Joseph Banks, né le 13 février 1743 à Londres et mort le 19 juin 1820 à Londres, est un naturaliste britannique, passionné de botanique, qui participa au premier voyage de James Cook autour du monde (1768-1771). Cet aristocrate foncier, imprégné des idées de progrès, devint le grand patron des sciences britanniques de la fin du XVIIIe siècle. À la tête de la Royal Society pendant plus de 41 ans, il réussit à infléchir l'étude des sciences naturelles vers les applications pratiques au service du développement économique de l'empire britannique.
C'est lui qui introduisit en Europe l'eucalyptus et le mimosa. Il fut le premier à ramener des spécimens de kangourous.
Joseph Banks est le fils de William Banks et Sarah Bate. Il voit le jour le 13 février 1743 dans une famille très prospère, de l'aristocratie foncière du Lincolnshire. Son père était membre de la Chambre des communes.
De ses premières années passées dans le manoir familial (l'ancienne abbaye de Revesby) dans le village de Revesby (Lincolnshire), il garda un goût profond pour la nature.
Il fait ses études à Harrow School et à 13 ans, il rentre dans le très élitiste Eton College. De son éducation très stricte, il ne gardera que quelques rudiments de latin et de grec mais c'est dans cet établissement que sa vocation pour la botanique est née. Lors de promenades, il s'émerveille de la splendeur des fleurs sauvages et décide de tout faire pour mieux les connaître. Le meilleur moyen pour se former est encore de constituer un herbier et au fur et à mesure que celui-ci croissait, nous dit-on, sa résistance au grec faisait de même.
En 1760, il entre à l'université d'Oxford, au collège Christ Church. Dépité de ne pas trouver de cours de botanique, il fait venir à ses frais un botaniste de Cambridge, Israel Lyons, pour donner une série de conférences durant l'été 1764.
Il n'avait que 18 ans quand son père est décédé. Il lui laissera une fortune colossale constituée de quatre grands domaines agricoles rapportant environ 6 000 livres par an. Ces moyens considérables ne lui montent pas à la tête et il continue de résider à Christ Church durant les années 1761-62, la majorité de 1763, un peu en 1764-65. Il terminera ses études de philosophie naturelle sans obtenir de diplôme comme ce pouvait être l'usage à son époque.
Tout en s'occupant de la gestion de ses terres, il fréquente le chef-jardinier du Jardin botanique de Chelsea à Londres, le botaniste Philip Miller, qui l'encourage dans ses études. Il rencontre aussi Daniel Solander, un naturaliste Suédois, formé à la botanique par Carl von Linné. À son contact, il découvre la nomenclature linnéenne qu'il adopte aussitôt. En ce temps, la Grande-Bretagne n'avait pas d’éminents botanistes, à la renommée internationale, comme pouvaient l'être Linné ou Bernard de Jussieu dont Linné disait quand on lui posait une question à laquelle il ne pouvait répondre : « Demandez à Dieu... ou à Bernard de Jussieu. »
À la même époque, le pendant français de Joseph Banks, Philibert Commerson est à Paris et comme lui prend contact avec les botanistes, les frères Antoine et Bernard de Jussieu et Michel Adanson. Banks et Commerson seront les premiers naturalistes à participer à une expédition scientifique autour du monde, presque en même temps. Bougainville et Commerson sont dans les îles des Moluques quand Cook et Banks partent d'Angleterre.
Expédition à Terre-Neuve et Labrador, avril 1766 - janvier 1767
Avant de faire le tour du monde, Banks participa à une expédition scientifique plus modeste.
En 1766, il embarqua sur la frégate HMS Niger pour Terre-Neuve-et-Labrador, dans le but d'étudier sa faune et sa flore. Aux escales, il descend à terre faire des explorations naturalistes avec Constantine Phipps, un ami d'école connu à Eton, plus enclin que lui à étudier les animaux. Ils ramèneront à Londres 340 spécimens de plantes, 91 d'oiseaux, beaucoup de poissons, d'invertébrés et quelques mammifères.
Au retour, Banks entreprend de classer ses collections avec l'aide de Solander qui devint un de ses amis intimes. Il emploie aussi plusieurs peintres pour représenter ses échantillons : Georg Ehret produira 33 fleurs sur velum, Peter Paillou et Sydney Parkinson représenteront les animaux.
Banks tirera grandement profit de cette expérience pour savoir comment organiser au mieux la collecte, la conservation et l'illustration des échantillons lors de voyages au long cours.
Banks devient membre de la Royal Society en 1766. Bien que passionné de botanique, il n'avait encore que 23 ans et aucune publication à son actif mais des moyens financiers importants, de solides relations et un esprit d'entreprise remarquable.
Voyage autour du monde avec Cook, août 1768 - juillet 1771
La Royal Society et la Royal Navy projetèrent une expédition autour du monde pour observer le transit de la planète Vénus devant le Soleil afin de mesurer la distance entre la Terre et le Soleil. La Société royale avait déterminé Tahiti comme un des lieux d'observation les plus favorables. Cette île venait d'être découverte par Wallis qui y avait séjourné en juin-juillet 1767.
Banks n'a aucun mal à faire accepter sa participation à l'expédition au titre de naturaliste, car il propose de financer une équipe de huit personnes et leur matériel : Daniel Solander et H.P. Spöring comme naturalistes, Alexander Buchan (en) et Sydney Parkinson, peintres de paysages et d'histoire naturelle, deux métayers de son domaine de Revesby et deux domestiques noirs. Seules trois personnes survivront à ce voyage : Solander et les métayers, et Banks bien sûr. Le matériel était fait de nombreux outils pour prélever les spécimens (filets, hameçons...), d'ouvrages scientifiques pour les identifier, de produits pour les conserver et les stocker. Il y avait aussi l'astronome Charles Green, son aide et leurs instruments d'observation astronomique.