Ce Jour-là

José Antonio Primo de Rivera

Homme politique espagnol

Anúncio

José Antonio Primo de Rivera y Sáenz de Heredia, né le 24 avril 1903 à Madrid et mort le 20 novembre 1936 à Alicante, est un homme politique espagnol, fils du général Miguel Primo de Rivera et fondateur de la Phalange espagnole. Il est mort exécuté le 20 novembre 1936 à Alicante, au début de la guerre d'Espagne.

Né dans une famille noble d'Andalousie de longue tradition militaire, il est le fils aîné du général Miguel Primo de Rivera, chef du gouvernement et président du directoire — « une dictature avec roi » — entre 1923 et 1930, sous le règne d'Alphonse XIII. Après son baccalauréat, obtenu en 1917, il entreprend des études à la faculté de droit de Madrid, il y obtient une licence en 1922. L'année suivante, à l'âge de vingt ans, il est reçu aux examens de doctorat et ne présenta jamais sa thèse.

Il effectue son service militaire en 1923-1924, et est lieutenant de cavalerie. Il sert au régiment des Dragones de Santiago no 9, à Barcelone, puis aux Húsares de la Princesa, à Madrid.

Il devient avocat en avril 1925, inscrit au barreau de Madrid. Il ouvre alors son propre cabinet et est vite reconnu pour son talent professionnel. Ainsi, le doyen du collège des avocats de Madrid, Francisco Bergamín, auquel José Antonio Primo de Rivera était opposé dans un procès, déclara : « J'ai dit en saluant le jeune avocat que nous avons écouté avec tant de plaisir, qu'il était un véritable espoir ! Je rectifie, Messieurs les Magistrats, et j'affirme qu'aujourd'hui, nous avons entendu une véritable gloire du barreau espagnol. C'est tout ».

En juin 1930, il est reçu dans l'ordre des chevaliers de Saint-Jacques de l'Épée (Orden de Santiago) en même temps que ses deux frères, Miguel et Fernando.

Chez Primo de Rivera, élevé « à l'ombre de son père », les valeurs militaires ancrées dans sa personnalité se combinaient avec une « formation intellectuelle et un esprit politique de type libéral (Ortega pour lui, comme pour tous les jeunes gens de sa génération, fut la référence essentielle), que contrebalançaient son éducation traditionaliste et ses convictions religieuses ». Dans son célèbre Hommage et reproche à Don José Ortega y Gasset, publié en 1935, Primo de Rivera écrira notamment : « Une génération qui pour ainsi dire s'éveilla à l'inquiétude espagnole sous le signe d'Ortega y Gasset, s'est imposée à elle-même, tout aussi tragiquement, la mission de vertébrer l'Espagne ».

L'intuition politique joséantonienne de « sauver l'Espagne pour l'Espagne », au-delà de l'influence primordiale d'Ortega prend sa source chez des penseurs comme Eugenio d'Ors, Ramiro de Maeztu, Rafael Sánchez Mazas, Unamuno et les auteurs de la génération de 98, mais aussi Spengler. Et Arnaud Imatz de souligner que « parmi ces auteurs, dominés par la préoccupation de préserver la communauté nationale d'une irrémédiable décadence, deux ont profondément imprégné la pensée de Primo de Rivera : José Ortega y Gasset et Miguel de Unamuno […] les deux plus grandes figures du libéralisme espagnol contemporain […]. Les deux hommes les plus illustres de l'Université espagnole des années 1920 qui contribuèrent à la chute de la dictature étaient pourtant radicalement anti-fascistes ».

Dans un ouvrage récent, l'historien espagnol Joan Maria Thomàs résume ainsi le fond du destin politique de José-Antonio : « Toute sa vie — héroïque, d'abnégation, pleine de chimères et d'énergie — était imprégnée de cette nostalgie mi-bourgeoise mi-littéraire pour le travail méthodique et la discussion intime. Il se rendait compte, cependant, qu'il était marqué déjà par un destin, qu'il n'était pas possible de reculer, qu'il devait renoncer à tout. Parce qu’il faut choisir entre l'Œuvre et le Bonheur. Et José-Antonio opta pour la première ».

En avril 1930, voulant défendre la mémoire de son père récemment mort, il se lance dans l'action politique. Il participe à la fondation de la Unión Monárquica Nacional où il retrouve nombre d'anciens ministres du général Primo de Rivera dont José Calvo Sotelo, et l'écrivain Ramiro de Maeztu. En juin 1931, il se présente, dans la circonscription de Madrid, aux élections générales convoquées pour former l'Assemblée Constituante des Cortes de la Seconde République espagnole. Les raisons de sa candidature sont exprimées dans un court Manifeste publié le 29 septembre dans ABC : « Dieu sait bien que ma vocation est d'être parmi mes livres, et que m'éloigner d'eux pour me lancer momentanément dans le vertige lancinant de la politique me cause une véritable douleur. Mais je serais lâche ou insensible si je dormais tranquillement tandis qu'aux Cortes, devant le peuple, on continue de lancer des accusations contre la mémoire sacrée de mon père ». Avec ce sens de la responsabilité politique, « sa jeunesse et son courage attirent sur lui tous les regards ». Il est battu par son adversaire Bartolomé Cossío, présenté par la coalition électorale Conjonction républicano-socialiste, qui regroupait des partis républicains de gauche, dont les plus importants étaient le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) et le Parti républicain radical (PRR).

En 1932, accusé de soutenir la Sanjurjada, le pronunciamiento du général Sanjurjo, il est arrêté ; finalement, aucune charge ne pouvant être retenue contre lui, il est rapidement libéré. Peu après, il fonde avec l'aviateur Julio Ruiz de Alda le Movimiento Sindicalista Español qui est l'embryon de la Phalange espagnole.

À partir de 1929, Primo de Rivera écrit des articles politiques dans la presse espagnole, notamment dans le quotidien La Nación, proche de la Unión Monárquica Nacionalet, plus épisodiquement, dans ABC. Dans ce quotidien, il publie en mars 1933, une lettre ouverte à Juan Ignacio Luca de Tena, le directeur du journal, sur le fascisme. Son article Vers un nouvel État est publié, sous pseudonyme, le 16 mars 1933 dans l'unique numéro de la revue El Fascio paru avant qu'elle ne soit interdite par le gouvernement républicain. Il y critique l'esprit nihiliste de « l' État libéral qui ne croit en rien, ni même en son destin propre, ni même en soi-même » et en appelle à l'État nouveau qui serait au service de « l'Unité » et de « la Patrie comme totalité historique ». Il présente les Points initiaux de la Phalange nouvellement créée dans l'hebdomadaire du Mouvement, intitulé F.E., qui publia quinze numéros entre décembre 1933 et juillet 1934.

Le 19 novembre 1933, lors des deuxièmes élections générales, il est élu député de la circonscription de Cadix. Il est alors le seul représentant de la Phalange siégeant comme indépendant à l'Assemblée des Cortes où une coalition de partis de droite s'assura la majorité.

Le 29 octobre 1933, José Antonio Primo de Rivera fonde la Phalange espagnole, dont il présente le programme le jour même lors d'un discours public au Teatro de la Comedia à Madrid. Il y développe une critique de Jean-Jacques Rousseau, cet « homme néfaste », et du libéralisme démocratique destructeur « de l'unité spirituelle des peuples » qui « apporta l'esclavage économique », tout en refusant le socialisme dont « la réaction fut légitime » et qui « proclama le dogme monstrueux de la lutte des classes » et amena « la désagrégation, la haine, la séparation, l'oubli de tout lien de fraternité et de solidarité entre les hommes. » Il y appelle à reconstruire « l'unité totale de la Patrie » afin que « l'Espagne retrouve décidément le sens universel de sa culture et de son Histoire ». Ainsi que le note l'historien Robert Paxton, il s'agit là d'un exemple de ce que Sigmund Neumann, politologue américain, appelait, selon une typologie propre, l'approche d'un parti d'intégration, par rapport au parti de représentation.

Peu de temps après, le 15 février 1934, la fusion du mouvement avec les Juntas de Ofensiva Nacional-Sindicalista fondées par Onésimo Redondo et Ramiro Ledesma Ramos donne naissance à la Falange Española de las JONS. Le texte en 27 points du programme du nouveau Mouvement, élaboré par le Conseil National comprenant en particulier Primo de Rivera et Ledesma Ramos, a été publié le 30 novembre 1934. Il affirme la « réalité suprême de l'Espagne », une « volonté impériale » et le projet d'un « État national-syndicaliste qui organisera corporativement la société espagnole » tout en « répudiant le système capitaliste » et « également le marxisme ». Il « incorpore le sens catholique - de glorieuse tradition et prédominant en Espagne - à la reconstruction nationale ».

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
José Antonio Primo de Rivera | World in Stories