Jordi Solé Tura, né le 23 mai 1930 à Mollet del Vallès et mort le 4 décembre 2009 à Barcelone, est un écrivain et homme politique espagnol.
Opposant au franquisme dans sa jeunesse, il milite dans des organisations communistes. En 1977, il est ainsi élu du Parti socialiste unifié de Catalogne et participe à la rédaction de la nouvelle Constitution espagnole. Il accomplit deux mandats et tente sans succès d'être élu maire de Barcelone en 1983.
Il quitte deux ans plus tard les rangs communistes et adhère au Parti des socialistes de Catalogne. Il est alors réélu député en 1989, puis il est nommé ministre de la Culture en 1991. Il quitte ce poste à l'issue de la législature, en 1993. En 1996, les socialistes proposent sa candidature à la présidence du Congrès des députés mais il est défait par son concurrent conservateur.
Ayant remporté un mandat de sénateur en 2000, il n'en sollicite pas le renouvellement et quitte la politique quatre ans plus tard. Atteint de la maladie d'Alzheimer, il meurt en décembre 2009, à 79 ans.
Il étudie le droit à l'université de Barcelone, où il obtient sa licence. Initialement membre du Front de libération populaire (FELIPE), il adhère en 1956 au Parti socialiste unifié de Catalogne (PSUC) et rejoint alors la cellule de l'université.
Du fait de ses activités anti-franquistes, il finit par s'exiler à Paris en 1960. Il suit un cursus à l'École pratique des hautes études. Il se rend ensuite à Bucarest où il travaille pour la Radio España Independiente. Après que Fernando Claudín et Jorge Semprún ont été exclus du Parti communiste d'Espagne (PCE), il revient dans la capitale française et s'éloigne des thèses dominantes au sein du parti.
Il traduit de nombreux essais politiques importants. Ainsi, il est notamment l’introducteur des premiers textes de Gramsci en Espagne et le traducteur en catalan de Stratégie ouvrière et néocapitalisme d'André Gorz en 1967.
La même année, il publie l’essai Catalanisme i revolució burgesa (« Catalanisme et Révolution bourgeoise »), qui reçoit le prestigieux Prix de la critique Serra d'Or de littérature et essai l’année suivante et dont l'interprétation est à l’origine d’une intense polémique autour catalanisme.
Il rejoint en 1970 l'Organisation Communiste d'Espagne – Drapeau Rouge (OCE-BR), d'idéologie maoïste. Cependant, il décide dès 1973 de réintégrer les rangs du PSUC. Trois ans plus tard, en juin 1976, il devient professeur agrégé de droit politique à l'université autonome de Barcelone (UAB).
L'un des « pères de la Constitution »
Au cours de la transition démocratique, il est l'un des principaux dirigeants du Parti socialiste unifié de Catalogne et compte parmi les défenseurs de l'eurocommunisme, cher à Santiago Carrillo. Dans la perspective des élections constituantes du 15 juin 1977, il est investi en quatrième position de la liste du PSUC dans la province de Barcelone.
Élu au Congrès des députés, il rejoint le groupe parlementaire communiste. Il est désigné porte-parole adjoint du groupe, ainsi que deuxième secrétaire de la commission du Règlement, membre de la députation permanente et de la commission de la Constitution. À partir de décembre 1978, il rejoint en outre les commissions de l'Intérieur, de la Justice, et de la Présidence.
Au cours de ce premier mandat, il est choisi pour être le représentant communiste au sein du groupe de travail (en espagnol : ponencia) de sept députés chargé de rédiger l'avant-projet de nouvelle Constitution. Avec ses six collègues, il y gagne le surnom de « père de la Constitution ».
Du Congrès à la mairie de Barcelone
Pour les élections législatives du 1er mars 1979, il est remonté à la troisième position de la liste présentée par le PSUC dans la province de Barcelone.
À l'entame de ce deuxième mandat, il est choisir pour succéder à Carrillo dans les fonctions de porte-parole du groupe communiste au Congrès. En outre, il siège à la députation permanente, à la commission constitutionnelle, à la commission de l'Administration territoriale et à la commission du Règlement, ainsi qu'à d'autres commissions plus ponctuellement.
Au mois de juillet 1982, ayant passé avec succès les concours nécessaires, il est promu professeur des universités de droit politique de l'université de Barcelone.
Après que le gouvernement a prononcé la dissolution des Cortes Generales et convoqué des élections générales anticipées pour le 28 octobre, il est investi par le PSUC en deuxième position de la liste de la circonscription électorale de Barcelone. Cependant, le faible résultat des communistes ne leur permet de faire élire qu'un seul député et Solé Tura doit quitter le Congrès le 18 novembre.