renfermé pour être aimé de ses camarades, trop prétentieux pour être apprécié de ses professeurs ».

Il poursuit des études universitaires en philologie classique pendant deux semestres à Bonn, puis à Fribourg en été 1918, et l’hiver suivant à Wurtzbourg. De retour à Fribourg-en-Brisgau en été 1919, il part ensuite étudier à Munich. Après un nouveau retour à Fribourg, il s’inscrit à l’université de Heidelberg où il termine ses études. Il est fasciné par l'écrivain Friedrich Gundolf, et sous la direction d’un professeur d’origine juive, Max von Waldberg, il rédige une thèse de doctorat consacrée à l’écrivain romantique Wilhelm von Schütz, « l’un des modèles du conservatisme intellectuel et politique le plus strict ». Après un an, il obtient son doctorat le 18 novembre 1921 : il vient d'avoir 24 ans. Jusqu’à sa mort, il ne manquera jamais, en toutes circonstances, de veiller à rappeler son doctorat en se faisant appeler « Herr Doktor » et en signant sa correspondance « Dr. G ».

Carrière au sein du parti nazi (1922-1933)

Un proche des frères Strasser (1922-1926)

Après son doctorat, Goebbels travaille comme journaliste, et tente sans succès de faire publier un roman d'inspiration autobiographique, Michael.

En 1923, il écrit dans son journal qu'il va proposer à l'édition à La Schauspiel Köln (le théâtre de la ville de Cologne) deux de ses pièces de théâtre : Le Voyageur et Prométhée. Il cherche à compenser la mauvaise image qu'il a de lui-même par ses conquêtes féminines. Dès 1924, Goebbels rejoint le NSDAP dirigé par Adolf Hitler depuis 1921. Son supérieur dans le parti est Gregor Strasser, et son haut niveau d'études le propulse rapidement à la tête des journaux nazis de la Ruhr. Sa grande intelligence et sa formation intellectuelle font qu'il a la charge d'un nombre plus important de publications du parti dans de plus en plus de régions d'Allemagne.

Parallèlement à cette activité, il écrit de nombreux discours, et ses talents d'orateur sont appréciés. Dans le parti d'alors, les frères Strasser (Otto et Gregor) sont ses mentors. Ils ont une place éminente au sein du parti, car ils ont su profiter du séjour de Hitler en prison (du 11 novembre 1923 au 20 décembre 1924). À son retour, Hitler ne peut supporter cet état de fait. Joseph Goebbels fait donc ses premières armes dans une aile du parti qui est jugée plutôt rivale de celle de Hitler (même s'il répète sans cesse son dévouement à ce dernier).

À cette époque, il note dans son journal intime que certains discours de Hitler l'horrifient et le répugnent fortement, par leur brutalité, mais aussi par le rapprochement souhaité par Hitler du parti avec les puissances d'argent, le parti ayant besoin de financement. Désireux de changements radicaux, il n'hésite pas à dénoncer les « réactionnaires », et à proclamer que « seul le socialisme peut libérer l'Europe » : pour lui, il faut d'abord bannir le libéralisme et rénover le socialisme. Il fait alors des discours dénonçant « le système capitaliste ».

Le 12 juillet 1925, Goebbels voit Hitler pour la première fois à Weimar lors d'un discours public de ce dernier qui le laisse subjugué « Quelle voix, quels gestes, quelle passion ! […] mon cœur s'arrête, je suis suspendu à chacun de ses mots ».

Il admire Hitler, mais a des désaccords profonds au sujet des nationalisations économiques (que Goebbels veut mettre en place partout) et sur la notion de propriété (Goebbels veut supprimer la propriété privée). Le 24 janvier 1926, lors d'un meeting au cours duquel Hitler est absent, il exprime le souhait de l'exclure du parti.

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