Ce Jour-là

José Manuel Caballero Bonald

Écrivain espagnol

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José Manuel Caballero Bonald (né à Jerez de la Frontera le 11 novembre 1926 et mort à Madrid le 9 mai 2021) est un poète et écrivain espagnol.

Militant anti-franquiste, il appartient au groupe poétique de la génération de 50, aux côtés de José Ángel Valente, José Agustín Goytisolo et Jaime Gil de Biedma, entre autres. Sa façon d'utiliser le langage et le lexique très soigneusement, ainsi que le style baroque caractérisent son œuvre. Caballero Bonald est un écrivain d'une très grande qualité littéraire, et il demeure un modèle de ce que fut l'évolution littéraire d'après-guerre. Ses incursions dans la poésie, le roman, le théâtre et l'essai comptent plus de quarante œuvres.

Son œuvre est couronnée par le Prix national des Lettres espagnoles en 2005 et par le Prix Cervantes en 2012.

De père cubain (Plácido Caballero) et de mère d’ascendance aristocratique française (Julie Bonald, de la famille du vicomte Louis de Bonald), il naquit et fut élevé à Jerez de la Frontera, dans la calle Caballeros.

Il commença ses études en 1936, dans le Colegio de los Marianistas de Jerez. Cette même année éclata la guerre Civile Espagnole, ce qui l'obligea à vivre quelque temps entre la Sierra de Cadix et Sanlúcar de Barrameda. C'est à cette époque que Caballero Bonald commença à s'intéresser à la littérature, au travers d'heures consacrées à la lecture d'auteurs étrangers comme Robert Stevenson, Jack London, Herman Melville et Emilio Salgari, ou espagnols comme José de Espronceda, entre autres. La littérature d'aventures et surtout celles qui mettent en scène la mer le fascinaient et le fascinent encore. Il déclara d'ailleurs « La mer exerce sur moi une fascination très spéciale, pour tout ce qu'elle représente : la liberté absolue, et aussi l'aventure. Je crois que je suis devenu écrivain parce que je suis un aventurier frustré. » Cette étape de lecture fut fondamentale dans son développement comme écrivain, et il dit de lui-même qu'il fut un lecteur précoce et un écrivain tardif.

En 1944, il commence ses études de navigation à Cadix, où il écrivit ses premiers poèmes. C'est ainsi qu'il fit la connaissance des membres du groupe de la revue Platero (aujourd'hui disparue, mais qui possède une anthologie), tels que Fernando Quiñones (es), Pilar Paz Pasamar (es), Julio Mariscal Montes (es) ou José Luis Tejada (es).

Il fait son service militaire dans la Milice Navale Universitaire, en naviguant pendant plusieurs étés dans les eaux des Canaries, du Maroc et de Galice.

En 1949, il reprit ses études, cette fois en philosophie et lettres, à Séville. Comme à Cadix, il fréquenta le groupe local en nouant des relations avec les Cordouans de la revue Cántico, en particulier avec Pablo García Baena.

En 1950, il obtint le prix Premio de poesía Platero pour son poème Mendigo :

Après avoir continué ses études de littérature à Madrid, il publia son premier livre de poésie, Las adivinaciones, pour lequel il reçut le prix Adonáis de Poésie en 1952.

Il publia ensuite les recueils de poésie Memorias de poco tiempo en 1954 et Anteo en 1956.

Il devint secrétaire puis sous-directeur de la revue Papeles de Son Armadans. Il pratique ses premières activités clandestines par le biais de sa relation avec Dionisio Ridruejo. C'est ce dernier qui lui permit de réellement développer sa conscience politique : « J'ai partagé beaucoup de choses avec Dionisio... même la prison, en 64. C'est ainsi que je me suis lié à la lutte anti-franquiste. »

D'un point de vue moins politique, c'est accompagné de Jorge Oteiza qu'il se construisit une opinion critique sur la culture, les conventions et les académismes. Il participa avec lui a de nombreux colloques et développa pour lui une certaine admiration en disant de lui qu'il l'avait laissé « ébloui, plus que pour son œuvre artistique, pour sa critique de la culture, pour sa personnalité comme homme de culture » et affirma être son disciple.

Il part vivre à Paris, mais revient six mois plus tard pour publier Las horas muertas en 1959, pour lequel il recevra le prix Premio Boscán (es) ainsi que le prix Premio de la Crítica de poesía castellana (es).

C'est à l'occasion du XXe anniversaire de la mort d'Antonio Machado célébré à Collioure en 1959 qu'il fit la connaissance de ceux qui deviendraient ses compagnons de la génération de 50, tels que José Agustín Goytisolo, Ángel González, José Ángel Valente, Jaime Gil de Biedma, Alfonso Costafreda (es), Carlos Barral, et où étaient également présents Pablo Picasso, André Malraux, Jean-Paul Sartre et François Mauriac, etc.

À propos de la Génération de 50, il déclara : « Les générations sont... des évènements consécutifs de l'histoire linéaire de la littérature », « Les similitudes en matière de conduites extra-littéraires étaient plus remarquables que les coïncidences relatives à la pratique littéraires : le militantisme anti-franquiste, la provenance familiale et universitaire, le goût pour le caractère nocturne, les pactes entre gentlemen, les habitudes culturelles, la tendance à une consommation considérable de boissons alcooliques. Nous savions très bien équilibrer les temps de la conspiration, ceux de la diversion et ceux de travailler sur des poétiques dont je crois comprendre qu'elles survivront longtemps à l'éphémère de la mode. Ce qui n'est pas du tout une caractéristique négligeable. »

Peu après il déménagea à Bogota pour enseigner la littérature espagnole et les sciences humaines à l'Université nationale de Colombie. Il fit rapidement connaissance avec les membres du groupe colombien de la revue Mito, tels que Jorge Gaitán Durán (es), Gabriel García Márquez, Eduardo Cote Lamus (es), Hernando Valencia Goelkel, Pedro Gómez Valderrama (es) ou Fernando Charry Lara (es), qui lui édita en 1961 El papel del coro, une anthologie poétique. Il voyagea dans d'autres pays d'Amérique latine, où il entreprit d'écrire son premier roman, Dos días de septiembre (livre traduit en français sous le nom Deux jours de septembre), qui reçut le prix Biblioteca Breve de la part de sa propre maison d'édition, et dont l'un des membres du jury fut Josep Maria Castellet, l'auteur de la célèbre anthologie Nueve novísimos poetas españoles. Il s'agit clairement d'un roman de réalisme social, dans lequel sont contées les inégalités qui existent dans un village vigneron andalou entre les riches propriétaires terriens et les humbles travailleurs. Cependant, ce qui différencie cette œuvre de celles de ce genre de son époque, c'est que Bonald s'intéresse plus pour les petites anecdotes de la fresque formée par le peuple présentée avec différentes techniques narratives, et qu'il va jusqu'à utiliser les monologues intérieurs et sans ponctuation, dans une œuvre apparemment réaliste.

Il revint un an plus tard en Espagne pour entreprendre divers travaux éditoriaux, mais il perdit quelque peu l'intérêt pour la littérature et il se concentra davantage sur des activités de lutte antifranquiste. C'est alors qu'il reçut une amende et fut détenu pour avoir exercé des activités clandestines contre le régime franquiste.

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