Ce Jour-là

José Bové

Agriculteur et homme politique français

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Joseph Bové, dit José Bové, né le 11 juin 1953 à Talence (Gironde), est un paysan, syndicaliste et homme politique français.

Militant pacifiste, il refuse de faire son service militaire et est considéré comme déserteur. Recherché par l'armée, il s'installe dans les Pyrénées et il devient berger.

José Bové est l'un des fondateurs de la Confédération paysanne, un syndicat paysan qui s'oppose à l'agriculture productiviste et l'industrie agroalimentaire, au nom du respect de la santé environnementale dont humaine.

Il devient célèbre en 1999, en France et dans le monde, pour avoir démonté le restaurant McDonald's de Millau à la suite de sanctions américaines contre la France pour avoir refusé du bœuf aux hormones.

Connu pour ses prises de position contre les pesticides, les multinationales, la mondialisation, et les organismes génétiquement modifiés (OGM), il est l'une des figures du mouvement altermondialiste.

Candidat divers gauche à l'élection présidentielle française de 2007 avec le soutien d'une partie des Collectifs unitaires, il recueille 1,32 % des voix. Il est tête de liste Europe Écologie pour la circonscription Sud-Ouest en France lors des élections européennes de 2009, à l’issue desquelles il est élu député européen. Réélu en 2014, il quitte le Parlement européen en 2019.

Le père de José Bové, Joseph-Marie Bové (1929-2016), d'origine luxembourgeoise, est spécialiste des maladies des plantes. Il se voit attribuer la nationalité française en devenant directeur régional de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et devient membre de l'Académie des sciences. José Bové a déclaré que son père n'avait jamais travaillé sur les OGM. Toutefois, cette affirmation est contredite par José Bové lui-même, lors d'une interview donnée au Parisien en 2007[réf. nécessaire], ainsi que par les déclarations de son père au même journal qui relate ses travaux (propos confirmés également par la liste des publications de J.M. Bové). Colette, sa mère, née Dumeau (1927-2014), est professeure de sciences naturelles, l'un de ses frères est ingénieur, l'autre ingénieur informaticien. Il parle anglais couramment, ayant suivi, à l'âge de trois ans, ses parents invités en tant que chercheurs à l'université de Californie à Berkeley. La famille y reste de 1956 à 1959. Par ailleurs, elle passait ses vacances dans une résidence secondaire à Lacanau (hameau de Longarisse).

Inscrit dans un lycée privé d'Athis-Mons, le lycée Saint-Charles tenu, à l'époque, par des jésuites, il en est exclu en 1968 s’étant « trouvé en contradiction avec l’institution ». Demeuré seul à Paris (ses parents étant mutés à Bordeaux), il fréquente les galas libertaires. Il obtient son baccalauréat, section économie, avec mention. Il envisage l'enseignement de la philosophie et s'inscrit en classes préparatoires littéraires et à la faculté de Bordeaux où, en 1971, il rencontre Alice Monier qu'il épousera en 1989 ; ils se sépareront en 2000. Pendant son séjour seul à Paris, début 1970, il est pacifiste et antimilitariste et proche des mouvements chrétiens ouvriers. Il fréquente Jacques Ellul de 1971 à 1975 dans divers groupes prônant la non-violence, notamment à travers la Confédération nationale des travailleurs (CNT), le Groupe de recherche et d'action non-violente (GRANV) et le Mouvement pour une alternative non-violente (MAN). Il milite également dans des mouvements hostiles à la guerre du Vietnam. Refusant de faire son service national, il demande le statut d'objecteur de conscience, qui lui est refusé par la commission juridictionnelle en 1972.

Militantisme paysan et altermondialiste

Installation sur le causse du Larzac (1973-1981)

Étant considéré comme déserteur José Bové est recherché par l'armée. Il trouve alors refuge dans une exploitation agricole des Pyrénées. En 1973, il participe au rassemblement national contre l'extension du camp militaire sur le causse du Larzac, où il rencontre Bernard Lambert. À l'été 1974, 50 000 personnes participent à l'opération Moisson pour le Tiers monde sur le causse. Il se trouve parmi les quelques militants qui évitent à François Mitterrand, candidat battu quelques semaines auparavant, d'être lynché par des groupuscules maoïstes.

Avec sa femme Alice Monier, et sa première fille Marie, il s'y installe en 1976, élève des brebis mais ne lâche en rien son militantisme. Son opposition au militarisme le conduit tout naturellement à participer à la lutte contre l'extension du camp militaire du Larzac, qui fédère paysans et ouvriers au cours des années 1970. Il fait partie des vingt-deux personnes qui investissent en 1978 le camp militaire et s'emparent de documents attestant la vente de terrains par divers paysans. Après trois semaines de prison préventive, il est condamné à quatre mois de prison avec sursis et privation de ses droits civiques pour ses activités antimilitaristes. Il décide avec sa femme de squatter une ferme à l'abandon depuis 1920, le hameau de Montredon, et de mettre en valeur les terres convoitées par l'armée. En 1976, il s'installe sur cette ferme. En 1977, il est au volant de l'un des 90 tracteurs qui pénètrent sur le champ de tir avec, sur le garde-boue, un soldat contestataire en cagoule, délégué par les comités de soldats.

En 1978 naît Hélène, la seconde fille de José et Alice.

En 1981, François Mitterrand annonce l'annulation du projet d'extension du camp militaire, c'est la victoire du mouvement du Larzac. Les terrains acquis par l'État pour l'extension du camp sont ensuite confiés par bail emphytéotique à la société civile des Terres du Larzac, dont José Bové est l'un des gérants. Ce bail, d'une durée de 33 ans particulièrement avantageux a été prolongé, en 2013, de 2045 à 2083. José Bové en bénéficie comme les autres membres du collectif.

Jusqu'à son élection comme député européen, José Bové est demeuré éleveur au sein d'un GAEC (exploitation agricole) d'élevage de brebis pour la fabrication et la vente directe, de fromages au lait de brebis et de yaourts, situé à Montredon (commune de La Roque-Sainte-Marguerite, dans le département de l'Aveyron) sur le plateau du Larzac, où il s'est fait construire une maison en matériaux écologiques.

Syndicalisme agricole (1981-1993)

En 1978, Alice Monier et José Bové fondent un Centre cantonal des Jeunes agriculteurs, (CCJA), dont Alice devient vice-présidente départementale. Dès septembre 1981, il fonde le Syndicat des Paysans-Travailleurs de l'Aveyron, où se retrouvent les membres du CCJA. Se réclamant des situationnistes, et notamment de son ami René Riesel, il prône — déjà — une « autre agriculture ».

En 1987, il participe à la création de la Confédération paysanne, dont il devient l'un des cinq secrétaires nationaux. Composé de l'aile gauche du syndicat majoritaire (FNSEA) et de petits syndicats de gauche, ce nouveau syndicat agricole veut changer l'agriculture et s'opposer à l'industrie (l'industrie agroalimentaire moderne et aux industriels fournisseurs des agriculteurs), au nom du respect des personnes (consommateurs et paysans) et de l'environnement.

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