Ce Jour-là

Joseph Gallieni

Maréchal de France, administrateur colonial

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Joseph Gallieni, né le 24 avril 1849 à Saint-Béat (Haute-Garonne) et mort le 27 mai 1916 à Versailles, est un général, maréchal de France et administrateur colonial français.

Il prend une part active à l'expansion et à la consolidation de l'empire colonial, notamment en Afrique. Il fonde une méthode qui associe la brutalité, comme avec la répression de l'insurrection des Menalamba à Madagascar, au développement économique après une conquête progressive des territoires. Pendant la Première Guerre mondiale, gouverneur militaire de Paris, il prend notamment la décision de réquisitionner les taxis parisiens pour apporter du renfort à la bataille de l'Ourcq. Grand-croix de la Légion d'honneur en 1905, médaillé militaire en 1911, il est élevé à la dignité de maréchal de France à titre posthume en 1921.

Administrateur et militaire, il est également un théoricien de premier plan, laissant comme legs théorique principal la stratégie de « pacification », une doctrine de maintien de l'ordre colonial poursuivie par son disciple Lyautey et notamment appliquée durant la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie.

Joseph Simon Gallieni est le fils de Gaétan Marie Gallieni (1805-1894), officier d’infanterie, né en Italie, d’origine lombarde et de Françoise Périssé (1828-1902), originaire de Saint-Béat.

Époux de Marthe Savelli (1856-1914), le général eut pour fils l'ingénieur Théodore François Gaëtan Gallieni (1887-1940), père de l'artiste Michel Gallieni (1925-1979), dit Michel de Ré.

Après des études au Prytanée militaire de La Flèche où il a reçu le matricule 3522a, il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr en 1868. Le 15 juillet 1870, il est nommé sous-lieutenant dans l’infanterie de marine.

Avec le 3e régiment d’Infanterie de marine (3e RIMa), le nouveau promu participe à la guerre franco-allemande de 1870, au cours de laquelle il se bat notamment à Bazeilles, dans les rangs de la brigade Martin des Palières et de la fameuse Division Bleue. Blessé et fait prisonnier le 1er septembre, il est envoyé en captivité en Allemagne et ne rentre en France que le 11 mars 1871. Il a appris l'allemand lorsqu'il était prisonnier là-bas, et plus tard a tenu un carnet en allemand, anglais et italien intitulé "Erinnerungen of my life di ragazzo" ("Souvenirs de ma vie depuis mon enfance").

Séjour à La Réunion (1872-1875)

Il commence sa carrière coloniale à La Réunion, où il reste trois ans, d'avril 1872 à août 1875. Il est promu lieutenant au 2e régiment d’infanterie de marine (2e RIMa) le 25 avril 1873.

Expéditions en Afrique subsaharienne (1877-1881)

Le 11 décembre 1876, il obtient son envoi aux tirailleurs sénégalais et embarque le 20 pour Dakar, seuil de l’Afrique noire, où il prend part à diverses expéditions militaires et explorations. Il est promu capitaine en 1878.

Depuis la prise de Sabouciré, près de Logo, le 22 septembre 1878, la France affirme ses visées expansionnistes vers l'est. Gallieni est chargé par le gouverneur Brière de l'Isle d'explorer la région entre le Sénégal et le bassin du Niger, de nouer des liens avec les tributaires d'Ahmadou Tall et d'établir un poste aux frontières de l'Empire toucouleur. Il part le 30 janvier 1880 en bateau de Saint-Louis à Richard-Toll (environ 100 km) sur le fleuve Sénégal. Établissant des protectorats avec des chefs locaux, il subit une déroute à la suite de l'attaque de guerriers bambaras et se retrouve emprisonné à Nango. Souhaitant éviter l'affrontement, l’almamy le laisse partir le 21 mars 1881 et accepte de signer un traité accordant la navigation française sur le Niger.

Commandant supérieur du Soudan français (1886-1888)

Après un séjour en Martinique, de 1883 à 1886, il est nommé lieutenant-colonel, et reçoit, six mois plus tard, le 20 décembre, le commandement supérieur du Haut-Fleuve (colonie du Sénégal), territoire militaire au sein de la colonie du Sénégal. Il y obtient des succès aux dépens d’Ahmadou (1887) et fait consentir à Samory Touré un traité abandonnant, entre autres, la rive gauche du Niger, après une grande défaite dans la ville de Siguiri en Guinée, où il bâtit un fort, le fort Gallieni, qui abrite un cimetière où sont enterrés des spahis et des Français. Au cours de ce commandement, il réprime durement une insurrection des autochtones. Il quitte le Sénégal en avril 1888 et son successeur sera le chef de bataillon Louis Archinard, nommé à compter du 10 mai 1888 et qui arrivera à Kayes le 28 octobre 1888.

Mission en Indochine (1892-1896)

De retour en France, il est promu colonel le 11 mars 1891, chef d’état-major du corps d’armée de la Marine et breveté d’état-major avec la mention « très bien ». De 1892 à 1896 il est envoyé au Tonkin (Indochine), où il commande le 3e régiment de tirailleurs tonkinois le 11 octobre 1892 puis la première brigade le 15 novembre 1892 avant la seconde division militaire du territoire. Il lutte contre les pirates chinois puis consolide la présence française en organisant l’administration du pays. Son principal collaborateur est alors le commandant Lyautey. C’est à cette époque qu’il élabore les prémices de ce qui est convenu d’appeler sa doctrine coloniale, tels que la « tache d’huile », et la « politique des races », raffinement de la politique du diviser pour régner. Il s’exprime en outre avec une brutale franchise sur la méthode à suivre pour affermir les conquêtes coloniales :

« Frapper à la tête et rassurer la masse égarée par des conseils perfides et des affirmations calomnieuses, tout le secret d’une pacification est dans ces deux termes. En somme, toute action politique dans la colonie doit consister à discerner et mettre à profit les éléments locaux utilisables, à neutraliser et détruire les éléments locaux non utilisables. »

Gouverneur général de Madagascar (1896-1905)

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