Ce Jour-là

José Ramón Larraz

Auteur de bande dessinée espagnol

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José Ramón Larraz Gil dit parfois Gil, Dan Daubeney, Watman ou Joseph Braunstein, est un dessinateur et scénariste de bande dessinée, auteur de roman-photo, photographe de mode et réalisateur espagnol, né le 7 février 1929 à Barcelone en Espagne et mort le 3 septembre 2013 à Malaga. Il a travaillé en Espagne, en France, en Belgique et en Angleterre. Dans les pays francophones, il est surtout connu pour deux œuvres : Paul Foran, une série de bandes dessinées publiée dans Spirou entre 1968 et 1978, et Vampyres, un film qu'il a réalisé en Angleterre en 1974 et qui a fait de lui, aux yeux des amateurs, « un petit maître de l'horreur moderne ». Bien que sélectionné en Compétition au Festival de Cannes en 1974, son film Les Symptômes est sorti en salles dans l'indifférence et n'a été redécouvert qu'une trentaine d'années plus tard. Larraz est le seul cinéaste cantonné dans le "cinéma bis" dont un film a concouru à Cannes pour la Palme d'or.

José Ramón Larraz a sept ans le 18 juillet 1936, quand éclate la guerre civile espagnole. Il vit à Barcelone, l'une des principales villes républicaines. « À cause de la guerre, presque aucun enfant n'allait à l'école. Mon père qui était un homme de gauche me disait : Va à l'école ! Mais à l'école, la seule chose qu'ils nous apprenaient c'était chanter... des chansons révolutionnaires. [...] [Puis] ma mère m'a gardé à la maison à cause des bombardements. » Barcelone est bombardée de janvier à mars 1938 et est prise par le camp franquiste le 26 janvier 1939.

À la fin de l'adolescence, Larraz entre en possession d'un appareil photographique : « J'ai pris des photos d'animaux du zoo, racontera-t-il plus tard, des amis, des filles, et progressivement des filles habillées, moins habillées, puis déshabillées. »

Pour subvenir aux besoins de sa famille après la mort de son père en 1946, il interrompt ses études de philosophie et se consacre à la bande dessinée. Il dessine d'après des photographies prises par lui-même ou par d'autres. Il débute en 1951 pour les éditions Clíper : il remplace le dessinateur Francisco Batet sur la série El Coyote, une imitation de Zorro, et crée, entre autres, les séries Ray Walker, Vivian, Pecas, Janet y Pipa (« une bande de jeunes filles débrouillardes visitant les plateaux de tournage de cinéma, rencontrant les stars et starlettes de l'époque ») et Duncan Foster. À la demande de la MGM, il dessine également une adaptation en BD de Quo vadis pour accompagner la sortie espagnole du film (elle aura lieu en février 1954, plus de deux ans après la sortie aux États-Unis).

Grâce à cette commande de la MGM, Larraz gagne suffisamment d'argent pour quitter l'Espagne et s'installer à Paris en 1953 ou en 1954'. « Je suis parti pour des raisons politiques et également à cause de la censure très importante qui régnait alors [en Espagne] [...], dira-t-il plus tard. Il n'était par exemple pas possible de dessiner une femme avec une belle poitrine ! Les bandes dessinées ne devaient mettre en scène que des hommes ou bien des femmes plates avec des jupes descendant jusqu'aux chevilles ! »

À Paris, Larraz travaille pour Marijac (qui le publie dans Mireille et Coq hardi), puis pour Paul Winkler. Pour Opera Mundi, l'agence de Winkler, il dessine, parfois sous pseudonyme, parfois en collaboration avec d'autres, de nombreuses bandes quotidiennes : entre autres Capitaine Baroud publiée dans L'Équipe, Jed Foran et Cécile publiées dans Le Parisien libéré, Hommes et bêtes publiée dans France-Soir. Dans Cécile, une série sentimentale située dans le milieu des mannequins de mode, mais aussi dans des séries d'aventures exotiques comme Capitaine Baroud, Larraz peut faire ce que la censure espagnole lui interdisait : accorder des rôles importants aux personnages féminins et les dessiner sans avoir à les vêtir jusqu'aux chevilles. « On était lu dans les journaux (sous la forme de strips quotidiens replacés dans de nombreux titres nationaux et régionaux), expliquera-t-il plus tard, et c'était pas tellement pour les enfants, c'était déjà de la bande dessinée pour les adultes. » Thierry Lecloux et Philippe Capart retiennent de cette période la série Hommes et bêtes, une des « plus belles bandes quotidiennes » de Larraz, « dessinée à quatre mains » avec José Laffond, « leurs styles étant intimement imbriqués ».

À cette époque, Larraz réalise aussi des bandes dessinées en pleines pages pour Le Journal de Mickey, dont une adaptation du film L'Homme des vallées perdues, qu'il signe du nom de sa compagne, Diana Daubeney, une Anglaise. Au début des années 1960, à la demande de Paul Winkler, il passe au roman-photo, notamment en adaptant Anna Karénine, Les Hauts de Hurlevent et Les Derniers Jours de Pompéi pour l'hebdomadaire Confidences.

Larraz abandonne pendant un temps ses activités de dessinateur. En 1962, Diana Daubeney et lui ont un premier enfant. Ils le prénomment Duncan (d'après le prénom d'un des personnages qu'il avait créés en Espagne au début des années 1950 : Duncan Foster). La famille quitte la France et s'installe en Belgique en 1962 ou, selon d'autres sources, en 1966. Larraz est désormais photographe de mode. Il rencontre l'écrivain Thomas Owen dont il devient l'ami. En 1966, il participe au tournage en Espagne de Quatre dollars de vengeance, un western réalisé par Jaime Jesús Balcázar et produit par Alfonso Balcázar (Larraz collaborera à nouveau avec les frères Balcázar en 1972 et au début des années 1980, quand il sera lui-même devenu cinéaste).

Il reprend le dessin et intègre en 1967 l'équipe du journal Spirou (la même année en France, le journal Pilote publie sa BD Yves La Brousse). Après le départ de Jijé et d'Eddy Paape, l'hebdomadaire belge manque de séries d'aventure. Larraz en propose trois. D'abord, sous le pseudonyme de Dan Daubeney, Christian Vanel : des aventures maritimes situées au XVIIIe siècle. Ensuite, sous le même pseudonyme, Michaël : des aventures africaines dont le héros est un petit garçon à qui Larraz donne les traits de son fils. Enfin, à partir de 1968 et sous le pseudonyme de Gil, Paul Foran : des « aventures exotiques teintées de mystère et de fantastique gothique, avec de multiples références cinématographiques, un érotisme discret, et des ambiances sombres ». Les séries Christian Vanel et Michaël sont vite abandonnées en raison de leur mauvais classement dans le "référendum" que le journal réalise chaque année auprès de ses lecteurs. En revanche, la série Paul Foran « marque plus d'un imaginaire » et se poursuit pendant dix ans : dix aventures paraissent dans Spirou, dont quatre seront reprises en albums souples publiés par Dupuis dans la seconde moitié des années 1970.

La participation de Larraz à l'hebdomadaire aura aussi marqué les lecteurs pour une raison plus anecdotique : c'est lui qui en 1967 offre à Charles Dupuis Pinky, le lionceau dont la garde est confiée au rédacteur en chef Yvan Delporte. Pinky a servi de modèle à Larraz pour dessiner l'animal qui accompagne le jeune héros de la série Michaël. Devenu le lionceau du journal, il fait l'objet de reportages plus ou moins fantaisistes rédigés par Delporte et apparaît dans des planches de Gaston.

Bien qu'il travaille pour Spirou, Larraz ne reprend pas goût au dessin, et « il fait appel à des collaborations extérieures, officielles ou non ». René Follet, Herbert Geldhof et Jordi Bernet dessinent des cases ou des décors de Michaël sans être crédités. Jesús Blasco, crédité sous le pseudonyme de Montero, puis Jordi Bernet, sous le nom de Jordi, dessinent la plupart des cases des neufs premiers épisodes de Paul Foran.

À la fin des années 1960, Larraz ne s'intéresse plus au dessin mais au cinéma. Il trouve une opportunité en Angleterre pour réaliser un film érotique à petit budget. Avec Diana Daubeney, sa compagne, il déménage à Londres en 1969. L'Enfer de l'érotisme, son premier film, est un thriller dans le milieu de la photographie de mode. Le « petit succès » qu'il rencontre permet à son réalisateur d'embrasser, à l'âge de quarante ans et en autodidacte, « une nouvelle carrière ».

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