Ce Jour-là

Joséphine Rostkowska

Joséphine Rostkowska, née Józefa Mazurkiewicz à Varsovie le 19 mars 1784 et morte à Aniche (Nord) le 18 juillet 1896 à l

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Joséphine Rostkowska, née Józefa Mazurkiewicz à Varsovie le 19 mars 1784 et morte à Aniche (Nord) le 18 juillet 1896 à l'âge de 112 ans, est une militaire et médecin polonaise. Engagée dans l'armée polonaise sous une identité masculine lors de l'Insurrection de Novembre, elle est décorée de la Croix d'argent du Virtuti Militari le 11 septembre 1831, devenant l'une des deux seules femmes à avoir reçu cette distinction sur 1 963 combattants décorés. Émigrée en France après la défaite polonaise, elle participe à la guerre de Crimée en 1855 comme aide-chirurgien, à l'âge de 71 ans. Elle s'installe définitivement à Aniche en 1860, où elle exerce la médecine jusqu'à la fin de sa vie.

Józefa Mazurkiewicz naît le 19 mars 1784 à Varsovie. L'acte de décès conservé aux archives municipales d'Aniche — seul document d'état civil connu — mentionne ses parents comme « inconnus ». La presse française des années 1883 à 1896 et les sources polonaises retiennent cependant la filiation suivante : père Stanisław Mazurkiewicz, chambellan royal. Une hypothèse distincte, fondée sur une documentation de 1855, fait de pl:Stanisław Sołtyk son père naturel, ce qui ferait d'elle la demi-sœur du général Roman Sołtyk, aide de camp de Napoléon ; cette hypothèse reste à ce jour sans preuve documentaire suffisante.

Elle reçoit une formation médicale, vraisemblablement en Suisse, et acquiert une réputation de praticienne à Varsovie avant 1831. Elle épouse en premières noces un sous-officier de uhlans nommé Kluczycki, participant aux guerres napoléoniennes, dont elle prend le nom.

En janvier 1831, lors de l'insurrection polonaise contre la Russie, Józefa Kluczycka s'engage dans l'armée polonaise sous l'identité masculine de Józef Kluczycki, avec l'accord du médecin-chef Jan Stummer. Elle est affectée au 10e régiment de ligne polonais comme felczer junior (aide-chirurgien de 2e classe), puis chirurgien major de 1re classe à partir d'août 1831, sous le commandement du major Piotr Wysocki.

Elle participe aux batailles de Białołęka, Grochów — où elle est blessée deux fois à la jambe droite —, Dębe Wielkie, Ostrołęka, Wola, ainsi qu'à la défense de Varsovie.

Le 11 septembre 1831, elle est décorée de la Croix d'argent de l'ordre militaire de Virtuti Militari, devenant la deuxième femme de l'histoire polonaise à recevoir cette distinction, après pl:Barbara Bronisława Czarnowska.

Après la défaite polonaise, elle quitte la Pologne en octobre 1831 par l'Allemagne, sous l'identité masculine de « Joseph Mazurkiewicz », au titre de laquelle elle dépose le 7 décembre 1831 une demande de passeport à l'ambassade de France à Vienne.

Émigration en France (1831–1860)

Arrivée en France, Joséphine Kluczycka épouse en secondes noces le capitaine Daniel Rostkowski, ancien adjudant-major au 10e régiment de ligne polonais, qui sera un temps secrétaire et bibliothécaire du prince Adam Jerzy Czartoryski à l'Hôtel Lambert à Paris. Elle prend dès lors le nom de Joséphine Rostkowska.

Le couple séjourne successivement à Avignon, puis à Montpellier — où elle est enregistrée en 1833 comme réfugiée polonaise sous le nom « Kluczycki Joséphine (femme) » —, à Guéret, à Tulle, et enfin à Paris à partir de 1848.

La pension d'officier qu'elle perçoit de l'État français lui est suspendue au motif qu'elle est épouse d'émigré. Elle est rétablie à la suite de l'intervention du prince Adam Jerzy Czartoryski auprès du ministre de l'Intérieur. Durant son séjour à Paris, elle assure également la gestion du domaine de Chaugy, à Bessay-sur-Allier dans l'Allier, propriété du prince Władysław Czartoryski (1828-1894).

Campagne de Crimée (1855–1857)

En 1855, à l'âge de 71 ans, Joséphine Rostkowska s'engage comme aide-chirurgien dans la guerre de Crimée. Elle sert auprès de l'état-major de la division des Cosaques du Sultan, unité fondée et commandée par Michał Czajkowski (dit Sadyk Pacha), écrivain polonais émigré converti à l'islam, qui avait rejoint l'Empire ottoman à la demande du prince Czartoryski. Ce régiment constitue la première unité militaire chrétienne régulière au sein de l'armée ottomane.

Sa présence est attestée de manière indépendante dès 1858 par Ladislas Mickiewicz dans la biographie de son père Adam Mickiewicz : il mentionne parmi les passagers du bateau vers Bourgas « une vieille dame polonaise, venue avec nous de France comme aide-chirurgien, décorée de l'ordre national Virtuti Militari ; elle se nomme Rostowska, et chacun la désigne du nom de Baba ».

Elle est décorée de l'ordre du Médjidié de 5e classe à l'issue de cette campagne.

Installation à Aniche et dernières années (1860–1896)

De retour en France, Joséphine et Daniel Rostkowski acceptent l'invitation de Roch Rysiński, compatriote polonais et directeur d'une sucrerie, et s'y installent en 1860. Elle y exerce la médecine sans rémunération jusqu'en 1895, à l'âge de 111 ans.

Son mari Daniel Rostkowski décède le 3 juin 1881 à l'âge de 85 ans. Joséphine Rostkowska lui survit quinze ans.

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