Joseph Fertig, né le 24 avril 1918 à Cologne et décédé le 26 janvier 1987 à Bourgale près de Villefranche-du-Périgord, est un avocat et résistant français connu sous les pseudonymes de « Jean Forestier » et « Hannibal » durant la Seconde Guerre mondiale.
Joseph Fertig est d'origine alsacienne. Ses parents étaient Joseph Fertig, conducteur de locomotive, et Henriette Wahlen, d'origine allemande. La famille paternelle était originaire de La Walck et de Bouxwiller, une région de l'Alsace annexée de fait par le Reich allemand de 1940 à 1945.
Mobilisation et armée d'armistice
Joseph Fertig est mobilisé en 1939. Au printemps 1940, il obtient le grade de sergent. Après la défaite française, il est affecté à Clermont-Ferrand au sein de l'armée d'armistice et n'est démobilisé qu'en novembre 1941.
Études et entrée en résistance
Il reprend des études de droit à l'université de Strasbourg repliée à Clermont-Ferrand. Dès leur création, il intègre les groupes francs du mouvement « Combat » fondé par son professeur, Alfred Coste-Floret. Il rejoint également la communauté des Gergoviotes.
Jean Lassus le décrit comme « robuste, avec un beau visage dur, un regard d'acier sous les cheveux blonds, il était volontiers solitaire et muet, mais aussi catégorique, fanatique, prêt à tout ». Pour le mouvement de résistance, il distribue des tracts, assure les liaisons entre différentes villes, participe à des actes de sabotage et à des réceptions de parachutages.
Activement recherché par la police allemande, Joseph Fertig quitte précipitamment Clermont-Ferrand début 1943, dans l'objectif de rejoindre l'Afrique du Nord en passant par l'Espagne. Il est arrêté dans un bus lors d'un contrôle de la Gestapo, puis incarcéré à la citadelle de Perpignan et immédiatement condamné à mort. Lors d'un transfert, il parvient à s'échapper en sautant d'un train.
Après son évasion, Joseph Fertig rejoint le maquis des Francs-tireurs et Partisans français (FTP) de Haute-Corrèze, où il occupe plusieurs postes de commandement sous les pseudonymes de « Jean Forestier » et « Hannibal ». Le 1er juin 1944, il devient capitaine du maquis de Meymac-Égletons et commande le Ve bataillon FTP. Il participe aux combats de libération de la Corrèze et participe notamment aux batailles de Tulle et d'Égletons.
Dans le contexte tragique de juin 1944 en Corrèze, marqué par les massacres de Tulle (9 juin) et d'Oradour-sur-Glane (10 juin), des événements difficiles se déroulent également à Meymac. Le 12 juin 1944, le colonel Louis Godefroy (alias « Rivière »), responsable des FTP de l'interrégion, donne l'ordre d'exécuter 47 prisonniers allemands capturés lors de l'attaque de Tulle et une femme française accusée de collaboration. Joseph Fertig, commandant du Ve bataillon FTP basé à Meymac, était responsable de ce secteur lors de ces événements. Selon le témoignage d'Edmond Réveil, témoin des faits, Joseph Fertig aurait été directement impliqué dans l'application de cet ordre et aurait versé des larmes avant les exécutions.
Il poursuit son action en Alsace et en Allemagne au sein du 126e régiment d'infanterie.
Après la guerre, Joseph Fertig devient avocat à Sarlat, mais ses affaires sont peu florissantes.
Chevalier de la Légion d'honneur par décret du 14 janvier 1948.
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Marion Dacko, Arnaud Pocris et Yann Deberge, Les Gergoviotes: des étudiants en résistance, Presses universitaires Blaise-Pascal, 2024, 223 p. (ISBN 978-2-38377-271-2), « Joseph Fertig (1918-1987) ».
Archives conservées par : Service historique de la Défense - site de Vincennes (GR 16 P 222646)
Ressource relative aux militaires : Mémoire des hommes
RochowMedienagentur et Pierre Vignaud, « Un lourd secret de la Résistance - dokdoc.eu », 30 août 2023 (consulté le 3 novembre 2025).