Ce Jour-là

Jordi Pujol

Homme politique espagnol

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Jordi Pujol i Soley, né le 9 juin 1930 à Barcelone, est un homme politique espagnol.

Fondateur de la Convergence démocratique de Catalogne (CDC), puis de la coalition catalaniste Convergence et Union (CiU), il est investi président de la généralité de Catalogne en 1980. Il est reconduit en 1984, 1988 et 1992, avec la majorité absolue au Parlement. À partir de 1995, il gouverne en minorité avec l'appui du Parti populaire catalan.

Il se retire de la vie politique en 2003 au profit d'Artur Mas, qui mettra sept ans à accéder à la direction de l'exécutif catalan. Il reconnaît en 2014 des faits de fraude fiscale, entretenue pendant plus de trente ans et concernant des dizaines de millions d'euros. Lui et toute sa famille sont jugés à partir de 2025 pour cette affaire ainsi que des soupçons de corruption.

Origines familiales, jeunesse et études

Jordi Pujol est le fils de Florenci Pujol et Marta Soley. Son père, catalaniste et catholique pratiquant, travaille comme bagagiste puis comme agent de change. Sa mère descend d'une famille de paysans. Ses grands-parents paternels étaient fabricants de bouchons de lièges à Darnius, tandis que ceux du côté maternel étaient agriculteurs à Premià de Dalt.

Jordi Pujol naît le 9 juin 1930 à Barcelone. En plus de Jordi et Maria, les parents de Pujol ont eu un troisième fils, Joan, qui meurt quelques mois après sa naissance[précision nécessaire]. Le jeune Jordi est décisivement influencé par le catalanisme de sa famille[précision nécessaire]. Alors qu'il était âgé de 5 ans, ses parents, souhaitant pour leur enfant une école de qualité et non religieuse, décident de l'inscrire au collège allemand de Barcelone[précision nécessaire].

Lorsqu la guerre civile espagnole éclate, en 1936, l'école ferme et la famille Pujol Soley retourne vivre à Premià de Dalt, à une vingtaine de kilomètres de la capitale catalane. Une fois la guerre terminée en 1939, ils reviennent à Barcelone et le jeune Jordi rejoint son école durant la Seconde Guerre mondiale. Il maîtrisait alors l'allemand, le français et l'espagnol[précision nécessaire]. En 1942, il commence seul l'étude de la langue catalane — dont l'usage officiel et administratif était interdit — en s'aidant d'une grammaire publiée par Editorial Barcino (es)[précision nécessaire]. Il approfondit plus tard sa connaissance dans cette langue en suivant des cours privés au domicile du pédagogue Joan Triadú (en). À l'âge de 15 ans il obtient son baccalauréat à l'Académie Pérez Iborra.[réf. nécessaire]

En 1946, il commence des études de médecine à l'université de Barcelone. Au début de celles-ci, il milite dans diverses associations catholiques et catalanistes, alors clandestines, dont le groupe Torras i Bages entre 1947 et 1950 — où il fréquente l'activiste Pere Figuera i Serra —, la confrérie de la Vierge de Montserrat de Virtèlia (de 1947 à 1954) et le groupe Crist/Catalunya (« Christ/Catalogne »)[précision nécessaire]. Il est très influencé par deux personnes liées à ces mouvements : le père Llumà, directeur spirituel de la confrérie, et Raimon Galí de Crist/Catalunya[précision nécessaire]. En 1948, il rencontre l'écrivain et activiste Albert Manent (en), qui devient un autre de ses mentors intellectuels. Au cours de ses dernières années d'études, entre 1950 et 1954, insatisfait de celles-ci et vu l'infranchissable barrière sur le plan politique et culturel dû à l'intransigeance de la dictature franquiste, il se réfugie dans la foi chrétienne et envisage de se consacrer à une vie religieuse[précision nécessaire].

Une fois ses études terminées, il exerce brièvement comme médecin à l'Hôpital clinique et provincial de Barcelone et travaille comme gérant pour les laboratoires Martín Cuatrecasas — devenus depuis les laboratoire Fides —, dont son père avait acquis une grande partie du capital. Il est l'inventeur d'une pommade antibiotique, le Neobacitrin[précision nécessaire]

Dans la confrérie Virtèlia, il rencontre Marta Ferrusola, fille de commerçants originaires de Queralbs, avec qui il se fiance en mars 1955 puis se marie au monastère de Montserrat le 4 juin 1956. Le couple, aux profondes convictions catholiques, a sept enfants : Jordi (né en 1958), Marta (née en 1959), Josep (1963), Pere (1965), Oriol (1966), Mireia (1969) y Oleguer (1972).

Militant catalaniste sous le franquisme

Pujol est arrêté en 1960, en raison de sa participation aux évènements du Palais de la Musique de Barcelone, au cours desquels le public entonne le Cant de la Senyera, en présence de plusieurs ministres du franquisme lors d'une cérémonie de célébration du centenaire de la naissance du poète Joan Maragall, notamment sa rédaction d'un pamphlet anti-franquiste intitulé Us presentem el general Franco diffusé à cette occasion (« nous vous présentons le général Franco »). Après avoir été torturé, il dénonce un complice qui avait participé à l'impression du document. Il est condamné à sept ans de prison par un tribunal militaire et incarcéré à la prison Model de Barcelone, dans le quartier de l'Eixample, mais retrouve la liberté après deux ans de détention et une période de confinement à Gérone. Sa libération est suivie d'une nouvelle étape dans son activisme politique, avec le slogan de fer país (littéralement « faire le pays »), c'est-à-dire travailler à l'élaboration et la diffusion d'une identité nationale catalane, notamment à travers la création et le financement d'institutions culturelles et financières.

En 1974, toujours dans la clandestinité, il fonde Convergence démocratique de Catalogne (Convergència Democràtica de Catalunya, CDC), tout d'abord comme un mouvement, puis comme un parti politique à partir de février 1976, qui s'articule de façon transversale[Quoi ?] et parvient à regrouper divers secteurs sociaux et sensibilités, de droite comme de gauche. Il participe à la fondation et est vice-président exécutif de Banca Catalana (ca) jusqu'en 1976, où il décide de se consacrer professionnellement à la politique, bien qu'il reste conseiller de l'entité pendant une année supplémentaire[réf. souhaitée]. Il est également conseiller de la Banque de Barcelone. En vue des élections générales espagnoles de 1977 — les premières élections démocratiques depuis la guerre civile, Franco étant mort en novembre 1975 —, Pujol est le meneur du Pacte Democràtic per Catalunya (en) (« Pacte démocratique pour la Catalogne »), qui obtient une représentation de 11 sièges sur 350 au Congrès des députés espagnol.

En 1976 est réédité le livre La Inmigración, problema y esperanza de Cataluña (« L'Immigration, problème et espoir de la Catalogne »), publié clandestinement en 1958, ouvrage qui sera plus tard qualifié de « raciste » par des opposants et dans lequel il qualifiait de « fléau gravissime » l'immigration de personnes hispanophones en Catalogne, en particulier les Andalous.

Après la restauration de la généralité de Catalogne, il est nommé conseiller sans portefeuille du gouvernement provisoire présidé par Josep Tarradellas. Le président du gouvernement espagnol Adolfo Suárez, sur conseil du ministre de l'Intérieur, Rodolfo Martín Villa, décide d'appuyer le courant politique représenté par Pujol au détriment de celui de Tarradellas, car il considérait que le premier servait mieux ses intérêts[réf. souhaitée]. Lors d'un entretien avec l'entrepreneur et gestionnaire Manuel Ortínez (ca) — secrétaire personnel de Taradellas —, Suárez déclare ainsi : « Aux prochaines élections, Pujol obtiendra la majorité et nous l'y aiderons. La collaboration avec Pujol sera plus facile qu'avec Taradellas ». Il reviendra sur cette position plus tard, en admettant auprès de Martín Villa qu'« une alliance avec Pujol ne nous servait à rien ». Au cours de cette période, Pujol et Tarradellas entretiennent des relations très tendues ; le dernier s'opposait notamment à la nomination du premier dans la « commission des neuf », qui servait d'interlocutrice de l'opposition avec le gouvernement Suárez.

En septembre 1978 sont signées les bases du pacte de CDC avec l'Union démocratique de Catalogne (Unió Democràtica de Catalunya, UDC, centriste), débouchant sur la formation de la coalition Convergence et Union (Convergència i Unió, CiU), qui jouera un rôle décisif dans le panorama politique catalan au cours des décennies suivantes. Sous les sigles de la coalition, Pujol renouvela son mandat du député au Congrès lors des élections générales espagnoles de 1979[réf. nécessaire].

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