Ce Jour-là

Joseph Fontanet

Homme politique français, sous la Ve République

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Joseph Fontanet, né le 9 février 1921 à Frontenex (Savoie) et mort le 2 février 1980 à Paris 7e, est un homme politique français.

Figure démocrate-chrétienne, il fut plusieurs fois ministre, dont ministre du Travail puis ministre de l'Éducation nationale sous la présidence de Georges Pompidou. Après la mort de Pompidou, il se met en retrait de la vie politique et tente notamment le lancement d’un journal généraliste, J'informe, qui échoue.

Il est victime d’un assassinat non élucidé, perpétré devant son domicile du 16e arrondissement de Paris et meurt le lendemain à l’hôpital Laennec.

Il est le père du dirigeant d'entreprise Xavier Fontanet et de l'épidémiologiste Arnaud Fontanet.

Une jeunesse catholique et résistante

Joseph Paul Marie Fontanet, né le 9 février 1921 à Frontenex (Savoie), est le premier des huit enfants de Joseph Fontanet (grièvement blessé en 1915) et de son épouse (depuis 1920) Marthe Blanchard, apparentée aux familles de Montgolfier et Seguin.

La famille Fontanet est une vieille famille bourgeoise et catholique de Savoie ; l'arrière-grand-père de Joseph Paul Marie, Jean-Pierre Fontanet, maître de forges et conseiller d'arrondissement, milite pour le rattachement de la Savoie à la France (effective le 24 mars 1860) et est à l'origine de la création de la paroisse et de la commune de Frontenex (par scission de celle de Cléry) : il en est le premier maire en 1866. Son fils, prénommé Joseph, le grand-père de Joseph Paul Marie, crée une entreprise de fabrication de pâtes alimentaires à Albertville (qui ne fermera qu'en 1955). Il a un fils qu’il prénomme également Joseph, le futur père de Joseph Paul Marie.

Après avoir étudié à la maison sous la conduite de sa mère, Joseph Paul Marie entre à l’âge de dix ans à l'institution des Chartreux de Lyon. Il obtient son baccalauréat à seize ans, avec une note de vingt sur vingt, puis est admis directement à HEC. Il est alors logé chez les Pères maristes. À Paris, Joseph Fontanet participe aux équipes sociales de jeunes gens, mouvement d'amitié et d'échanges entre jeunes étudiants et ouvriers, animé par Robert Garric, un universitaire catholique.

À la fin de ces deux années, il rejoint l'entreprise de son père. Une année plus tard en 1940, il s'inscrit au doctorat de droit à Lyon, tout en militant à la JEC.

Durant l'automne et l'hiver 1941, il effectue huit mois dans les chantiers de jeunesse en Isère Réfractaire au STO au printemps 1943, il rejoint alors un maquis de Frontenex. En juillet 1943, il part pour rejoindre les armées françaises d'Afrique ; à la seconde tentative, il traverse les Pyrénées avec un groupe qui est arrêté en Espagne par la Guardia Civil. Enfermé à Barbastro puis à Saragosse, il est finalement expédié au camp de Miranda, avant d'être placé en semi-liberté et de travailler à l'ambassade du Gouvernement provisoire d'Alger. Fin 1943, il rejoint Xavier Hamelin à Casablanca, puis tous deux intègrent une unité de chars de reconnaissance de l'armée du général de Lattre de Tassigny. Joseph Fontanet, brigadier et chef de char, participe au débarquement de Provence dans la 1re division blindée du général Touzet du Vigier et à la campagne d'Allemagne : il est l'un des premiers à entrer dans Mulhouse libérée, combat à Colmar, puis en Forêt-Noire. Il est cité deux fois à l'ordre de son unité.

Dès la Libération, Joseph Fontanet participe à la création du Mouvement républicain populaire (MRP) en Savoie. Joseph Fontanet est disponible et travailleur. Cet engagement réunit sa volonté, depuis sa jeunesse, d'entrer en politique, et des convictions chrétiennes, rejetant la lutte des blocs[Quoi ?].

Doté à la fois d'une solide formation, d'une aura de résistant et de son ancienneté dans les cercles démocrates-chrétiens, il est candidat aux législatives en Savoie en juin 1946, à l’âge de vingt-cinq ans. Il est battu par le député sortant, Joseph Delachenal, un cousin de ses parents. La même année, il devient le responsable départemental du MRP avec Jean Blanc, entre au Bureau national d'études du MRP et en devient rapidement le responsable pour les questions économiques.

En 1948, à vingt-sept ans, il est élu secrétaire général adjoint du MRP : il en sera le secrétaire général quinze années plus tard, de 1964 à 1966.

Il devient le directeur de cabinet de Jules Catoire, secrétaire d'État à la Santé, à la fin des années 1940. Joseph Fontanet est désigné en 1952 comme membre de l'Assemblée de l'Union française.

L'implantation en Savoie : conseiller général et député

Chaque semaine, Joseph Fontanet s'imposait d'être présent en Savoie. Candidat malheureux aux législatives de 1946 et 1951, qui s'implante progressivement, il se présente comme conseiller général dans le canton de Moûtiers (Savoie) où sa liste avait réalisé un bon score lors des législatives, et il y est élu en 1951. Il est réélu en 1958, 1964 et 1970.

Joseph Fontanet compense son manque de chaleur et de talents oratoires par une préparation la plus complète de ses campagnes et dossiers, en s'appuyant sur l'un de ses proches, Jean Blanc. En 1956, il est élu député de la Savoie dans la circonscription de la Tarentaise, où il peut s'appuyer sur un vote paysan et catholique, ainsi qu'anticommuniste, ainsi que sur des habitants que le développement de l'industrie de la neige enrichit. Il est réélu à chaque législative, en 1958, 1962, 1967, 1968 et 1973.

Durant ses périodes ministérielles, ses suppléants furent Léon Delemontex, qui siégea de 1959 à 1962, et Georges Peizerat de 1969 à 1973. Rapidement, des accords politiques locaux, personnels, permettent aux deux ministres savoyards, le gaulliste Pierre Dumas et le centriste Joseph Fontanet, d'être réélus sans primaire à droite.

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