Joseph Bates (8 juillet 1792 - 19 mars 1872) était un américain, un capitaine de navire et un prédicateur de l'Église chrétienne (aussi appelée la connexion chrétienne) qui participa au mouvement de réveil de William Miller, annonçant le retour du Christ. Il fut le cofondateur, avec Ellen White et son époux James White, de l'Église adventiste du septième jour. Il est celui qui leur présenta la doctrine du sabbat. Il fut le premier théologien, historien et théoricien de la mission des adventistes du septième jour. Il annonça le message du retour du Christ dans la Nouvelle-Angleterre, au Michigan et au Canada.
Joseph Bates naquit à Rochester dans le Massachusetts, le 8 juillet 1792. Il était le cinquième des sept enfants de Joseph Bates senior et de Deborah Nye Bates. Son père s'était porté volontaire durant la guerre d'indépendance des États-Unis (1775-1783), où il fut promu capitaine dans l'armée. L'année suivante, la famille alla résider à New Bedford, à une dizaine de kilomètres de distance, qui fut renommée Fairhaven en 1812.
En juin 1807, juste avant d'avoir 15 ans, Joseph Bates s'embarqua comme garçon de cabine sur un nouveau bateau, le Fanny, de la marine marchande, commandé par Ellias Terry, qui passa par New York avant se rendre à Londres. Pendant 21 ans, il sillonna les mers, principalement dans la Caraïbe, l'Amérique du Sud, l'Europe et la Russie, traversant des tempêtes, échappant à plusieurs naufrages et à la mort quand son navire était piégé au milieu de batailles navales entre l'Angleterre, la France et les États-Unis.
Durant la guerre de 1812, le navire de Bates fut capturé par les Anglais, qui le firent prisonnier. Après sa libération, le 27 avril 1815, Bates retourna à Fairhaven. Le 15 février 1818, il se maria à Prudence Nye, une amie d'enfance (elle-même, la fille d'un capitaine de la marine). Six semaines plus tard, il reprit la mer à bord du Franscis F. Johnson. En 1822, il devint capitaine, prenant le commandement d'un navire, le Chatsworth, qui le conduisit dans l'hémisphère Sud, plus loin qu'il n'avait jamais été auparavant. Il développa ainsi une passion pour l'astronomie en contemplant sa voûte céleste différente de l'hémisphère Nord.
Durant ce voyage, un changement d'attitude se produisit chez Bates. Il renonça à la consommation du tabac et de l'alcool (sauf dans un but médicinal), et à la profanité. En 1824, il commença à lire la Bible durant ses voyages quand Prudence, sa femme, glissa un exemplaire du Nouveau Testament dans sa malle personnelle. Bates se convertit alors au christianisme. Au printemps 1827, il fut baptisé par immersion et devint membre de l'Église chrétienne (les connexionistes).
Bates devint un activiste dans les causes de l'abolition de l'esclavage et de la tempérance. Avec une quarantaine de citoyens, il fonda la Société anti-esclavagiste de Fairhaven. Vers 1831, il cessa de boire le thé anglais et le café, les considérant comme l'un des « plus puissants poisons du royaume végétal ». Il abandonna l'usage du beurre, de la graisse, du fromage, des tartes et des gâteaux riches en crème. Plus tard, il devint végétarien, sans doute influencé par les idées de réformateurs sanitaires aux États-Unis comme Sylvester Graham.
Mais pour Bates, la plus grande réforme fut ce qu'il appela « la réforme ultime » : la préparation au retour du Christ. En automne 1839, il entendit parler de William Miller qui annonçait que la venue de Jésus se produirait vers 1843. Au départ, il rejeta l'idée mais quand quelqu'un lui dit que Miller utilisait beaucoup de textes bibliques pour soutenir son enseignement, il écouta les messages d'un prédicateur connexioniste et fut « profondément intéressé ». Il lut le livre de Miller, Évidence des Écritures et de l'histoire de la seconde venue de Christ, vers l'an 1843, et accepta son enseignement.
Vers la mi-1840, Bates devint un distributeur de Signs of the Times, le principal périodique millérite, et un dirigeant millérite, officiant aux camp-meetings. Se lançant à fond, il dépensa toute sa fortune pour faire connaître le message du retour du Christ.
Après le grand désappointement d'octobre 1844, Joseph Bates chercha la raison de ce qui s'était produit. Alors que les dirigeants millérites, William Miller, Joshua Himes et Dr Josiah Litch, estimèrent qu'il ne s'était rien passé, il ne partagea pas cet avis. Il continua à étudier la Bible afin d'y voir plus clair. En avril 1845, il lut un article de Thomas Preble (un prédicateur baptiste qui accompagna parfois William Miller dans ses voyages) dans un journal millérite, Hope of Israel, ainsi qu'une brochure du même auteur. Dans ces écrits, Preble présentait le sabbat (samedi) comme étant le jour biblique d'adoration.
Voulant en savoir davantage, en avril ou en mai 1845, Joseph Bates rendit visite à Frederick Wheeler, un pasteur méthodiste et millérite, qui se mit à observer le sabbat en mars 1844 après des conversations avec Rachel Oaks (ou Oakes), une baptiste du septième jour, qui deviendra une adventiste du septième jour en 1868. Il avait entendu parler de l'Église de Wheeler à Washington dans le New Hampshire, la première congrégation millérite sabbatiste. Après une étude de la Bible entre les deux hommes, Bates se mit à observer le sabbat.
Bates est parfois appelé « l'apôtre du sabbat », tant il fit des recherches sur le sujet. Convaincu qu'il s'agissait d'un enseignement biblique à restaurer, il écrivit plusieurs brochures, notamment The Seventh-day Sabbath, A Perpetual Sign (Le sabbat du septième jour : un signe perpétuel), publié en août 1846 et augmenté trois fois par la suite. Pour Bates, le sabbat fut plus qu'un jour universel d'adoration. Il y vit un mémorial de la création et un signe d'allégeance à Dieu dans le débat eschatologique. Il connecta théologiquement le sabbat à la compréhension unique des adventistes du septième jour sur la doctrine du sanctuaire céleste. Cette compréhension théologique fut appelée plus tard "le thème de la grande controverse entre Christ et Satan".
Au printemps 1846, Bates fit la connaissance d'Ellen Harmon (qui se maria en août 1846 à James White), qui en tournée dans le Massachusetts, le visita dans sa maison à Fairhaven. Il en profita pour lui parler du sabbat, mais elle ne comprit pas l'importance qu'il accordait à ce jour de repos. Il lui sembla que Bates donnait plus de valeur au quatrième commandement de la loi de Dieu qu'aux neuf autres.
En août 1846, James White visita Bates à son tour, qui profita de l'occasion pour lui offrir son livre tout juste publié sur le sabbat. James et Ellen White le lurent et se mirent aussitôt à observer le sabbat. À ce moment-là, une cinquantaine de millérites l'observent comme jour d'adoration. De son côté, Bates reconnut à Ellen White le don de prophétie.
La découverte de la doctrine de l'instruction du jugement
Vers la fin de 1846, Bates lut un article d'Owen Crosier sur l'instruction du jugement dans le Day Star, un journal millérite, indiquant qu'en octobre 1844, Jésus avait commencé l'instruction du jugement dans le lieu très saint du sanctuaire céleste (Daniel 7.9-14), une procédure au cours de laquelle les rapports de la vie des êtres humains étaient examinés. La « purification du sanctuaire » était celle du sanctuaire céleste, et non l'Église ou de la terre, comme William Miller le croyait. Le sanctuaire terrestre était rituellement purifié au Yom Kippur (le jour des expiations), qu'on appelait « le jour du jugement ». Les millérites ne s'étaient pas trompé sur la date mais sur la nature de l'évènement. Considérant cet article comme "supérieur à tout" ce qui fut écrit auparavant sur Daniel 8.14, Bates le recommanda chaudement aux millérites.
La doctrine de l'instruction du jugement n'était pas une nouveauté au sein du millérisme. Dès 1841, Dr Josiah Litch parla d'un jugement antérieur à la résurrection des sauvés et au retour du Christ. Mais les millérites n'y prêtèrent pas grande attention et ne virent pas une connexion entre le jugement de Daniel 7.9-14 et la purification du sanctuaire de Daniel 8.14.