José Manuel Durão Barroso /ʒuˈzɛ mɐnuˈɛɫ duˈɾɐ̃ũ bɐˈʁozu/, né le 23 mars 1956 à Lisbonne (Portugal), est un homme politique portugais, président de la Commission européenne entre le 22 novembre 2004 et le 3 novembre 2014.
Depuis juillet 2016, il est président non exécutif du conseil d'administration de la banque Goldman Sachs.
Comme il est d'usage au Portugal et dans les pays lusophones, José Manuel Durão Barroso porte deux noms de famille (le maternel : Durão, suivi du paternel : Barroso). Cependant, dans la vie courante et les médias, il est coutume d'omettre le prénom des personnes jouissant d'une certaine notoriété ; ainsi, on le désigne régulièrement par ses seuls noms de famille : Durão Barroso. En revanche, cet usage n'a pas été repris par les grands médias internationaux et il est appelé José Manuel Barroso en dehors du Portugal.
José Manuel Durão Barroso est le fils de Luís António Saraiva Barroso et de son épouse Maria Elisabeth de Freitas Gomes Durão.
En 1980, il a épousé Maria Margarida Pinto Ribeiro de Sousa Uva (décédée d'un cancer de l'utérus en 2016, à l'âge de 60 ans), avec laquelle il a eu trois enfants : Luís, Guilherme et Francisco.
José Manuel Durão Barroso est un juriste universitaire et un diplomate portugais. Lors de la révolution des Œillets en 1974, il se situe à l'extrême gauche radicale de l'échiquier politique comme président des étudiants maoïstes (MRPP), à l'époque seul parti d'opposition actif, avec le Parti communiste portugais. En 1979, il fonde l'Association universitaire d'études européennes. Il obtient une licence de littérature à l'âge de 25 ans ; il s'est ensuite formé notamment à l'université de Genève, à l'Institut universitaire d'études européennes où il a obtenu un diplôme en 1985 et où il fut assistant du professeur Dusan Sidjanski. Il y découvre la pensée de Denis de Rougemont. Il séjourne aux États-Unis pour parfaire sa formation à l'université de Georgetown.
Montée en puissance au sein du centre droit
Son parcours politique commence en 1980, lorsqu'il devient membre du Parti social-démocrate (PPD/PSD), un parti de centre-droit. Élu député à l'Assemblée de la République six fois, il entame sa carrière gouvernementale en 1985, au poste de secrétaire d'État adjoint au ministère de l'Administration interne, sur recommandation de Pedro Santana Lopes. Deux ans plus tard, il est nommé secrétaire d'État aux Affaires étrangères et à la Coopération. Au cours de son mandat de cinq ans, il est le principal promoteur des accords entre l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola et le Mouvement populaire de libération de l'Angola, qui mettent fin à la guerre civile en Angola.
Il est promu ministre des Affaires étrangères le 12 novembre 1992, à trente-six ans seulement, et s'attache alors à faire connaître la cause du Timor oriental. À la suite des législatives de 1995, le PPD/PSD est renvoyé dans l'opposition, et lui-même retourne siéger comme député au Parlement, dont il présidera la commission des Affaires étrangères.
À l'occasion du 21e congrès du PSD, organisé à la fin du mois d'avril 1999 à Coimbra, il est élu président du parti. Il devient de facto le chef de l'opposition au socialiste António Guterres.
Premier ministre : atlantisme et rigueur budgétaire
Après avoir remporté les élections législatives de mars 2002, il est chargé de former le gouvernement portugais et de trouver une majorité pour le soutenir. Le Parti social-démocrate (PPD/PSD)de centre droit et libéral ayant obtenu 40,12 % et 105 sièges sur 230, devra cependant s'allier avec le Parti populaire (CDS/PP), une formation de droite qui a obtenu 8,75 % des voix et 14 sièges.
Son principal souci est de sortir le Portugal du marasme économique dans lequel il se trouve en mars 2002 avec des « feux orange » sur les principaux indicateurs économiques : inflation à 1,5 % (2001), prévisions de croissance de 1,8 % à 2,8 % pour 2002 et déficit budgétaire de 2,2 %. Mais, il imprime au gouvernement un vigoureux tournant atlantiste. Il se range ainsi en mars 2003 aux côtés des Américains et Britanniques pour déclencher la deuxième guerre en Irak allant jusqu'à organiser un sommet aux Açores (portugaises) des chefs de gouvernement pro-intervention (George W. Bush, Tony Blair, José María Aznar). Il annule également la participation du Portugal au programme de construction de l'avion militaire européen, Airbus A400M. Un retrait suivi par l'Italie qui coutera à l'avionneur européen près de 2 milliards d'euros.
Le 29 juin 2004, Durão Barroso est nommé président désigné de la Commission européenne, choisi à l'unanimité par les exécutifs des 25 membres de l'Union européenne, lors d'un Conseil européen extraordinaire, les vingt-cinq États membres n'ayant, quelques jours auparavant, en effet pas réussi à se mettre d'accord sur un candidat parmi les noms qui circulent, notamment celui du Premier ministre de Belgique Guy Verhofstadt et celui du britannique, Chris Patten, commissaire européen sortant. Barroso est finalement choisi lors d'un « second tour » ; il est fermement soutenu par le gouvernement britannique qui refuse Guy Verhofstadt, candidat du couple franco-allemand, trop fédéraliste aux yeux de Londres.
Le Parlement européen donne son aval à cette nomination le 22 juillet 2004 avec 413 voix sur 711 (251 contre et 44 abstentions, 3 nuls). Sa présidence ne devient effective que le 22 novembre 2004, et non le 1er novembre comme initialement prévu. Il est remplacé à son précédent poste par Pedro Santana Lopes qui sera Premier ministre du 17 juillet 2004 au 12 mars 2005.
Attaché au libéralisme économique, il est très critiqué par une partie de la presse européenne de gauche ; pourtant, sa vision de la politique européenne se révèle en pratique très indécise selon le journaliste Jean Quatremer qui parle de « ligne politique totalement illisible ». Ainsi Martin Schulz, le président du Parlement européen, déclare-t-il : « Quand il parle aux socialistes, il est socialiste. Quand il parle aux libéraux, il est libéral. Il dit aux gens ce qu'ils veulent entendre ».
Il doit affronter en 2005 le non à la Constitution européenne des Français et Néerlandais ; il déclare néanmoins peu après ces votes négatifs ne pas « être pessimiste ».
Il soutient la proposition de Nicolas Sarkozy de faire un traité modifié (traité de Lisbonne), mais récuse le terme de « traité simplifié ».